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7 septembre 87 : « Aullène contre l'exode »

Publié le 20 janvier 2019 à 5:15

 Rien ne peut troubler une pareille paix. Ni la clochette d’une vache, ni les voix qui montent d’un jardin, ni les aboiements d’un chien sur les trace d’un sanglier…On dirait qu’à Aullène les bruits n’ont pas envie de s’échapper.

En cette matinée de septembre, l’aire fleure bon le soleil et l’herbe sèche, la sève des pins, les pierres chaudes. Dans quelques jours, le village n’appartiendra plus qu’à ceux qui vivent de la montagne ou à son rythme, en partageant ses nuits, son silence et ses brouillards persistants.

Ses habitants mènent une existence difficile mais sans doute heureuse. Beaucoup tirent de leur solitude l’orgueil et la fierté de l’homme libre.

Aullène est encore un village d’éleveurs. Une dizaine de familles tirent toujours l’essentiel de leurs ressources de cette activité. Elles représentent la majorité des 140 résidents de l’hiver. D’année en année, les jeunes désertent le village. Ils ne trouvent évidemment pas de débouchés et se sentent un peu trop isolés. Phénomène de société inéluctable…

Les retraités, eux, vivent heureux. Leur carrière terminée, ils sont revenus au village. « Avec ma pension, je n’ai d’autre occupation que d’aller taquiner la truite… ».

Quelques-uns, proches du foyer des jeunes, déplorent le bruit, la nuit, les motos à échappement libre.

Le maire, M. Michel Martini, est conscient de ces nuisances. « Si l’on ne retient pas la jeunesse, elle ira ailleurs. Cela vaut bien un petit effort mutuel de cohabitation. »


Question cohabitation, les vestiges d’un temple protestant attestent qu’elle ne date pas d’aujourd’hui. On raconte que le schisme s’est produit après un grave différent entre le curé et le maire de l’époque.


« Aullène est un carrefour. Quatre routes se croisent, en direction de Petreto, de Sartène, de Corte ou de Zonza. Avec 850 mètres d’altitude, c’est un des plus hauts village de l’ile. »

« Avec le conseil municipal, nous nous battons pour limiter l’exode. Nous allons créer un lotissement communal d’une trentaine de lots. Le groupe scolaire a été entièrement rénové. Le mouvement associatif est très actif et les animations estivales très attractives »


Tout autour du village, avec le concours de l’O.N.F, les forêts sinistrées par l’incendie de 1983 ont été replantées en ‘feuillus’. La nature reprend ses droits.

(Texte et Photos : JC Lanfranchi)


31 aout 1970 : « Le Dr Augustin Seta, maire de Bastelica depuis 50 ans »

Publié le 19 janvier 2019 à 9:30

 Il a reçu l’hommage enthousiaste et unanime de la population. C’est en novembre 1919 que le jeune docteur Seta, que rien ne prédispose à la politique, accepte de conduire une liste municipale. Il est brillamment élu. La même année, il est choisi par tout le canton pour le représenter au Conseil général. Il le présidera trois ans, de 1953 à 1956.

Agé aujourd’hui de 85 ans, il est fier de la reconnaissance de ses concitoyens. Deux enfants du village, Santa Valle et André Brescia, lui ont remis une gerbe de fleurs et la plaque en or commémorant le cinquantenaire de son élection. (François Peretti)



25 aout 1970 : « Bastia la nuit »

Publié le 19 janvier 2019 à 5:35

 « Bastia, tes nuits bleues, tes guitares… ». Après son séjour dans nos murs, à l’ombre de la citadelle ou des arbres frais de la place Saint Nicolas, sous les rayons chauds caressant les rues et les plages, illuminant le vieux port et les criques côtières, le touriste, le visiteur, qui a aussi déambulé la nuit s’en va en fredonnant cet air avec une pointe de mélancolie.

Les boites et autres night-club en tous genres ont, depuis quelques années, poussés ça et là dans la ville. Bastia, peu à peu, change d’aspect et d’ambiance. D’austère, elle devient riante, voire même, la nuit venue, un peu farfelue.

Il n’est pour s’en convaincre que de réaliser un petit ‘Bastia by night’ pour pouvoir affirmer que Bastia est un refuge de jeunesse, de chansons et de danses.

On y trouve les lieux typiques où l’on sert à profusion des chants et des guitares louant la beauté, l’exploit, les filles, les rivages et même la cuisine. Les touristes, l’air heureux, sont ravis du folklore. Tout y est, les amateurs à voix, les instruments à corde et le décor.

Aller faire un tour au «Rataghiu », aux « Chants et guitares », au « Fanale », c’est se plonger dans des ambiances sentant bon la mer et le maquis.

Du côté du « Florida », du « Pozzu » ou à l’ « Hacienda », la musique adoucit les mœurs. Au « Palm’s », l’ambiance y est chaude, tout comme chez Peter au « Seigneur des anneaux » et à l’ « Impérial ».

Sur le vieux-port se cache derrière une façade de bois un petit trou agrémenté de voutes splendides. L’ambiance de l’ « Odyssée » est tamisée, la musique tantôt douce, tantôt folle.

Jolies filles à la peau brune, aux robes longues et fendues, aux jupes microscopiques, aux cheveux brillants, garçons en tenue de soirée, de bordée ou de ville…C’est une réunion de noctambules friands de jazz, de danses, de rythmes ou de blues qui trouvent dans le fond de leur scotch ou de leur coca-cola comme une image de vacances et d’été, même si les murs sont épais et bleus, même si la porte est fermée. Il y a toujours au fond du verre un peu de soleil.

(Lily Figari – Photo Gravini)




9 aout 1970 : « Le recueil des cartes de 'L'Isle de Corse' »

Publié le 19 janvier 2019 à 2:10

 Il a fallu à Jean-Claude Antona une année de recherches, de démarches, de relations épistolaires, de voyages et d’heureux hasards pour parvenir à la réalisation de ce projet qui lui tenait à cœur.

Cette ‘chimère’ aujourd’hui enfermée dans de somptueux écrins reliés de soie noire, c’est la composition d’un recueil de 240 pages rassemblant 60 cartes de la Corse depuis le dessin manuscrit où l’on retrouve les caractéristiques essentielles du ‘portulan’ du Moyen-âge à la carte gravée par Gio Lapis en 1769, année de l’annexion.

« Je suis intéressé par la beauté et valeur tant historique que géographique de ces documents. Je souhaitais en faire profiter le grand public. Je m’ouvris de mes intentions à l’abbé Louis Doazan qui est lui-même un collectionneur passionné. Ses cartes originales étaient à ma disposition. Mais lorsque je lui proposai de réaliser l’édition d’une trentaine de documents, il jugea l’entreprise quasi-impossible à réaliser. Il devait exister de par le monde quatre-vingt cartes de la Corse dont la majorité n’était pas connue du public. Nous nous sommes mis en chasse… »

Le travail de Bénédictin débuta au printemps 1969. Des collectionneurs particuliers furent « débusqués », confièrent leur bien avec empressement ou se firent tirer l’oreille. On contacta M. François Flori, haut fonctionnaire du ministère des Finances et collectionneur cartographique renommé. On retrouva sous les combles de la bibliothèque de Bastia, des grimoires que l’on croyait disparus à jamais. On obtint les autorisations nécessaires de la part de la municipalité bastiaise. On bénéficia du dévouement de M. Lamotte, directeur des archives départementales, de l’esprit coopératif du médecin-général Santini qui lui aussi collectionnait les cartes anciennes. On écrivit au directeur des Musées nationaux.

Il fallait aussi reproduire les documents en conservant leurs caractéristiques, retrouver l’histoire de chacun d’eux, la résumer et recouper les informations récoltées dans les manuels anciens ou de vieux papiers jamais sortis au grand jour. On choisit un papier qui accentua le caractère rarissime de ces documents inconnus et on choisit le velin cuve de lana et le romana. Il fallut colorier à la main les lettrines qui ornaient cette suite de parchemins. On y passa trois mois. Le livre était prêt le 17 juin 1970. Le but de Jean-Claude Antona était atteint. Le livre a été limité à 94 exemplaires.

(J. Bisgambiglia)



7 au 21 aout 1970 : « Les constructions du col de Bavella en débat »

Publié le 18 janvier 2019 à 14:10

 Sur le plateau de Bavella, entouré de pins, dominé par d’immenses rochers aux formes monstrueuses, on dénombre une soixantaine de constructions les plus anachroniques, exclusivement occupées en période estivale par la population de Conca.


Cette dernière s’est rendue en nombre au pèlerinage de Notre Dame des Neiges. Mais malgré l’ambiance gaie on pouvait observer une certaine nervosité mal dissimulée par les résidents de Bavella. Les raisons de ce mécontentement ? Lorsqu’un Concais décide d’améliorer son habitat à Bavella, il démolit en général la bergerie existante pour construire en pierre ou en aggloméré. Dès cet instant, l’agent de l’O.N.F intervient, dresse procès-verbal et avertit le maire de Quenza qui est contraint de prendre un arrêté envers le contrevenant et d’en référer à l’urbanisme. Cet organisme entreprend alors des poursuites judiciaires et les tribunaux condamnent le prévenu à des sanctions pécuniaires et à la démolition de la construction illicite avec astreinte de 20 à 50 F par jour pour retard à la démolition. A ce jour, une dizaine de personnes ont été condamnés.

Un terrain domanial d’environ 4 hectares, situé sur le territoire de la commune de Quenza, a été concédé par décret impérial de 1854 à la population de Conca. Cette concession du col de Bavella date de l’époque où les ressources essentielles de l’ile provenaient en grande partie de l’élevage. Ainsi, nombre de Concais y édifiaient des constructions en pierres sèches ou en planches en application de l’une des clauses du décret impérial prévoyant l’autorisation de construire des maisons « à caractère essentiellement précaire et révocable ».

Mais, aux alentours de 1930, on pouvait noter l’apparition de quelques chalets améliorés. Ces constructions étaient naturellement en infraction avec l’arrêté impérial. A la décharge des contrevenants, il convient de préciser que les améliorations d’habitat avaient été réalisées avec la louable intention d’éviter que la concession n’ait l’aspect d’un bidonville.

Lorsque, après la deuxième guerre, l’O.N.F, organisme attributaire des concessions, commença à réagir en dressant des procès-verbaux, il était trop tard. Plusieurs dizaines de Concais avaient déjà construit leurs maisonnettes en dur ou en agglomérés.

M. Bradesi, maire de Quenza : « La question de Bavella a été définie par deux arrêtés impériaux datant de 1854 qui précisaient que le maintien du site était placé sous la responsabilité des maires de Quenza, Zonza et Conca. La situation est assez paradoxale. Actuellement, le terrain est domanial et la forêt gérée par l’O.N.F. De plus, Bavella est administrée par la commune de Quenza alors qu’elle est essentiellement habitée par des Concais. Les décrets impériaux précisent que seuls ces derniers sont autorisés à construire des maisons ‘essentiellement précaires et révocables’. Ainsi, seules les constructions en pierres sèches ou en planches y sont autorisées. Pour cela, les Concais bénéficient de concessions attribuées par l’O.N.F. Or, au fil des années, il s’est constitué une sorte de bidonville fait de baraques couvertes de tôles ondulée. Naturellement tout le monde s’est ému de cet état de fait. Une séance de travail a eu lieu à la Préfecture d’Ajaccio et il y a été jeté quelques accords. L’ingénieur en chef du génie rural, M. Bergogne, s’est déplacé de Paris pour tenter de coordonner les différents points de vue et de trouver un terrain d’’entente. ».

M. Télémaque Leccia, maire de Conca, est pour sa part assez inquiet. « J’ai tout fait pour calmer les esprits. Mes administrés sont décidés à obtenir satisfaction à tout prix et jusque dans l’illégalité semble-t-il. Je suis dépassé par les évènements. De plus, la situation est catastrophique. Bavella manque d’eau potable, les installations sanitaires sont défectueuses, etc…»

Nous sommes en mesure de relater l’historique de l’affaire de Bavella.

En 1850, M. Achille Fould, ministre des Finances, chargeait M. Blondel, commissaire du gouvernement en Corse, d’accorder aux habitants de la commune de Conca l’autorisation de bâtir des habitations en pierres sèches sur un emplacement désigné par les agents forestiers dans la forêt domaniale de Bavella. Cette décision était motivée par le fait que Conca était resserrée de toutes parts par des forêts domaniales et ne possédait aucune propriété boisée où elle puisse prendre les places nécessaires aux constructions et au chauffage, ni de faire pâturer les troupeaux pendant l’été.

Ainsi, le 9 mai 1854 se rendait sur les lieux un garde général des Eaux et Forêts qui délimita au profit des habitants de Conca une parcelle de deux hectares et vingt-six ares. Le 4 avril 1855, un second représentant des Eaux et Forêts portait à quatre hectares la surface concédée.

Selon certains, un terrain d’entente peut être trouvé à condition que des concessions plus étendues, de l’ordre de trente ans, soient accordées : ce qui permettrait de construire des chalets à leur convenance.

Pour d’autres, il ne peut être trouvé de compromis et le col de Bavella doit rester en l’état actuel des choses, même si pour cela, il faut en arriver à des manifestations de masse avec barrages de routes.

Edition du 21 Aout 1970 :

La population de Conca a manifesté son mécontentement en dressant hier matin un barrage sur la route forestière 4, à l’entrée du col.

En tête du cortège, les enfants chantent à tue-tête « Alors je chante et mon chagrin s’en va ». Des femmes à l’allure décidée scandent sans relâche « Bavella aux Concais ». Les manifestants attendent la venue lundi du haut fonctionnaire de l’O.N.F et de M. Bergogne, ingénieur en chef du génie rural.

Le barrage a été levé à 14h. Au moment de notre départ, un groupe de jeunes gens nous lance : « Dites bien qu’ici il n’y a plus de colombes et que Bavella est devenu le repaire des faucons. » (JC Lanfranchi)



9 octobre 1974 : « Poggio di Nazza: Un ermite heureux »

Publié le 18 janvier 2019 à 11:50

 Nous l’avons vu et visité, sur les indications de M. Valle, chef de district des Eaux et Forêts, qui l’avait repérée au cours d’une inspection en montagne dans la forêt communale de Poggio-di-Nazza. Nous empruntons une route étroite mais en excellent état, menant au hameau de « Aghioli ».

Nous avons vu une petite fumée monter dans le ciel clair. Alors que nous débouchions sur le devant de l’habitation, au lieu-dit « U Vangonu »,un homme assis sur le seuil de sa porte se levait en nous apercevant et venait à notre rencontre, la main tendue, un large sourire sympathique, la casquette légèrement baissée sur les yeux. « Quali seti ? »


Après avoir allumé une cigarette, il répondait gentiment à nos questions, toujours en corse, un corse chantant, avec des expressions pleines d’humour quelquefois, de poésie d’autres fois, mais toujours spontanément.

M. Pierre-Dominique Casanova, né le 27 mai 1877 à Poggio-di-Nazza, a eu six enfants et en a perdu trois. Il lui reste deux filles,un garçon et neuf petits-enfants.


C’est un modèle d’attachement au sol, à ce sol qu’il à dû « déserter » à son corps défendant pour faire son service militaire et participer à la guerre de 14-18.

De retour, à aucun moment l’idée ne l’a même pas effleuré de retourner « en France ». Ce sage, qui ne sait ni lire ni écrire ne se lasse jamais de contempler cette immense vallée verte qui descend vers la mer.

Son petit jardin lui fournit tous les légumes dont il a besoin ; pommes de terre, salades, haricots, etc…avec en plus les noix et les châtaignes qu’il ramasse à la saison venue.

Quelques « sorties » sur le Poggio, chez les siens, quelques visites, celles de ses enfants, de sa belle-fille, de ses petits-enfants qui lui apportent ce qu’il leur demande en cas de besoin, mais plus de déplacements. La voiture et les virages le rendent malades. Aussi juge t-il plus sage de rester dans sa maison solitaire, où il vit seul depuis 1945, après avoir fait, durant toute sa vie, le bûcheron.

Son seul vice : la cigarette. Il lui arrive de fumer un paquet de Gauloises dans une seule journée. Mais l’air vivifiant du maquis ne serait-il pas l’antidote tout indiqué de la nicotine ? On serait tenté de le croire !

Nous quittons « Ziu Betru Dumenicu ». En nous serrant la main, il nous a dit : « Envoyez-moi un rittratu e u giurnali incu a me fotografia ». (André Frasseto -Photo F. Roux)



18 janvier 1962 : « Le traditionnel pèlerinage de Saint Antoine du Mont »

Publié le 13 janvier 2019 à 16:35

 Aux premières lueurs de l’aube, hier, de nombreux Ajacciens se sont rendus au traditionnel pèlerinage de Saint Antoine du Mont, petit oratoire aux murs recouverts d’ocre tout neuf qui vient zébrer de noir la fumée de centaines de cierges.

Saint Antoine du Mont est accroché tout là-haut, sur une colline d’où l’on découvre le fond du golfe d’Ajaccio et à l’opposé, la courbe apaisante de la baie de Lava, tandis qu’une muraille de granit fait écran du côté du septentrion.


Les fidèles s’y sont rendus le plus souvent à pied, certains au milieu de la nuit, pour découvrir l’aurore et le blanc manteau de givre qui recouvrait l’herbe tendre autour de la chapelle.

Le ciste voisin a été coupé et aussitôt la flamme est montée pour réchauffer les corps engourdis et pour que les braises parfument, à l’heure du repas, la pièce d’agneau enfilée sur une baguette.


Sur le chemin malaisé du Vittulo, ce fut un continuel va-et-vient de pèlerins. Les femmes portaient leur plus jeune enfant dans les bras tandis que les hommes, gravement, avaient suspendu le casse-croûte à l’extrémité d’un bâton, porté sur l’épaule. Les enfants étaient joyeux et ravis de cette sortie.

Deux messes ont été dites le matin par les abbés Pagliari et Giraud. L’oratoire, trop exigu, n’a pu contenir la masse des fidèles. Des « bancs » sur lesquels trônaient les statuettes du saint, tressaient une couronne de dévotions au petit oratoire. A la fin de la messe, des coups de revolver retentirent, assurant la pérennité des traditions.


Après l’entracte consacré dégustation des figatelli et gigots rôtis sur la braise, le tout arrosé d’un vin généreux, ce fut la pittoresque procession des fidèles, portant Saint Antoine sur leurs épaules, dans les dédales du maquis.

Pour ceux dont le 17 janvier est prétexte à sortie bucolique, des forains avaient frauduleusement dressé leurs baraques : roulettes, pêches à l’anneau, loteries, rien ne manquait à leurs divertissements.

Sur des planches mal jointes, le pastis coulait à flot, rassemblant tous ceux qui aiment de temps à autre s’éloigner du traditionnel zinc pour aller respirer l’air vivifiant de la Lisa.

Les fusils de chasse rivalisèrent ensuite d’adresse et de cruauté dans la tuerie du coq attaché impuissant au bout d’une ficelle.

Et quand le soleil eut décrit une demi-révolution, depuis les cimes enneigées du Monte d’Oro pour finalement plonger dans les eaux du golfe de Lava, seuls quelques cierges mourants jetaient une pâle lueur sur le joli oratoire. (Mario Mattei -Photos Wickelson)



5 janvier 1962 : « En se promenant au bord de mer, à Centuri, le président Monnerville fait une chute et se fracture le péroné »

Publié le 13 janvier 2019 à 8:45

M. Gaston Monnerville, qui est arrivé avant-hier pour prendre un peu de repos à Centuri, sera obligé de prolonger son séjour en Corse. En effet, le soir même de son arrivée, vers 18h, le président du Sénat, qui effectuait une courte promenade avant le repas, a glissé sur un rocher alors qu’il suivait un sentier longeant le rivage.


Bien que souffrant d’une fracture du péroné de la jambe droite, M. Monnerville put rejoindre l’hôtel du Vieux Moulin, tenu par Mme Alessandrini. Il a auparavant été conduit dans la clinique du docteur Zuccarelli, à Bastia. Il entra en salle d’opération à 16h30. Le Dr Zuccarelli s’est rendu au chevet de la plus éminente personnalité du parti radical, assisté des docteurs Liberi, Guasconi, Graziani et Napoleoni. Le docteur Fulconis, médecin du Sénat, était également présent.


Nous sommes désolés de ce malheureux accident qui ternira la joie qu’avaient M. et Mme Monnerville de se retrouver en Corse où ils viennent si volontiers. (Photos Moretti et Saravelli)


M. Monnerville est descendu à l’hôtel Alivi où il poursuit sa convalescence. L’echotier du ‘Figaro Littéraire’ nous le révèle : Mme Monnerville a un nouveau violon d’Ingres : la chanson. Debout chaque matin à sept heures, elle laisse vagabonder sa pensée vers les nuages qui effacent l’archipel toscan à l’horizon. Elle compose généralement sur un temps de valse et fait éditer ses œuvres discrètement sous son nom de jeune fille, Thérèse Lapeyre. Dans son prochain recueil, on trouvera un recueil sur la Corse dont les paysages ont enchanté le poète.



4 janvier 1962 : « Le café Solferino ouvrait ses portes il y a cent ans »

Publié le 13 janvier 2019 à 8:20

 Le 4 janvier 1862, le Café Solferino ouvrait ses portes sur le cours Napoléon. C’était à l’époque le plus bel établissement d’Ajaccio. Il est encore aujourd’hui celui qui a toute la faveur de beaucoup d’Ajacciens de vieille souche, qui savent y retrouver à toute heure des gens qui parlent leur langue, ont le même enjouement, leurs qualités et leurs petites faiblesses.

Les premiers propriétaires furent MM. Vivet et Peroni, des bonapartistes bon teint, qui choisirent d’appeler leur café du nom d’une grande victoire de Napoléon III.

Le café demeure une sorte d’antichambre, de couloir du palais Lantivy, où se propagent tous les échos des luttes politiques, des intrigues du Conseil général et des mouvements de l’opinion ajaccienne.

Pendant longtemps les propriétaires furent des républicains à l’ancienne mode, la famille Connet. On raconte que c’est à la terrasse du Solférino qu’Emmanuel Arène remua le sucre dans la tasse de café d’un de ses adversaires du bout de sa canne. C’est aussi là que Fred Scamaroni venait jouer aux échecs.

Depuis de longues années, le café appartient aux frères Cuttoli. (MM. Toussaint Cuttoli, adjoint au maire de la ville, Antoine Cuttoli, membre du conseil supérieur national de la chasse, et leur frère Jean)

Vive le Solferino !

(E.L-Photo Wickelson)



29 novembre 1966 : « M. Rhodes est venu d'Outre-Manche cultiver des fraises et élever des dindons à Bastelicaccia »

Publié le 12 janvier 2019 à 7:55

Une très jolie maisonnette du genre mas provençal, entourée d’une terre grasse et noire. Nous sommes chez M. Richard Rhodes.

Une poignée de main franche, un visage ouvert, un physique très anglais. Il se fait un plaisir de nous présenter sa femme et sa jeune fille Roselyne. C’est une famille anglaise venue à Bastelicaccia, après avoir vainement cherché sur la Côte d’Azur un terrain propice à la culture des fraises.

« Lorsque j’ai vu ce petit coin de terre, je me suis dit que c’était le plus beau coin du monde, et que c’est celui-là qu’il me fallait. Ni trop près ni trop loin de la ville…l’idéal. Aussitôt je me suis mis au travail, aidé de ma femme et de ma fille. J’ai réalisé ici ce que je faisais déjà dans le Kent : la culture des fraises et l’élevage des dindons. En Angleterre, j’élevais aussi des porcs et je cultivais également de l’orge. »


Après avoir bu une gorgée de thé, M. Rhodes continue. « Ici, c’est le coin rêvé et nous avons ici le meilleur climat du monde. Nous avons également la chance d’avoir de très gentils voisins, ce qui est capital pour une famille étrangère. Maintenant nous avons jeté l’ancre ici ! Nous sommes Corses ! »

Il nous fait visiter ce coin de terre amoureusement cultivé. Il possède un hectare et demi de terre et 10.000 pieds de fraisiers. En Corse depuis quatre ans, voilà trois ans qu’il a commencé à planter plusieurs variétés de ce fruit.

On y trouve ainsi la « Cambridge », la « Belle et Bonne », la « Red Gauntlet » (de demi-saison) et la « Talisman » (plus tardive). Les pieds sont achetés en Angleterre et sur le continent et espère pouvoir en cueillir 1500 kilos qu’il vendra aux grossistes ajacciens. Il faut travailler toute l’année pour trois mois de récolte : avril, mai et juin.

« Il est difficile de trouver de la main-d’œuvre mais finalement je pense qu’il vaut mieux que je fasse tout moi-même. Toute l’année, il faut que je me batte avec les oiseaux qui sont friands de fraises. Idem pour les limaces. Pour les tuer, je mélange à la terre du son et de l’alcool solidifié. Toute la terre est également recouverte d’une sorte de housse de nylon qui conserve l’humidité de la terr et qui fait qu’on se salie beaucoup moins. »

« Tout comme les fraises, les dindons sont expédiés par avion. J’en achète 600. Savez-vous qu’il faut pour les élever 7 tonnes de nourriture spéciale ? Les plus grosses dindes sont les meilleures. Au moment de les vendre, je les tue et les plumes avec l’aide de tout le voisinage. Tout est fait à la main : c’est le meilleur moyen de bien faire. »


A la Noël, celle qui trônera sur votre table aura certainement un air de Bastelicaccia avec un léger goût…anglais. (Lily Figari-Photo Wickelson)

25 novembre 1966 : « Reportage à Vignale »

Publié le 12 janvier 2019 à 7:25

« Torn’ a Vignale ch’e un bellu paese » ! Le dicton est justifié. Quel enchantement de suivre cette route agreste. Elle s’élève au-dessus de la plaine, serpente à flanc de côteaux, fait découvrir un paysage que vu d’en bas l’on aurait, bien à tort, qualifié de banal. De ce balcon mouvant, notre côte orientale se pare de panoramas les plus réputés.

Enchâssée entre le bleu de la mer et les verts du maquis, elle apparait comme une large mosaïque de couleurs chaudes sur laquelle le soleil étale sa splendeur. Toute la gamme des ocres, des jaunes, des roses et des bistres nettement délimitée par des haies de buissons ou d’arbres, jalonnée par les cubes minuscules des maisons de Monopoly, la font ressembler à une toile de Van Gogh. Et les eaux translucides de l’étang dans lesquelles se mirent de frêles silhouettes végétales, nuancent cette impression d’ensemble du charme délicat propre aux estampes japonaises.

La route fuit dans les replis de montagne, traverse Borgo, surplombe Vignale et file jusqu’à Scolca où elle s’interrompt brusquement.

Vignale, tapi parmi les frondaisons de ses châtaigniers et de ses oliviers ne se livre pas facilement au regard. Imaginez un chapelet de vieilles maisons qui dégringolent en cascade au creux d’une vallée, dans un entrelacement de ruelles de « ricciade », d’arcs-boutants et de « piazzette ». Le gris bleuté des ardoises fines répond à celui, plus argenté, des oliviers. Les trois fontaines du village semblent dialoguer avec le torrent.

Au centre de cette automnale sérénité, la vieille église se recueille, le village semble dormir. Nous croisons une vieille « caccara » assise sur la marche d’entrée de sa maison et qui surveille son petit-fils. Elle refuse de se laisser prendre en photo. Tous les bras valides sont aux champs pour la cueillette des olives.


Tout en haut du village, l’adjoint municipal, M. Jean Félix Moracchini, tient un bar-restaurant. En l’absence du maire, M. Pierre Capitani préside les destinées de la commune. Nous avons souhaité connaitre les réalisations, les besoins et les projets de Vignale.

« Vignale n’est pas un village qui se dépeuple. La différence de population entre l’été et l’hiver ne dépasse pas 100 personnes. A l’heure actuelle, il faut compter un total de 200 habitants, dont 25 d’âge scolaire, ce qui justifierait l’implantation d’une école communale ».

« Les habitants continuent de se livrer aux travaux d’agriculture. Trois pressoirs à huile fonctionnent normalement. Parmi nos projets, nous aimerions que soit envisagé la construction d’un chemin carrossable, suivant le tracé de la piste muletière qui relie Vignale au hameau de Fontanone, où beaucoup de nos administrés entretiennent des jardins. »


Encore un petit verre de pastis et déjà il nous faut partir. Il faudrait flâner, se saouler de lumière, de formes ainsi que de couleur. Mais il faut partir car l’horaire commande, en murmurant à part soi ce projet revanchard. «Torn’ à Vignale… » (Alexandre de Mari -Photo Dalvy)



Publicité -Laving Glace-Mai 1979

Publié le 12 janvier 2019 à 2:30


Publicité - Hôtel Moby Dick -Novembre 1966

Publié le 12 janvier 2019 à 2:20


21 novembre 1966 : « L'écrivain Peppu Flori est aussi un collectionneur averti »

Publié le 12 janvier 2019 à 2:15

 Chez lui, le musée imaginaire de la Corse se lit sur les murs. On découvre une foule d’objets authentiquement corses, sinon « made in Corsica » ….

A gauche, une rétrospective des armes que pouvait posséder un seigneur de l’ile : deux fusils à silex dont l’un a servi bon nombre de Français, lorsqu’ils n’étaient pas tout à fait amis avec la Corse.

Ce musée artisanal comporte aussi toutes sortes d’objets que Peppu Flori a recueilli dans ses pérégrinations à travers l’ile : la crémaillère (‘a catena’), une quenouille (‘ a rocca’), une charrue miniature, des lampes à huile, des moulins…

On y trouve également tout l’attirail des bergers, ‘i bidoghie’ : ‘a secchia’ pour le charroi de l’eau, ‘a tinella’ pour recevoir le lait des brebis, ‘a caghina’ pour le caillage du lait et ‘a puriciaghia’, la dose pour faire un brocciu.

Peppu Flori tient beaucoup à sa série de cannes, dont certaines en poirier sauvage, certaines ouvragées comme des dentelles. Comme tout collectionneur, il recherche la pièce rare : en ce moment, c’est un revolver à silex. Si par hasard vous en possédiez un…

(M. M- Photo Wickelson)



8 novembre 1966 : « Le professeur Vincensini honoré par l'académie des sciences »

Publié le 12 janvier 2019 à 1:55

L’académie des sciences vient de décerner un certain nombre de prix et le plus important, un prix de 2000 francs, a été attribué à M. Paul Vincensini, professeur à la faculté des sciences de Marseille. Né le 30 avril 1896 à Bastia, M. Vincensini est l’auteur de 150 travaux, notes ou mémoires dont une cinquantaine de communication à l’Académie des sciences.

Elève au lycée de Bastia puis à Marseille, il poursuit ses études à la faculté de sciences de Toulouse puis à Strasbourg. Agrégé en 1921, il est nommé professeur au lycée de Bastia. Il passe son doctorat en 1927. Ses études et ses travaux l’appellent à Paris en 1934 où il est chargé de recherches au C.N.R.S.

En 1938, il devient professeur à la faculté de Besançon où il enseigne le calcul différentiel jusqu’en 1949. Cette même année, il est nommé à la faculté de Marseille comme professeur de mécanique rationnelle.

En 1952, il est titulaire de la chaire de calcul différentiel et du cours de géométrie supérieur.

Ses travaux ont porté sur la géométrie différentielle, la géométrie réglée, les congruences des droites, de cercles et des sphères, les représentations de l’espace euclidien à quatre dimensions, la théorie des corps convexes.

Tous ses travaux ont été publiés à l’étranger, notamment en Russie et en Amérique. M. Vincensini est officier de la Légion d’honneur et commandeur des palmes académiques.

(Pierre Bruno)




2 au 16 novembre 1966 : « M. Pascal Rossini en voyage aux Etats-Unis »

Publié le 11 janvier 2019 à 8:40


 Quittant la belle et chère province de la Louisiane, le maire d’Ajaccio a poursuivi sa route en direction du Far West, vers Las Vegas. Son voyage dure un mois.

A peine son avion avait-il atterri à Phoenix (Arizona), le maire prenait place à bord d’une voiture. La route du Grand Canyon fait aisément penser, dans ses derniers lacets, aux routes insulaires, notamment à celle qui conduit aux Calanche de Piana, avec cette différence qu’elles sont trois ou quatre fois plus larges.

Deux heures après avoir quitté Phoenix, M. Rossini faisait étape à Flagstaff, une grande station touristique où il fut accueilli par M. Horace Giorgi, ami de Pierre Pasquini, député de Nice. Un apéritif d’honneur et une réception cordiale marquaient cette brève halte. Le Grand Canyon fut atteint à la nuit tombée.

Pendant les deux jours passés à Las Vegas, M. Rossini a eu, en M. Jean Pardini, le guide précieux et affable. Originaire d’Olmeta-di-Tuda, il n’a voulu laisser à personne d’autre le soin d’accueillir le maire au « Caesar Palace », l’hôtel où il a les fonctions de « Captain » (maitre d’hôtel).

Le maire, M. Dan K. Gragson, l’attendait ensuite à la mairie pour lui remettre les clés de la ville, un droit à tous les privilèges et les honneurs. De son côté, M. Dan K Gragson recevait une médaille de la ville d’Ajaccio, une brochure illustrée et des vues des principaux sites touristiques de l’ile.


Une soirée de gala a ensuite été donnée au « Caesar Palace ». Le maire a eu l’occasion de rencontrer une concitoyenne : Mme Marie Nicolaï, née Andrea, dont la famille demeure rue Bonaparte à Ajaccio. Pour un soir, le cœur de Las Vegas a battu pour la Corse.


Detroit -New York :

Venant de Detroit, le maire est arrivé à New York. La grosse pomme est l’ultime étape de son voyage.

Auparavant, le maire a visité Los Angeles. « Rossini pour maire! », c’est l’électorale bienvenue qui attendait le maire à son arrivée à l’aéroport international de Los Angeles. La visite de la ville a été conduit par un ami d’enfance de M. Rossini, M. Philippe Serra. La réception des Corses n’a pas manqué de susciter, dans la foule de l’aéroport, un mouvement de sympathique curiosité. Ici, la campagne électorale bat son plein.


Le représentant du département d’Etat, M. Wilkenson, et le lendemain, celui de la municipalité, a été très chaleureux. Le maire étant absent, c’est M. Timberlake, président du conseil municipal qui a accueilli M. Rossini sous l’œil des caméras de télévision.


Reçu par M. Cal Hamilton, directeur des services techniques et du planning de la cité, ce dernier lui a présenté les constructions relatives à l’alimentation en eau, à l’urbanisme et à la voirie. Le maire s’est intéressé au prix de l’eau (plus élevé qu’à Ajaccio), à l’utilisation du bois dans la construction des maisons (99% des habitation sont en bois à Los Angeles) et au financement du réseau routier urbain.

A Los Angeles, le maire a notamment visité les studios d’Universal en compagnie d’une ravissante actrice, Miss Pénélope Chandler. La veille, le maire, en compagnie de M. Serra, a visité la féerique cité de Disneyland. Le parc a été pour le maire la plus merveilleuse des récréations dans ce voyage.

Avant de quitter Los Angeles pour San Francisco, le maire d’Ajaccio a fait une brève apparition à Santa Barbara, charmante station de la Californie où l’ont accueilli M. et Mme Roston, qui fêtaient le vingtième anniversaire de leur mariage à Ajaccio. Mme Roston est en effet ajaccienne. Elle est la fille de l’architecte M. Porri. M. Roston est lui professeur à l’université de Californie

San Francisco :

Direction San Francisco au volant d’une voiture décapotable mise à sa disposition par le département d’Etat. Il a eu le loisir de visiter longuement, sous un ciel limpide et par une température estivale, l’une des villes les plus vivantes et les plus attachantes des Etats-Unis.

Le maire a passé sa dernière journée dans la jolie cité de Santa Cruz (40.000 habitants). Le maire étant absent, c’est M. C. Hall, directeur des services techniques de la ville et son fils qui le reçurent. Tous deux connaissent parfaitement la Corse et se sont fait un plaisir de recevoir le maire d’Ajaccio. Ajaccio et Santa Cruz sont désormais des « Sister’s Cities » et c’est à cette heureuse conclusion que les toasts ont été portés au cours d’un plantureux banquet, chez Malio’s, un établissement balnéaire construit sur pilotis.


Cette Californie, merveilleuse et inépuisable, M. Pascal Rossini l’a quittée avec regret pour gagner Detroit, dans le Michigan.

Detroit : Avant de gagner New York pour y embarquer le 27 octobre sur le « France », à destination du Havre, M. Rossini a fait un séjour à Detroit, la grande métropole industrielle du Michigan. Séjour au cours duquel il a été chaleureusement et cordialement traité tant par les autorités de la ville que par les Ajacciens qu’il a eu la joie de rencontrer, comme M. Pierre Court, industriel d’excellente réputation, et Mme Simone Douglas-Desmarais, fille de Charles Hamet et cousine de M. Jean Toussaint Chiappini.

M. Rossini s’est rendu dans l’empire Ford. Sous la conduite de M. Haeussler, l’un des responsables de l’usine. Il a pu suivre, sur l’une des chaines d’assemblage, la construction de la « Mustang », la voiture actuellement « dans le vent » aux Etats-Unis.

Sa visite s’est poursuivie par la visite des installations administratives et culturelles, par le musée Henry Ford, la cité des cadre et des ouvriers, pour s’achever au restaurant de l’usine où un déjeuner devait être donné à son honneur.

Mais c’est dans l’après-midi, à l’hôtel de ville, que M. Rossini devait découvrir le « gadget » le plus curieux pour un élu : la machine à voter. Un appareil électronique de haute précision que lui a présenté M. Jérôme P. Cavanagh, maire de Detroit. Il s’agit d’une sorte de tableau de bord avec une série de manettes et de boutons que l’électeur actionne selon son choix. Un progrès et une technique qui n’ont pas laissé insensible le maire d’Ajaccio.

Le soir, le maire s’est envolé pour New York. Là-bas, les manifestations officielles qui devaient marquer sa présence ont été décommandées par M. Rossini en raison de la mort du Dr Ramaroni. Seules ont été maintenues la visite à l’hôtel de ville où le maire a été reçu par l’adjoint au maire, M. John Palmer, et la rencontre avec les Corses de la ville. Puis M. et Mme Rossini ont assisté à une réunion de l’ONU.

Les responsables new-yorkais de la chaine hôtelière Hilton (et auparavant ceux, bostoniens, de la chaine Sheraton), ont tenu à le voir et à s’informer de l’évolution du courant touristique vers la Corse, de sa capacité hôtelière et de son potentiel. M. Larry Ottavio, directeur adjoint du « Startler Hilton » de New York et représentant d’une importante agence de voyages, a assuré le maire d’Ajaccio de son intention de demander à sa société d’ouvrir un dossier corse.

M. Rossini a également rencontré M. Walter Jerrige, directeur de la compagnie pétrolière « Mobiloil » et son assistant français, M. Racine.

Il faut maintenant retenir les perspectives et les promesses de ce voyage. Le maire a poursuivi un circuit d’étude et d’information pour faire connaitre la Corse où elle était inconnue ou méconnue dans ce vaste pays.

Les journées ont été trop courtes pour permettre au maire d’Ajaccio de répondre à toutes les réceptions, diners et cocktails organisés en son honneur, tant par les personnalités du département d’Etat que par les maires ou les autorités consulaires françaises. Avec ce drapeau corse hissé au mât du plus grand palace de Washington et ce diplôme de citoyen d’honneur de La Nouvelle Orléans, toutes ces marques d’amitié ont été des témoignages de la sympathie que le maire a su inspirer au fur et à mesure des rencontres et des visites. Une sympathie qui a grandement facilité sa recherche d’informations et sa mission d’ambassadeur de la Corse.

M. Rossini a voulu s’enquérir des moyens et des méthodes employés dans chaque ville pour résoudre les mêmes problèmes liés à la circulation, à la voirie, à l’eau, à l’assainissement et à la propreté.

La conservation des sites et monuments historiques et leur exploitation à des fins touristiques à La Nouvelle Orléans et à Washington, l’urbanisme à San Francisco, l’articulation des services techniques de Los Angeles, la construction scolaire, la propreté de la ville et le développement de la navigation de plaisance à Santa Cruz, etc…, ont fait l’objet de fructueux échanges d’idées et de réflexions. Les élus et techniciens se sont ingéniés à satisfaire la curiosité du maire qui a pu avoir accès aux plans et aux maquettes de ces projets.


L’hebdomadaire « France-Amérique » et les agences de presse ont couvert cette visite. Les journaux sont allés jusqu’à publier des éditions spéciales et les téléspectateurs de La Nouvelle Orléans ou de Los Angeles ont pu voir et entendre « Corsican Rossini, the mayor of Napoleon’s home town ». Les journalistes ont sans doute apprécié l’insigne faveur de M. Rossini d’avoir été reçu par Robert Kennedy, et ce pendant près d’une heure. C’est ainsi qu’on s’est mis de parler de la Corse. Un jeune étudiant de Newark (Delaware) a même fait le voyage jusqu’à Washington pour parler de Napoléon avec le maire.

C’est tout à fait un travail appréciable qui a été accompli en faveur de notre département. (François Peretti)


27 janvier 1961 :« Le Dr Bombard veut étudier le comportement physiologique des pêcheurs corses »

Publié le 11 janvier 2019 à 6:15


 C’est dans tout un programme d’étude de l’hygiène maritime que s’inscrit l’actuel périple du Dr Bombard en Méditerranée. Il nous a reçu hier à bord de son voilier-laboratoire « La Coryphène ».

L’hygiène des marins-pêcheurs et leur état de santé a de longues dates intéressés les services spécialisés qui ont profité des compétences du Dr Bombard pour lui demander une étude que le légendaire « navigateur solitaire barbu » a commencé ce mardi 24 janvier.

Il s’agit de déterminer le bilan, par des études comparatives, de la vie du travail en mer. Des études basées sur des examens médicaux. Des études physiologiques axées sur la personne des marins-pêcheurs pour d’améliorer des santés dont certains défauts professionnels ne font aucun doute.

Le Dr est aidé de compagnons stables. On trouve entre autres deux plongeurs, un maitre d’équipage, deux équipiers scientifiques suisses, un Neufchâtelois et un Genévois , l’un étudiant les problèmes d’alimentation, l’autre ceux du déchaussement des dents chez les pêcheurs.

Le Dr Bombard descendra jusqu’en Sicile et poussera jusqu’à Malte pour y étudier les problèmes d’arthritisme aigu des membres inférieurs des pêcheurs, allant parfois jusqu’à la perte des doigts de pied. On sait que ces pêcheurs, travaillant à la madrague, sont très souvent immergés jusqu’à la ceinture, dans ce que le Dr appelle les « chambres de la mort ».

Cette étude a été demandée par des autorités italiennes et par l’office des pêches de Newcastle.

A Ajaccio, il étudiera le problème de nos pêcheurs qui sont des gens à rester très peu de temps en mer, de 2 à 8 heures du matin généralement. Les pêcheurs sont ici « à l’état pur » nous explique le Dr. L’examen auquel il soumettra quelques hommes portera sur des examens cardiaques et de sang, pour voir si en quelques heures de pêche, l’organisme des pêcheurs corses subit des modifications. Hier, c’est grâce au Dr Guglielmi qu’Alain Bombard a pu prendre contact avec eux. Il les retrouvera dans un mois pour les examiner en mer.

Ceci en plus des recherches océanographiques qui ont été demandées par différents organismes de santé.

Nous avons évoqué avec le Dr Bombard la déclaration de M. Baissas, directeur de cabinet du commissaire à l’Energie atomique. En effet, M. Baissas a déclaré : « Il n’y aura pas d’expériences d’immersions de déchets radioactifs en Méditerranée sans l’accord préalable des riverains. » Le Dr Bombard pense qu’il faut éviter de plonger des déchets radioactifs. (Paul Furby)



3 janvier 1961 :« Visite au paneraghiu de Bastia »

Publié le 11 janvier 2019 à 4:45

 Dans la rue de la Marine, près du Vieux-Port, ce quartier si cher au cœur des Bastiais, se trouve l’échoppe de M. Jean Puccietti, le dernier vannier de la ville. Alerte, affable et souriant, il y a trente-cinq ans qu’il fait ce métier que son père lui a enseigné. Du temps où celui-ci travaillait encore, Bastia comptait vingt-cinq vanniers.

Chez lui, tout est fait en châtaignier. Il est spécialisé dans les paniers. De ses mains expertes sortent aussi bien le « curbone » qui sert à transporter les cabris que le « spurtellu » destiné au ramassage des châtaignes. Ses clients sont des marchands de poissons, de légumes, les grands magasins qui lui passent des commandes, des paysans, etc…Il fait aussi les armatures des bonbonnes. « Du travail, il y en à revendre », nous dit-il.

La partie la plus longue de sa tâche, c’est la préparation des branches coupées qu’on lui apporte. Quand le bois est vert, il le met au four où il reste environ une demi-heure. S’il est trop sec, il le laisse tremper dans l’eau de mer. Quand il a atteint la souplesse désirée, il faut le refendre et le vanneur effectue cette opération à une vitesse et avec une précision étonnante, taillant des baguettes de 2 à 3mm d’épaisseur.

« Je suis allé en Italie voir comment fonctionnaient les grands ateliers de vanniers. Ils ont des machines qui débitent des baguettes, toutes prêtes à être utilisées, à une cadence telle qu’une seule d’entre elles, marchant pendant deux heures, procurerait le stock d’un mois. Mais c’est trop cher pour ma bourse. Pensez, près d’un million »

Pour faire un panier, M. Puccietti met une demi-heure et si les commandes ne concernent pas des travaux de taille exceptionnelle, la moyenne est de six à sept paniers par jour, qui seront vendus aux alentours de 6 NF pièce.

Il y a plusieurs types de paniers, et chacun d’eux est toujours commencé par le fond. Pour cela, notre vannier dispose par terre 7 à 10 bandes parallèles et séparés par une distance qui équivaut à leur propre largeur, puis tresse celles-ci avec d’autres bandes. Entremêlant les brins, les rapprochant à petits coups sec de marteau, l’artiste travaille à une allure incroyable et ses doigts agiles semblent voler d’un brin à l’autre.

Le vannier n’aura pas de successeur. « Je n’ai que des filles. » Il n’a pas d’apprenti non plus. Encore un métier, et des plus populaires, qui va disparaitre. Le panier tressé deviendra-t-il un objet de collection ? Serons-nous condamnés à ne plus voir que les tristes sacs en nylon ? (J-C)



27 décembre 1992: « Les richesses à préserver du Giussani »

Publié le 30 décembre 2018 à 11:55

 Une poêle trouée, un feu crépitant, une poignée de châtaignes…C’est tout le plaisir de la Corse en automne et en hiver. La châtaigne possède aussi son royaume en Haute-Balagne, dans le Giussani. La région regroupe quatre communes : Vallica, Mausoleo, Olmi-Capella et Pioggiola. Sur le territoire de Pioggiola s’étend une magnifique châtaigneraie qui fut plantée au milieu du XIXème siècle sous l’impulsion des autorités.

A Bornolacce, situé sur la route de la forêt de Tartagine, nous avons rencontré Jacques et Annie Luiggi. Après 20 ans passés aux quatre coins du monde comme instituteurs, ils ont choisi de jeter l’ancre il y a huit ans dans leur village natal.


« Ici, il n’y a que des châtaigniers domestiques, des châtaigniers greffés qui donnent les plus beaux fruits. On distingue trois variétés de châtaignes : la ‘campanese’, la plus petite, la plus brillante, avec une peau marron clair, et la meilleure pour être rôtie. La ‘Tighjulana’, marron foncé, que l’on consomme de préférence bouillie ou pour faire des crèmes et des confitures. Les ‘Ghjintile’ sont quant à elles séchées pour faire de la farine. Restent les ‘marunaghje’ ou bâtardes, qui sont énormes avec une peau dure à l’intérieur » nous enseigne Jacques Luiggi.

Une voisine arrive. Madeleine Volpei, 73 ans, la tante d’Annie. « La récolte commençait autrefois en novembre après les Morts. Il y avait cinq ou six familles de gros propriétaires qui employaient des gens à la journée, payés en châtaignes. Tout était propre, nettoyé, entretenu ! »

« La châtaigne, reprend Jacques Luiggi, était l’aliment de base. Chaque famille faisait sa farine. Il y avait trois moulins à eau. Certains avaient des séchoirs ou des coffres dans leurs greniers : on y tassait la farine pour empêcher qu’elle s’abîme, ça durcissait et ca faisait des blocs qu’on découpait. »


« Ici, c’était aussi une région d’élevage, s’exclame Madeleine Poggiola, et puis on labourait : blé, orge, seigle…et on récoltait les cocons sur les mûriers. »

Le Giussani était-elle une région pauvre ? Madeleine nous répond : « Disons qu’on ne manquait pas parce qu’on pratiquait le troc. On échangeait la farine, les poireaux et les haricots soissons avec de l’huile d’olive, du concentré de tomates et des figues d’en bas. »

« Et je ne parle pas de la transhumance et de la cueillette des olives que les femmes descendaient faire en Balagne. C’est ainsi que l’on vivait et par rapport à maintenant…c’était pas du gâteau ! Et puis tout s’est arrêté en 1939 avec le départ des jeunes pour la guerre. Et puis le départ de la brigade et des cinq gendarmes a marqué le début de l’exode. »


Parmi les fidèles qui ont choisi de rester ou de revenir, il en quelques-uns à vouloir croire en l’avenir…

La châtaigneraie est aujourd’hui à l’abandon et malade. « Les arbres ont le chancre. Fut un temps où on les vaccinait en mettant des capsules dans les arbres mais je ne suis pas sûr que cela ait porté ses fruits. Il y en a des centaines de morts » nous dit M. Luiggi.


Figure de la culture et instituteur à Olmi-Capella, Santu Massiani, confirme : « La châtaigneraie est en perdition, dans 10 ans, 80% de sa surface aura disparu. La maladie est partie de la vallée de ‘Lavarozia’. Nous avons une belle châtaigneraie. Dans la vallée d’Orezza, certains en vivent et cela a permis de fixer de jeunes ménages. Il faudrait trouver des personnes au chômage qui souhaitent travailler dans la région et qui pourraient suivre une formation. Il faut sept exploitants pour ouvrir une coopérative. »

L’association peut être un moyen d’organiser la protection de la châtaigneraie. M. Léon Argenti, ancien conseiller général du canton de Belgodère, actuellement président du SIVOM du Giussani et maire d’Olmi-Capella l’a compris : à son initiative et grâce à la mobilisation d’habitants de la région, l’association ‘A Caracudu’ est née il y a deux mois. Présidée par Mme Jeanne Fratacci, elle compte 90 adhérents. Son but est de préserver le patrimoine naturel. « On détruit tout, s’agace M. Argenti. Sangliers, mouflons, lièvres, truites, perdrix dépérissent à cause du braconnage, les 4x4 font des ravages. On a créé des pistes pare-feu mais cela a ouvert la porte à tout ! Même chose pour les châtaignes ! On a planté des petits sapins : ils ont été coupés pour la vente. Ici, on coupe le houx à la base et le gui se cueille à la scie ! Les clôtures sont démolies et les fontaines salies… »



« Nous avons commencé l’entretien des ponts génois. Avec les municipalités, nous avons pris en main le destin de la maison forestière de Tartagine et restauré le refuge de Boccacroce. L’un de nos souhaits est qu’une bretelle du GR20 traverse le Giussani. Cette région est privilégiée des dieux. Le sens de l’accueil des gens d’ici y est aussi pour quelque chose mais malheureusement comme l’on dit : ‘trop bon…trop bête !’ » (Textes et Photos : Emmanuelle Pouquet)


18 décembre 1992 : « Hôtel Ile de Beauté, dernière ! »

Publié le 30 décembre 2018 à 7:25

Ils seront nombreux ceux qui éprouveront de la nostalgie lors de la vente aux enchères du mobilier de l’hôtel. L’« Ile de Beauté » y révèlera sa superbe à l’abandon.

Crée en 1933, l’hôtel trois étoiles est fermé depuis la fin de la saison estivale 1991, sa propriétaire, Mme Lyne Mattei, étant malheureusement décédée. Elle avait succédé en 1964 à ses parents, M. et Mme César Mattei. Son père fut un grand chef cuisinier dont certains se souviennent du fameux repas corse qu’il avait préparé pour remporter le ‘ruban bleu’ de la gastronomie régionale, au Grand Palais à Paris, le 17 mars 1956. Il était arrivé en avion spécial avec toute son équipe et ses produits (on comptait même un agneau vivant qu’il avait offert à M. André Pignare, le propriétaire des restaurants ‘Plein Ciel’ de la Tour Eiffel.)

Pendant la guerre, la commission d’armistice italienne logeait à l’ « Ile de Beauté ». Me Scalise, un célèbre avocat romain, y revint en pèlerinage durant l’été 1991.

M. Mattei avait embauché une partie du personnel de l’« Imperial Palace », hôtel de classe internationale qui avait été bombardé pendant la guerre. La mairie est édifiée à son emplacement.

M. Pellissier se souvient des bals donnés dans la salle de restaurant : « Dans les années 50, celui d’une des premières éditions du Tour de Corse fut somptueux. A l’époque, on aimait s’habiller à Bastia. »

D’anciens garçons de salle, comme M. Parsus Pasqualini, gardent le souvenir des frères Guerrini, « qui descendaient là ».

Lorsque, dans les années 60, César Mattei tomba malade, on dut fermer le restaurant et une grande partie du personnel fut embauché au bar de l’aéroport de Bastia. En 1964, après le décès de ses parents, Mme Lyne Mattei va s’investir corps et âme dans l’hôtel. Pour y apporter quelques modifications, elle fait appel à M. Jean Noël Susini, l’architecte du Prince Rainier de Monaco. Il crée une avancée de plusieurs mètres sur les trois étages de la façade nord : Mme Lyne Mattei souhaitait que chaque chambre dispose de toilettes individuelles. L’architecte crée aussi une aile qui abrite quatre belles chambres d’angle en arrondi.

La propriétaire tient à ce que les peignoirs, serviettes de toilettes, etc, fussent assortis au carrelage. Elle voyage beaucoup pour acheter la plus belle literie et des draps très fins. Pour le mobilier, elle affectionne le style Louis XVI. Le vaste hall est réalisé en marbre. Outre les ascenseurs, elle installe un buanderie-lingerie avec d’énormes machines à laver, essoreuses, repasseuses, rendant son établissement autonome.

L’hôtel était fréquenté par Jacques Gavini, ministre de la Marine nationale, François Pietri, ministre des Finances, Jacques Marietti, directeur des Editions Max Eshing ou Martini le chansonnier de la « Lune Rousse » de Pigalle.

Les bals du 31 décembre, des pompiers et du lycée ponctuent la vie mondaine bastiaise. En 1982, l’hôtel change de rythme et ouvre d’avril à octobre. Depuis quelques années, l’hôtel ne reçoit plus la même clientèle. « Ma mère aurait souhaité que l’hôtel devienne une maison de retraite par exemple. »

« J’ai voulu que tous ceux qui étaient attachés à l’hôtel puissent recueillir son dernier souffle avant qu’il ne disparaisse » nous dit la fille de Mme Lyne Mattei. Elle a demandé aux commissaires-priseurs de Drouot de réaliser « des petits lots afin que chacun puisse emporter quelques chose ».

On y découvre des fauteuils, commodes, chaises, coiffeuses, chevets dans le style Louis XVI, un lustre avec appliques, un bureau cylindrique en acajou, des lits capitonnés. Des objets des années 50, le style 1900 art nouveau et art déco 1930, des tapis chinois, le style Empire au bar, des images d’Epinal, quatorze petits soldats, un buste de Napoléon, une paire de candélabres à sujet de personnages antiques, une machine à laver Gladel -Lavinox, un séchoir Gladel, une machine à laver Cheveau…




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