Hier en Corse


40 ans d'archives

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2 Novembre 1996 : « Cent ans : le bel âge ! »

Publié le 9 novembre 2018 à 13:15

 A Nonza vit Sulpice Paoli, née Franceschi. « Durant cent ans, je suis restée fidèle à Nonza. J’ai travaillé ses terres, porté ses pierres, puisé son eau. J’ai cotoyé plusieurs générations de ses enfants. J’ai profondément aimé ce village. »


Toujours alerte, elle suit attentivement les évènements politiques à la télévision et lit quotidiennement la presse. Son intégrité, son humanisme, sa générosité et sa foi font de cette digne personne âgée un personnage hors du commun. (Martine Richard)


21 juin 1990 : « L'associu di U Bronx de Bastia »

Publié le 8 novembre 2018 à 4:45

Une quarantaine de jeunes de la Cité Aurore a décidé de créer une association dont l’objectif est de développer des activités socio-culturelles et de devenir des interlocuteurs privilégiés pour tout ce qui touche à la vie du quartier.

L’Associu di U Bronx s’est installé au troisième étage du bâtiment 15 et 16, face au bar de la cité. Sur la façade, on peut d’ailleurs lire ‘Bronx’ inscrit en rouge. Son président, Mathieu Braconi et une partie de son équipe, ont accueilli la presse. Les jeunes ont déjà ficelé des projets. C’est ainsi qu’ils vont soumettre aux autorités compétentes pour d’éventuelles aides financières (mairie, conseil général, Jeunesse et Sports, etc) la création d’une salle de musculation. Un dossier chiffré à 30.000 francs.

Autres projets : une salle de danse, une vidéothèque, un lieu pour des cours de chant et l’apprentissage d’instruments de musique. A plus long terme, l’association entend installer des permanences de prévention sociale « pour une prise en charge des jeunes et des familles les plus démunies… » (Jean Marc Raffaelli-Gérard Baldocchi)




1er Juin 1990 : « Le coup fumant de Macotab »

Publié le 8 novembre 2018 à 3:15

 Hier, lors de la journée mondiale contre le tabac, la société Macotab a présenté sa nouvelle production : les cigarettes ‘Corsica’. Ces blondes légères (9mg de goudron et 0,7 de nicotine) sont présentées dans un emballage frappé de la tête de maure. 2 millions de cigarettes sont sortis des ateliers.

« Dans l’ile, nous avons les cigarettes les moins chères d’Europe et nous sommes positionnés sur le haut de gamme » nous indique le directeur, M. Pierre Palmade. ‘Corsica’ est donc le seul projet dont le critère de réussite sera…qu’il s’envole en fumée. Si elle fait un tabac, elle sera promue ailleurs. (JM Raffaelli)


21 octobre 1978 : « Au tribunal : Son équipe était en mauvaise posture...il tire sur le ballon »

Publié le 8 novembre 2018 à 2:25

 Il est des fois où la réalité rejoint la fiction. Voulant éviter à tout prix à son équipe le déshonneur d’être menée à la marque, un supporter n’a rien trouvé de mieux que de tirer sur le ballon rond. Fine gâchette, il fit mouche avant que le ballon finisse au fond des filets ! Mais l’affaire sur laquelle les juges de la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance avaient à se prononcer hier ne s’arrête pas là. Ajoutant au comique de la situation, les déclarations de l’arbitre affirmant « n’avoir rien vu » et la disparition de la boule de cuir à l’arrivée de la maréchaussée…

« Un spectacle de cinéma digne des meilleurs classiques », dira le bâtonnier Me Trani, posant ainsi le problème de son client, un jeune homme dont le comportement immature est à l’origine de plusieurs condamnations. Dans son exaltation, Jean-Marie L. s’est servi d’une arme de quatrième catégorie, un 7,65mm, pour laquelle il ne possédait aucune autorisation de détention.

« C’était un pistolet d’alarme » s’exclame le prévenu à l’adresse du président Eon.

Selon des témoins, le prévenu était dans un tel état d’excitation qu’il fallut le ceinturer pour l’empêcher de faire des bêtises. Mais la solidarité calenzanaise veillait les destinées du ballon stoppé en pleine course. Si le but avait été atteint, il n’avait pas été marqué. Et pour le supporter en déplacement à Murato, l’intervention était digne du coup de maitre.

M. Etienne Riolacci, substitut du procureur de la République, ne saurait partager ce point de vue. « Les faits sont établis. Je requiers contre l’accusé une peine d’emprisonnement ferme. »

Au cours de sa plaidoirie, Me Trani replacera l’affaire dans son contexte, celui d’un match de foot « dont l’enjeu, en ce dimanche 23 avril 1978, passionna autant Jean -Marie Lucchetti que les autres supporters calenzanais. Celui qui a toujours comparu devant le tribunal pour des faits relevant principalement de l’espièglerie et de l’enfantillage, a été suffisamment maladroit pour venir armé sur un stade. Lorsqu’il vit les avants de Murato menacer le gardien de but de Calenzana, son sang ne fit qu’un tour. »

Insistant sur le côté psychique de l’inculpé, le bâtonnier sollicita pour son client « la plus grande compréhension. » Jugement : trois mois de prison et maintien en détention. (Marc Pantalacci)


31 Aout 1984 : "Marianne et François cultivent leur jardin biologique »

Publié le 6 novembre 2018 à 9:05

La grisaille du marché de Bastia est éclairée par un rayon de soleil. Nous avons rencontré Marianne Tkaboka. Elle a 24 ans. Originaire de Monaco, elle était jusqu’en 1980 secrétaire à la télévision monégasque. Son époux, François, 28 ans, était lui professeur de guitare dans la Principauté. Il semblait manquer un but à leur vie. Un vent de liberté les pousse vers d’autres rivages. Rêvant d’une autre vie, le couple traverse en vélo, pendant quatre mois, l’Italie, la Grèce, la Sardaigne, la Tunisie, la Sicile et la Corse. A la dernière étape, c’est le coup de foudre. Ils y reviennent pour leur voyage de noces. Ils commencent par travailler un petit terrain à Pruno et s’intéressent de près à l’agriculture biologique. Ils s’établissent dans une propriété de Ville de Pietrabugno. Marianne s’occupe de la cueillette et de la vente au marché, François se charge de l’entretien et de l’arrosage des semences.

Le jeune couple adhère à l’association Nature et progrès, afin d’offrir à ses clients une garantie sérieuse. Cette association attribue une mention portant son nom en contrepartie d’un contrôle annuel très strict par une analyse de la terre et des produits. Marianne Tkaboka expose sur son étal toutes sortes de légumes dont des cœurs de bœuf d’Italie, et des ananas d’Amérique, entre autres. François a également une serre où il fait des plants qu’il revend au printemps.

Outre la culture, le couple anime une chorale. Ces jeunes agriculteurs ont dans leur projet l’achat d’un terrain où ils pourraient vivre en compagnie de David, leur enfant d’un an et demi, et du nouveau venu attendu en novembre. (Anne Marie Pastorino)



23 Aout 1984 : « Vincent Orsini, le président de la République Libre de Macchione »

Publié le 6 novembre 2018 à 8:20

 Aux alentours de Bastia, une bâtisse lance depuis sa porte d’entrée un bienveillant appel : « Salut, Puissant du jour, au gueux sans toit, seul, ou avec une escorte, ici le nombre peu importe, car, sans mesure est notre foi, visiteur, pousse cette porte du Macchione, comme chez toi. Sans préjugés d’aucune sorte, avec nous, chante, mange et bois. Au moment de partir, emporte nos vœux de paix, de bonheur et de joie. »

Cette affichette est apposée sur la porte du palais présidentiel de la République libre du Macchione. Le pays est gouverné par Vincent Orsini. On a tout dit sur l’auteur de la ‘Barcarolle’. On a parlé de son talent, de sa maison, de son livre d’or et de ses mémorables soirées.

Sur les hauteurs de Lupino, une pancarte indique aux promeneurs les chemins du plus petit Etat du monde. Le président accueille les visiteurs avec sa guitare. De sa voix forte et sûre, il ponctue de vers doux ou amers les phrases qu’il ne trouve pas assez imagées.

De ses souvenirs du temps où il animait les salons de la haute société florentine, il rapporte des anecdotes de bon vivant. Anecdotes qu’il mime comme un comédien. Auteur de 300 chansons, il ne quitte pas sa guitare. Eternellement souriant et optimiste, il jure de bonne foi que quoiqu’il arrive de par le monde, il suffit de chanter : « Il ne faut pas en faire un drame. » (Anne-Marie Pastorino)



20 Aout 1984 : « Le pianiste du vieux port »

Publié le 6 novembre 2018 à 7:30

 Des airs de Scott Joplin et d’Errol Garner viennent mourir dans les cocktails. Bernard Maury, pianiste de bar dans un établissement du vieux port de Bastia, est très lucide sur son actuelle situation. Ce musicien accompli, chef d’orchestre des « Trois Maillets » dans le quartier latin, admet que les bons pianistes sont rares dans les bars.

Pour un artiste, il admet qu’il est dangereux de s’adonner à la musique de fond à longue échéance. Il lui faut se mettre à la portée du public, qui bien souvent veut entendre du « commercial ». Pas de création, peu d’expression : métier frustrant s’il en est. Bernard Maury ajoute tout de même qu’il jouit d’une liberté quelquefois appréciable.(Anne-Marie Pastorino)


7 Aout 1984 : « La statue de Jérôme Bonaparte jetée au bas de son socle par des vandales »

Publié le 6 novembre 2018 à 6:45

 Ce matin, des habitants venaient constater qu’un acte de vandalisme et de malveillance avait jeté en bas de son piédestal l’une des statues du monument. La chute a fait un bruit assez fort pour faire sursauter les riverains de la place du Diamant. Il était environ 4 heures du matin. Jérôme souffre d’un enfoncement de la boîte crânienne.


Les statues ne sont pas fixées, elles sont simplement posées sur leur socle. Elles adhèrent grâce à leur poids de l’ordre de 250 à 300 kilos. En ville, les vieux Ajacciens ressentent ce geste comme une offense personnelle et essayent de préjuger d’où pourrait provenir le mauvais coup…(M.A)



27 Juillet 1996 : "André Biancarelli : 50 ans d'histoire de Porto-Vecchio en 16mm"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:15

Cinquante ans de l’histoire de Porto-Vecchio (de 1945 à nos jours) contée sur une bobine de 16mm, un film muet de près de quatre heures. C’est le précieux héritage que vient de léguer un enfant de la ville à sa grande famille porto-vecchiaise. Ces séquences de 15 minutes mises bout à bout se présentent comme un kaleidoscope magique. On pourra découvrir ce document en projection publique lors de l’inauguration de la cinémathèque régionale, prévue au début de l’année 1997.


Aujourd’hui âgé de 82 ans, André Biancarelli a toujours le même regard malicieux lorsqu’il évoque tous ses souvenirs. Il se souvient de chaque image, des circonstances du tournage, de la luminosité, du choix et de l’ouverture de l’objectif. Tous ces éléments ont été minutieusement consignés sur un cahier au fil des ans, au fil des prises de vues.

Né en 1913, il fait sa scolarité à Bastia. Il restera quelques années jusqu’à ce que, poussé par son correspondant, M. Fontaine, directeur des Chemins de Fer, il parte pour Toulon à l’école de Mestrance comme élève électro-mécanicien. Embarqué tout d’abord sur le sous-marin La Monge puis sur le cuirassé Paris. Il rentre à Porto-Vecchio en 1937. « Je n’en veux pas à mon père. Il fallait le comprendre. J’étais le fils unique et c’était normal. »

Mais parce qu’il a une formation qui ne convenir à l’élevage des bovins, il va devenir sans le savoir un personnage hors du commun, à mille lieux des préoccupations du moment.

C’est en 1934 qu’il ouvre son premier atelier d’électricité et son premier commerce : ‘Paris Lumière’, rue Jérôme Leandri. « L’électricité venait de faire son apparition à Porto-Vecchio et je faisais des installations, des réparations, et vendais lustres et lumières. Les ânes, curieux du reflet, venaient donner des coups de têtes dans la vitrine. »

Puis il reprend le cinéma ‘L’Oriental’. Il organise cinq séances hebdomadaires, à raison de deux films par semaine. Plus tard, il ouvrira ‘Le Cyrnos’ à Bonifacio. En 1945, il ouvre ‘Le Moulin de la Chanson’ sur la place de la République à Porto-Vecchio. Là s’exposent toutes les nouveautés de Pathé Marconi, la Voix de son Maître, Ideal, Bruswick, Polidor, Paramount. Il acquiert une caméra Paillard 16mm à clef, avec triple objectif. C’est le début d’une passion. « Je filmais sans but précis au début. Porto-Vecchio à l’époque, c’était Clochemerle tous les jours. Lorsque j’ai projeté « Le Diable au Corps », des gens sont venus voir mon père pour se plaindre et crier à la débauche. » Chaque soir, il projette 15 minutes de la vie quotidienne. Ce n’est pour lui qu’un amusement fait fureur.

Au fil des ans va émerger des kilomètres de bobines. Lorsqu’il fermera « Paris Lumière » en 1958,« Le Moulin de la Chanson » ,« Le Cyrnos » en 1962 et « L’Oriental » en 1965, il continuera caméra au poing à engranger des milliers d’images.

Il y a tout juste un an, il prend la décision de coller bout à bout toutes les séquences de 15 minutes qu’il a minutieusement archivées.


Certaines sont inédites et n’ont jamais été projetées à « L’Oriental ». D’autres sont connues comme ce coucher de soleil à Palombaggia donné à Paul Meurice pour le montage de ‘L’œil du Monocle’. Par son acte, il veut léguer un témoignage à la collectivité. Nulle part en Corse, cinquante années de l’évolution d’une cité n’ont ainsi été mémorisées.

André Biancarelli a immortalisé les sites du ‘Pinonu’ de Palombaggia, les plages voisines, les anciens bergers de Picovaggia, les cérémonies commémoratives au monument aux Morts, les premières recherches archéologiques avec Grosjean, l’arrivée des premiers touristes sur les plages, des artistes, des hommes politiques (Barre, Chirac, Debré…), les élections, la crue du Stabiacciu de 1966, les processions, l’arrivée de la Légion étrangère à Bonifacio, les matchs de football…(Louis Bernardini)

27 Juillet 1996 : "La triste fin d'un baleineau"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:15

Ce rorqual de 12 mètres été éperonné par le Danielle Casanova.


16 Juillet 1996 : "La griffe Balmain pour la CCM"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:10

Les hôtesses de la CCM (globalement une centaine de femmes) portent désormais les nouvelles tenues signées Pierre Balmain Uniformes.

Cinq hôtesses (Dominique, Jeannette, Joelle, Cécile et Dominique) les ont présentés hier aux médias devant le vaste hangar de Campo dell’Oro. « Le choix d’un uniforme est un exercice difficile et périlleux au regard d’un certain nombre de contraintes et d’impératifs à respecter » explique Mme Catherine Riera, chargée de communication au sein de l’entreprise.

« Les références de Balmain Uniformes sont là pour attester du sérieux, du professionnalisme et de la qualité de la prestation fournie ». Les responsables de la CCM ont accordé leur choix à une association de bleu ciel, à des tons de sorbet, marine ou ivoire qui sont déclinés sur des tailleurs, des robes ou des chemisiers. Les coupes sont signées Stéphane Rolland qui a crée un uniforme simple, classique et qui garantit une élégance intemporelle propre aux compagnies aériennes. (P.C Romei)



4 Septembre 1984 : "Patrimonio, le vieux vignoble entre deux mers"

Publié le 29 octobre 2018 à 4:50

L’origine de ce vignoble dans le pays parait émerger sous une forme timide et primitive, dès les premiers siècles qui ont suivi l’apparition des Phocéens (564 av J-C). Quelques bois conservés de ce vignoble semblent attester cette provenance. Sa véritable expansion se produit au milieu du XVIIème siècle. Gênes, par l’intermédiaire de la Banque de Saint-Georges, entreprend la valorisation de l’ile. Deux gouverneurs, Giovanni-Maria Spinola et Paolo-Gregorio Raggio, furent envoyés en Corse pour en accomplir la mission. Les deux gouverneurs investissent dans la région du golfe de Saint Florent. Les habitants furent alors dans l’obligation de planter de la vigne partout, même dans le désert des Agriates, où des avantages fonciers mirobolants furent offerts aux exploitants, gratis pro Déo. Vigne, céréales, coton eurent raison du désert. Le port de Saint Florent lui-même tira ses améliorations de cette nouvelle vogue.

Les gouverneurs apportèrent des cépages appelés Genovese, Rossola bianca, Bianco gentile…Par la suite, de nouveaux cépages vinrent enrichir le vignoble. La Grèce, l’Espagne et l’Italie en apportèrent d’autres par les échanges commerciaux en Méditerranée. Le climat, le terroir, la flore environnante a métamorphosé certains de ces cépages en les acclimatant d’une façon originale.

Puis vint la catastrophe de 1864 qui anéantit le vignoble lors de l’attaque d’insectes hémiptères, voisins des pucerons : le phylloxéra. Mais grâce à un plant sauvageon porte-greffe dit « américain », voisin de la vigne vierge immunisé contre la maladie et grâce aussi à quelques mètres carrés de vignoble épargnés par l’épidémie, le bois nécessaire aux greffons a permis de développer à nouveau l’encépagement.

Depuis 1969, le Malbagiu et le Nielluciu peuvent seuls prétendre à l’appellation contrôlée « Vin de Corse Patrimonio ». Le label consacre la constance, la loyauté, la pureté de ces vins.

Autrefois étaient produits des blancs, des rosés, des rouges, dont l’œnométrie variait entre 13° et 16° ; aujourd’hui, on s’en tient à 12° ou 12.5°. En revanche on ne produit plus ces deux vins rouges particulier qu’on appelait le chiara ginu (teinte cerise) et le « rapidu ». Ce dernier vin fermenté dans le parmentu (cuve) était consommé très tôt et faisait la soudure entre deux récoltes. (Bruno Sborgi)


3 Septembre 1984 : "Un vol en hélicoptère à 92 ans"

Publié le 29 octobre 2018 à 4:45

Mme Padovani, 92 ans, a voulu voir sa Balagne du ciel. Résidente à Santa Reparata, elle était accompagnée de sa fille Hélène et par le pilote Alain Verdier.

« C’est merveilleux » a-t-elle conclu. Le secret de sa forme : « Avoir beaucoup d’amis, ne faire de mal à personne et vivre avec les jeunes » (Photo Guizol)


31 Octobre 1987 : « Jean-Paul Quilicci, l'homme de Bavella »

Publié le 23 octobre 2018 à 11:05

 Dans toute l’ile, pour tous ceux que passionnent l’univers de la montagne, le nom qui s’identifie le plus à l’escalade est bien celui de Jean-Paul Quilicci. En mai dernier, il a été à la tête des six Corses qui ont escaladé plusieurs sommets supérieurs à 6.000 mètres d’altitude en Bolivie.

« La montagne corse est celle que je préfère. C’est là que dès l’enfance, j’ai satisfait ma passion de l’aventure ! J’y ai affronté bien des embûches, mais c’est là que je me sens pleinement un homme et que j’ai contemplé les plus beaux spectacles. »

Après un accident de moto et cinq années de réeducation, il s’est hissé au premier rang de la haute montagne. L’agent du P.N.R.C fait aussi profiter les autres de son expérience. Avec son compère Henri Agresti, il a édité « Les cent plus belles courses randonnées ». Un travail commencé en 1980 et terminé en 1986. Il a fallu reconnaitre puis transcrire chaque course. (J.C Lanfranchi)



23 octobre 1987 : « Le voyage extraordinaire d'un Corse aux Etats-Unis »

Publié le 22 octobre 2018 à 9:35

 Pourquoi certaines villes américaines portent-elles des noms évocateurs de la Corse tels que Paoli, Corsica ou Corsicana ? C’est en se posant cette question que Bertrand Barbot est parti au mois de septembre pour un voyage de trois semaines aux Etats-Unis. Une autre idée l’animait : trouver des marchés pour l’artisanat local.

A l’université de Columbia de New York, il épluche les archives de la Révolution américaine pendant six jours. Il apprendra que les patriotes américains écrivant la constitution avaient pour modèle celle de Pascal Paoli. Les archives font aussi état de rencontres entre Paoli et Washington, Ash ou Franklin. Même exilé en Angleterre, Paoli garda des contacts avec les révolutionnaires.

De cette époque, les Américains ont gardé un souvenir un peu particulier et une certaine tendresse pour la Corse, tout au moins en ce qui concerne les universitaires.

Corsica City, sud Dakota, une petite ville de 700 habitants du Middle West. La visite de Bertrand Barbot est une surprise ici. Les journaux locaux (le « Daily Republic » et le « Corsica Globe » consacrent des articles au jeune ébéniste. La télévision Kelo Land TV lui fait même une place dans son journal. Le scénario sera le même en Indiana, au Texas ou en Pennsylvanie. Apparemment, on aime ce genre d’initiative.

De ces liens entre révolutionnaires est resté une tradition amusante. Dans certaines familles la coutume veut que l’un des enfants s’appelle Pascal voire Pascal Paoli. Les registres d’état civil sont très parlants à ce sujet. (Isabelle Luccioni)



17 octobre 1987 : « Trois femmes flics à Bastia »

Publié le 22 octobre 2018 à 8:40

 Leur présence fait sensation. Ce sont les premières femmes en fonction à Bastia, d’où l’intérêt qu’elles suscitent. Francçoise, Andrée et Marie-Françoise ont pris leurs fonctions le 1er octobre dernier au commissariat central. Ce sont des femmes, d’accord, mais elles effectueront les mêmes missions que leurs homologues masculins. On évitera néanmoins de les placer en première ligne d’une manifestation ou d’une bagarre.

Elles ont été affectées sur l’ile à leur demande et comptent bien faire leur vie jusqu’à l’âge de la retraite. (I.S)



27 mars 1974 : « Désarroi chez les harkis de Casamozza »

Publié le 22 octobre 2018 à 7:55

On a un peu oublié ces anciens supplétifs de l’armée française dont le nom s’est progressivement appliqué à tous ceux qui s’étaient engagés à nos côtés pendant la guerre d’Algérie. Combien étaient-ils ? Cent mille environ si nos souvenirs sont exacts. Dès la signature des accords d’Evian, en mars 1962, ils tentèrent de gagner la France. Peu d’entre eux y parvinrent. Les autres furent massacrés dans d’horribles conditions.

En Corse, plusieurs centaines de familles s’installèrent en Corse. Deux centres d’accueil furent aménagés à Zonza et à Casamozza. Ces déracinés avaient le choix entre la valise et le cercueil.

Une cinquantaine de musulmans vivent aujourd’hui au hameau de Lucciana. Il nait un enfant par an dans chaque famille. La communauté est installée à 800 mètres de Casamozza, en contre bas de la route Bastia-Ajaccio. Là, les ministères concernés ont construit une cité en préfabriquée.

Vu d’en haut, les constructions évoquent une petite bourgade de la Mitidja. Les femmes commencent à se libérer du poids des traditions, mais rentrent chez elles en courant lorsqu’un étranger arrive. Les hommes sont employés pour la plupart. Les enfants parlent le corse.

Mais depuis quelques semaines, la communauté est plongée en plein désarroi. Elle est livrée à elle-même. On ne sait s’il s’agit d’une mesure d’économie, mais le chef du village a été déplacé à Zonza. Il n’a pas été remplacé. Or, pour ces harkis, le « chef » est tout à la fois le conseiller, le juge de paix, le secrétaire, l’infirmier. Sa femme, monitrice d’action sociale, le secondait efficacement. Rien ne va plus depuis leur départ. La communauté se sent coupée du monde. Plus de téléphone. Plus de secrétaire pour régler les questions administratives. Pour apaiser les « chikaias » aussi.

Résultat : certains s’adonnent à la boisson. Avec toutes les conséquences qui en découlent. Il semble que l’on ait misé sur un regroupement des harkis à Zonza. Avant le départ du chef du hameau, l’un deux nous a confié : « Si M. Soule part à Zonza, nous le suivrons tous ! Personne n’acceptera de rester à Casamozza sans lui ! »

On en est là. Heureusement, une famille bastiaise joue épisodiquement le rôle de chef de hameau. Mais c’est le genre de solution qui ne satisfait personne. Ce que veulent les harkis, c’est quelqu’un qui puisse résoudre tous les petits problèmes du quotidien. On leur doit bien ça. (J-C Lanfranchi)

 

5 Mars 1974 : « Il devient verrier...pour reconstruire la Corse »

Publié le 22 octobre 2018 à 5:20

 Philosophe, Jean-Paul Vincensini est ce jeune licencié en droit, titulaire d’une maitrise d’histoire et d’un diplôme d’ingénieur en aménagement touristiques, qui a tout abandonné pour repartir à zéro.

« Le barreau, la magistrature, ne me convenant pas, j’avais pensé au tourisme. Et puis j’ai vite compris qu’une telle profession m’obligerais à participer à la détérioration de la Corse. Alors, je suis devenu verrier, tout simplement parce qu’il n’y en avait pas en Corse. Et surtout parce que ce métier allait me permettre de participer à la reconstruction de la Corse. »

« Il s’agit d’un art du feu. Assembler des morceaux de verre, les cuire, les colorer pour faire des vitraux, par exemple. Je travaille essentiellement avec la Corsicada et le groupe Monumenti. »

Natif de San Lorenzu, où l’installation de cinq artisans a relancé l’économie, il anime l’association A Rustaghja pour l’animation et la sauvegarde de la Castagniccia. « Toutes ces activités conduisent au bonheur, je crois…. » (J-B Suzzoni)



5 mars 1974 :« M. Luigi fête ses cent ans »

Publié le 22 octobre 2018 à 4:40

 Le 9 mars, une sympathique et notable famille de Bastia et du Cap-Corse, la famille Luigi, célèbrera le centième anniversaire de son ainé, M. Dominique Luigi, né à Conghiglio. Il est également le doyen des pharmaciens bastiais.

Il a fait ses études primaires et secondaires au lycée de Bastia puis effectua un stage de pharmacie chez son oncle, M. Toussaint Luigi, pharmacien à Vico. Il suivit ensuite pendant deux ans les cours de l’école de pharmacie de Marseille et obtint ses diplômes de 1ere classe comme à la faculté de Montpellier. C’est en juillet 1902 qu’il installa ses laboratoires et son comptoir à Bastia, à l’endroit même où son fils gère aujourd’hui la pharmacie, à l’angle de la rue Napoléon et de la place Saint Nicolas.

C’est là, pendant près de 50 ans, que M. Luigi exerça la profession qu’il avait choisie, attirant sur son établissement, par la courtoisie de son accueil, l’intelligence et le sérieux qu’il apportait aux choses de son art, une réputation dont la qualité n’a d’égale que la longévité. Son fils représente la 3ème génération de pharmaciens qui se sont succédé dans cette famille.

Marié en 1917 à une Nicrosi, de Rogliano, il est le père de quatre enfants et le grand-père de huit petits-enfants. Dans sa profession, il a eu à faire face à l’épidémie de grippe espagnole au cours de laquelle son oncle de Vico succomba. En 1943, au moment de la libération de Bastia, l’immeuble où se trouve la pharmacie fut bombardé. Mais grâce à sa persévérance, son affaire repartait d’un bon pied en 1947.

Pour son anniversaire, le chanoine Sauveur Casanova dira une messe d’action de grâces.



2 mars 1974 : « Mlle Moussouris, depuis vingt ans sténotypiste du Conseil Général »

Publié le 22 octobre 2018 à 4:15

 Neuf heures. La silhouette menue, vêtue d’un pantalon marron et d’une tunique à fleurs, camaïeu châtaigne, avec ses cheveux coupés courts et ses yeux pétillants d’intelligence et de curiosité, Mlle Suzanne Moussouris vous reçoit, charmante hôtesse, au bar de l’hôtel des Etrangers. « Voici vingt ans que je descends dans cet hôtel. Je m’y sens chez moi. »

Depuis 1954, elle est la sténotypiste du Conseil général. « Pour lui, je lâche tout autre engagement à Paris ou ailleurs. Je n’ai manqué qu’une seule session. »

Dans le sanctuaire de la petite assemblée, elle a toujours sa place retenue à une table sous la tribune. Ses doigts courent sur le clavier à une vitesse vertigineuse et, sur le ruban de papier s’impriment une multitude de petits signes indéchiffrables pour le profane.

«Je fais ce métier depuis 1947. J’ai eu le temps d’apprendre à ne plus être esclave de ma machine. Je peux suivre les débats ou bien m’évader tout en continuant à taper sur mes touches. »

Elle consacre huit heures par jour à la retranscription des débats. Une heure et demie de prise correspond à soixantes pages dactylographiées. Mlle Moussouris refuse de confier cette tâche de retranscription à quiconque :

L’ensemble des dossiers lui est communiqué par le secrétaire général, M. Pierre-Louis Silvani.

De nombreux clients la réclament. Après la session du conseil économique et social, elle sera mardi à un diner-débat aux côtés du ministre du travail, M. Gorse, mercredi au comité des programmes de télévision à l’O.R.T.F. Parmi ses plus anciens clients, le Conseil de l’Ordre des architectes, la Direction nationale des assurances, les colloques médicaux, etc…

La plupart de ses souvenirs se rattachent à des noms célèbres : Raymond Arch qu’elle a suivi pendant 17 ans, Jean Rostand qui se disait « dépassé par sa merveilleuse petite machine », le procès de deux S.S en 1952 au tribunal militaire de Paris, la Charte de Lagos, le cardinal Danielou, Antoine Pinay…

Elle prend tout de même des vacances au mois d’aout, en période consacré à une cure pour l’arthrose cervicale : « Mon métier est une épreuve d’endurance pour la colonne vertébrale. »

Ses hobbies ? Le bridge, le football corse et les romans d’Exbrayat et la poésie. (M.M Pugliesi Conti)




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