Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

Articles

8 octobre 1957 : « Les îles Lavezzi abriteront-elles un camp de nudistes ? »

Publié le 27 janvier 2017 à 10:25

De source digne de foi, les ilots Cavallo et Piana, de l’archipel des Lavezzi, auraient été loués à bail à raison de 500.000 francs par la propriétaire Mme Tercian, demeurant à Alger, à un groupement qui se proposerait d’y installer le camp de nudistes qui est expulsé de l’ile du Levant par la Marine Nationale.

Un architecte serait déjà à Bonifacio pour entreprendre des travaux. L’ile Lavezzi fait actuellement l’objet de tractations avec un groupement parisien comprenant diverses personnalités pour sa location en vue de la construction de 15 maisonnettes de 3 millions chacune qui abriteraient pendant l’été 15 familles pour les vacances. Le maire de Bonifacio a fait savoir aux intéressés qu’il ne permettrait rien qui ne soit convenable sur le lieu du naufrage de ‘la Sémillante’

 

9 mars 1956 : "La Reine d'Angleterre arrivera à Ajaccio samedi."

Publié le 27 janvier 2017 à 10:20

C'est samedi à 17 heures, qu'à bord d'un avion de sa flottille aérienne, Elisabeth II, Reine d'Angleterre, arrivera à l'aérodrome de Campo Dell'Oro. La souveraine sera accompagnée par la Princesse Alexandra, fille de la Duchesse de Kent.

Elle gagnera ensuite le yacht royal 'Britannia' à bord duquel se trouve le Duc D'Edimbourg. Le couple royal effectuera une croisière d'une semaine en méditerranée.

Hier, avant son arrivée à Ajaccio, le secrétaire de la Reine, le Colonel Charteris, le Commandant Richard Convinn, attaché de presse au Palais de Buckingham, Sir Fielden, capitaine de la flottille aérienne de la Reine. Ces personnalités ont rencontré le Préfet, M.Marcel Savreux, afin de préparer l'arrivée de la Reine. (Publié par 'Le Journal de La Corse')


 

18 juin 1948 : « La plaine de la côte orientale : terre à riz ? »

Publié le 27 janvier 2017 à 10:15

L’essai entrepris en Marana semble devoir le prouver et mérite des soutiens des pouvoirs publics.

Le riz, aliment indispensable aux tout-petits ainsi qu’aux grandes personnes, dont nous sommes privés depuis la guerre 39-45, et celle d’Indochine. Denrée coloniale qui aurait très bien pu se cultiver depuis longtemps dans notre département.

Il aurait fallu pour cela que les Services Agricoles fissent une propagande active pour que des initiatives privées puissent se faire jour. Des conseils éclairés, des subventions, auraient permis que cette denrée si rare en ce moment devienne une denrée courante en Corse.

M. Sei Michel, de Bastia, restaurateur et agriculteur, descendant de cultivateurs connus de la région, a eu la hardiesse d’aborder cette exploitation. Il sut discerner l’intérêt que pourrait apporter pareille culture à notre ile. Il s’associa à des spécialistes et fournit ses terres. Le travail commença et les difficultés surgirent : ciment, essence, semences, ne furent obtenues qu’en partie après de nombreuses démarches. Quant aux pneus indispensables pour les déplacements, rien n’a été fait.

Défonçage, hersage, nivellement du terrain, construction des canaux d’arrosage ont demandé un effort considérable.

Imaginez-vous un vaste rectangle de cinq hectares, sur lequel les canaux d’irrigation en ciment armé figurent les pattes d’araignée géantes cherchant à couvrir toute sa toile de grands carrés en forme de bassins chargés de contenir l’eau nécessaire à la germination de la plante, tel est le travail réalisé.

Nous serions heureux si des innovations comme celle-ci se multiplient, car elles donneraient à notre ile une impulsion qui la rendrait prospère et arrêteraient ainsi la migration de notre jeunesse, avide de gagner son pain là où elle a vu le jour. (Vecchioni Georges, membre du syndicat agricole de Bastia) (Publié par 'Le Patriote de Bastia')

 

30 mars 1948: « Onze cadavres horriblement déchiquetés du 'Bristol' tombé sur le Monte Cardo ont été retrouvés dans la neige. »

Publié le 27 janvier 2017 à 10:10

Nous avons relaté la terrible catastrophe aérienne qui s'était produite hier aux environs de St Pierre de Venaco. L'avion qui a heurté le Monte Cardo vers 7 heures du matin a pu être identifié. Il s'agit du 'Bristol’ affecté au service régulier New-Delhi -Malte-Rome-Londres. IL venait de quitter Rome avec 15 passagers. L'équipage était composé de quatre membres.

C'est l'adjudant de St Pierre de Venaco qui a le premier compris le drame en voyant après la formidable explosion qui venait de retentir, s'élever une grande flamme. Il s'élança tout de suite vers le lieu de l'accident où l'attendait un horrible spectacle : débris carbonisés de l'appareil parmi lesquels gisaient des corps carbonisés. Les équipes de secours ont retiré des décombres 14 cadavres qui ont été transportés à la chapelle Sainte Elisée (à deux heures et demi de marche de la route nationale). Une veillée funèbre a été spontanément organisée. Les recherches continuent pour retrouver les restes des cinq autres passagers.

 

La cause de l'accident est généralement attribuée au fait que les appareils anglais n'utilisent pas le radar français, de telle sorte que celui-ci ne peut leur donner les indications dont ils ont besoin.

L'avion, à basse altitude, traversait un nuage lorsqu'il percuta le Monte Cardo.

 

Dès que la nouvelle de la catastrophe a été connue à Ajaccio, M.Le Consul d'Angleterre est parti pour St Pierre de Venaco où il a tenu à remercier vivement la population de la région pour le dévouement avec lequel elle a apporté son concours sans réserve aux opérations de récupération des corps des malheureuses victimes de la catastrophe. M.Santoni, maire de St Pierre, a fait au cours de cet évènement des plus belles qualités de dévouement et d'organisation.

 

Le 11 novembre 1943, dans des conditions identiques et au même endroit, un avion britannique s'écrasait au sol.

(Publié dans Le Petit Bastiais)

 

 

28 mai 1945 : « Pour une Corse prospère. L'exploitation du sel de Porto-Vecchio doit être améliorée. »

Publié le 27 janvier 2017 à 9:35


Les salins de Porto-Vecchio, propriété de la famille de Rocca-Serra produisent bon an mal an, un millier de tonnes par an. La Corse manque de sel. Il faut augmenter la production. Les salins doivent être agrandis sur le terrain contigu à celui qu’on exploite.

Ce terrain appartient aux propriétaires des salins. Il n’est pas impossible de tripler la production. Contrairement aux salins d’Hyères, construits en ciment, ceux de Porto-Vecchio sont en vase comprimée, ce qui donne du sel de meilleure qualité. Le sel est vendu brut : il est évident que l’on pourrait achever le travail : concassage, empaquetage, ce qui pourrait emprunter un peu plus de main-d’œuvre.

On n’ignore pas les difficultés qu’ont eu l’année dernières les éleveurs pour trouver le sel devant servir à la salaison de leurs porcs. Les bergers ont toutes les peines du monde pour s’en procurer afin de fabriquer du fromage. Le sel a été vendu au marché noir jusqu’à 30 francs.

Augmenter la production, ce serait assainir le marché et développer une industrie qui peut devenir prospère.(Publié par 'Le Sampiero')

5 mars 1945 : "Radio Corse supprimée. La Corse a soupé de ces incohérences et de ces brimades!"

Publié le 27 janvier 2017 à 9:30

Alertée par la nouvelle inopinée de la disparition de ‘Radio Corse’, une délégation du personnel de ce poste s’est rendue chez M. Le Préfet qui a télégraphié immédiatement à l’Information et à l’Intérieur. ‘Radio Corse’ en plein développement est un lien nécessaire entre l’ile abandonnée et le continent. Pas de bateaux, un courrier postal distribué au petit bonheur la chance…Et c’est le moment qu’on choisit pour supprimer d’un trait de plume un poste qu’on devrait avoir le souci de maintenir et d’améliorer afin que la voix de la Corse puisse porter haut et loin.

Les Corse se refusent unanimement à accepter ce qu’ils considèrent comme une brimade intolérable ! Les Corses ont soupé de ce genre de plaisanterie ! Qu’on le sache bien à Paris !

(Publié par le journal 'Le Patriote')

 

9 Mars 1944 : La libération de Quenza

Publié le 27 janvier 2017 à 8:55

Une estafette! L'appui de l'artillerie et des mortiers italiens nous est enfin acquis. Que d'heures perdues! Que d'hésitations! Ils se sont enfin décidés. C'est l'essentiel. Nous nous regardons heureux. L'heure du combat a sonné. Les hommes de liaison partent la musette lourde, transmettre les ordres aux différents groupes.

L'ennemi tient le village. Il en a fait un dépot : vivres, carburant, atelier auto, parc à munitions. Le chateau de 'Campo Longo' est transformé en hôpital, avec des pièces de D.C.A à proximité. L'hôtel Terminus est transformé en forteresse.

L'incendie dévore le maquis. Toute la montagne est embrasée. La fumée emplit les vallons. La terre est jaune et brule. Mes camarades font leurs ultimes préparatifs. Les jeunes sont déchainés; l'occasion tant attendue s'est offerte. Les yeux brillent. Nos moyens sont faibles. Qu'importe! Le terrain n'a aucun secret pour nous.

Chacun va gagner son poste. Des guides sont donnés aux Italiens. La progression commence. Un obus déchire le ciel au-dessus de nos têtes. Puis deux, puis dix...le chateau est encadré.

Au pas de course, nous nous dirigeons vers le village, éclairés par nos sentinelles avancées qui au préalable ont repéré les positions ennemies. La crète qui le domine est atteinte.

Les mitrailleuses ennemies crachent par courtes rafales. Un groupe de S.S se montre. Notre fusil mitrailleur entonne son chant de mort : des boches tombent. Les autres rebroussent chemin. Le maquis est fouillé. Mitrailleurs au poings, nos franc-tireurs progressent. Les rafales font rage. Les munitions s'épuisent. Notre angoisse est grande. Mais depuis un moment une accalmie s'est produite.

Tout à coup, sur la tour du château de 'Campo Longo’ apparait un drapeau blanc. Nous ne pouvons y croire. L'action aurait été si brève? Pourtant c'est la réalité. Les exclamations fusent!

Le désordre est indescriptible. L'ennemi est là. Les armes jonchent le sol. Beau résultat...Plus de 200 prisonniers, un butin considérable. Dix morts dorment leur dernier sommeil sous le chêne de 'Campo Longo'.

Pas un de nos hommes n'a été touché. Nous entrons dans le village. Les cloches sonnent à toute volée. Les fenêtres se parent de drapeaux tricolores. Notre joie est grande.

Les 'bandits' comme disent nos ennemis, ont nettoyé un coin de Corse de la vermine qui l'infestait.

Jean Pietri.(Extrait du Journal 'Le Patriote')