Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

Articles

2 Novembre 1996 : « Cent ans : le bel âge ! »

Publié le 9 novembre 2018 à 13:15

 A Nonza vit Sulpice Paoli, née Franceschi. « Durant cent ans, je suis restée fidèle à Nonza. J’ai travaillé ses terres, porté ses pierres, puisé son eau. J’ai cotoyé plusieurs générations de ses enfants. J’ai profondément aimé ce village. »


Toujours alerte, elle suit attentivement les évènements politiques à la télévision et lit quotidiennement la presse. Son intégrité, son humanisme, sa générosité et sa foi font de cette digne personne âgée un personnage hors du commun. (Martine Richard)


21 juin 1990 : « L'associu di U Bronx de Bastia »

Publié le 8 novembre 2018 à 4:45

Une quarantaine de jeunes de la Cité Aurore a décidé de créer une association dont l’objectif est de développer des activités socio-culturelles et de devenir des interlocuteurs privilégiés pour tout ce qui touche à la vie du quartier.

L’Associu di U Bronx s’est installé au troisième étage du bâtiment 15 et 16, face au bar de la cité. Sur la façade, on peut d’ailleurs lire ‘Bronx’ inscrit en rouge. Son président, Mathieu Braconi et une partie de son équipe, ont accueilli la presse. Les jeunes ont déjà ficelé des projets. C’est ainsi qu’ils vont soumettre aux autorités compétentes pour d’éventuelles aides financières (mairie, conseil général, Jeunesse et Sports, etc) la création d’une salle de musculation. Un dossier chiffré à 30.000 francs.

Autres projets : une salle de danse, une vidéothèque, un lieu pour des cours de chant et l’apprentissage d’instruments de musique. A plus long terme, l’association entend installer des permanences de prévention sociale « pour une prise en charge des jeunes et des familles les plus démunies… » (Jean Marc Raffaelli-Gérard Baldocchi)




1er Juin 1990 : « Le coup fumant de Macotab »

Publié le 8 novembre 2018 à 3:15

 Hier, lors de la journée mondiale contre le tabac, la société Macotab a présenté sa nouvelle production : les cigarettes ‘Corsica’. Ces blondes légères (9mg de goudron et 0,7 de nicotine) sont présentées dans un emballage frappé de la tête de maure. 2 millions de cigarettes sont sortis des ateliers.

« Dans l’ile, nous avons les cigarettes les moins chères d’Europe et nous sommes positionnés sur le haut de gamme » nous indique le directeur, M. Pierre Palmade. ‘Corsica’ est donc le seul projet dont le critère de réussite sera…qu’il s’envole en fumée. Si elle fait un tabac, elle sera promue ailleurs. (JM Raffaelli)


27 Juillet 1996 : "La triste fin d'un baleineau"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:15

Ce rorqual de 12 mètres  a été éperonné par le Danielle Casanova.


16 Juillet 1996 : "La griffe Balmain pour la CCM"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:10

Les hôtesses de la CCM (globalement une centaine de femmes) portent désormais les nouvelles tenues signées Pierre Balmain Uniformes.

Cinq hôtesses (Dominique, Jeannette, Joelle, Cécile et Dominique) les ont présentés hier aux médias devant le vaste hangar de Campo dell’Oro. « Le choix d’un uniforme est un exercice difficile et périlleux au regard d’un certain nombre de contraintes et d’impératifs à respecter » explique Mme Catherine Riera, chargée de communication au sein de l’entreprise.

« Les références de Balmain Uniformes sont là pour attester du sérieux, du professionnalisme et de la qualité de la prestation fournie ». Les responsables de la CCM ont accordé leur choix à une association de bleu ciel, à des tons de sorbet, marine ou ivoire qui sont déclinés sur des tailleurs, des robes ou des chemisiers. Les coupes sont signées Stéphane Rolland qui a crée un uniforme simple, classique et qui garantit une élégance intemporelle propre aux compagnies aériennes. (P.C Romei)



23 décembre 1994 : « André Turchini : Cent'anni »

Publié le 9 octobre 2018 à 10:55

 

M. Turchini est né le 17 décembre 1894 à Sermano. C’est en 1901 que le jeune André arrive à Paris. Il y fera toutes ses études. Il voit son premier film aux Tuileries, sous une tente de forain : « C’était Ali Baba et les Quarante voleurs, dans une copie très grise. »

L’année 1914 interrompt ses études. Il est soldat puis officier d’artillerie. La démobilisation et ses qualités intellectuelles lui donnent la possibilité de se présenter à l’école Polytechnique, qu’il intègre en 1919. Quand il en sort, c’est à Sète qu’il trouve un poste, comme ingénieur de la ville. Il y restera pendant toute sa carrière jusqu’à sa retraite, qu’il prendra à Paris en 1962. Marié en 1922 avec Catherine Zuccarelli qui sera l’auteur de trois beaux livres sur la Corse, le Languedoc et la Vierge, il aura trois enfants.


André Turchini a traversé le siècle avec une curiosité, une présence, une finesse d’esprit restée inentamée. Souhaitons-lui un deuxième siècle tout aussi entouré d’estime et d’affection, éclairé par son intelligence…



19 novembre 1999 : « Tilly Key, de l'ombre à la lumière »

Publié le 5 octobre 2018 à 10:40


Elle a fait un sacré bout de chemin depuis sa prestation sur la scène de Biguglia. C’était en 1992 et la petite Laetitia avait emporté le premier prix du concours de la chanson corse, parrainé par Michel Fugain. Son grand-oncle est le ténor italien Francesco Tamagno, et sa grand-mère, Marie Louise Tamania n’est pas non plus étrangère à la vocation de cette jeune fille qui n’a pas hésité à ‘monter’ à Paris pour faire carrière.


Son premier single, ‘L’Ombre et la Lumière’, une chanson spécialement écrite à son intention par Carry Kani, l’un des auteurs du groupe ‘Poetic Lover’, se taille un beau succès. Diffusé notamment sur Sun Radio et Europe 2, le titre a donné lieu à un clip que l’on peut voir sur M6 et les chaines musicales. « Ma grand-mère a toujours chanté, c’est elle qui m’a transmis ce don. J’ai beaucoup travaillé ma voix, notamment en tant que choristes. C’est une aventure que je partage avec ma sœur Virginie. »

Ses influences musicales vont d’Aretha Franklin à Stevie Wonder en passant par Lauryn Hill. (Hélène Romani)


15 Novembre 1999 : « Dans le sillage de Michel Petrocchi »

Publié le 4 octobre 2018 à 9:00

 M. Petrocchi, ancien radio dans la marine marchande, a toujours eu un coup de cœur pour les maquettes. Cet homme ne supporte pas l’inactivité, et chaque seconde de liberté a été pour lui l’occasion d’ajuster, de monter, de donner vie à des créations superbes aujourd’hui données à des musées ou à des amis.

Dans une des pièces de son appartement ajaccien trône ‘Le France’. « J’ai mis trois mois à réaliser cette maquette. J’étais tout jeune lorsque j’ai découvert le plaisir d’assembler des éléments pour arriver un résultat final le plus ressemblant possible. »

M. Petrocchi a déjà réalisé environ 80 maquettes. Elles se trouvent aussi bien au musée de la marine à Paris que chez des particuliers. (A-C Chabanon)



6 Novembre 1999 : « Deux mains d'or à 1750 mètres d'altitude »

Publié le 4 octobre 2018 à 8:45

Le 9 novembre au FRAC de Corte sera présentée l’œuvre de Claudio Parmiggiani ‘Ferro Mercurio Oro’ en présence des docteurs Jean-Charles Colonna (maire de Corte) et Jean-Pierre Combette (maire de Vivario)

Claudio Parmiggiani a choisi de proposer une œuvre située dans la nature. Impressionné par la force des paysages de l’ile, c’est sur une de ses montagnes qu’il a souhaité inscrire un geste secret et mystérieux. L’œuvre se compose de deux parties presque semblables : l’une déposée au FRAC et l’autre destinée à être insérée dans la roche. Chaque partie est constituée de deux blocs de 40X16X 16 cm portant chacun une empreinte de main.



La pièce conservée au FRAC est en fonte et les empreintes reçoivent du mercure, celle qui sera incluse dans la nature est en bronze et les empreintes dorées. Lors d’une randonnée sur le monte d’Oru, Claudio Parmiggiani a localisé l’emplacement qui lui a semblé idéal pour y inscrire son geste artistique. Il s’agit d’une roche qui est inclinée vers la vallée, à trois quart d’heure de marche des bergeries de Puzzatello, à 1750 m d’altitude. L’ONF a délivré l’autorisation d’implantation de l’œuvre. La commune de Vivario s’est montrée très favorable à cette réalisation sur le terrain communal. La mise en place de l’œuvre a eu lieu le 10 juin 1999. (A.F)


13 novembre 1990 : « Pour cent balles, t'as plus rien »

Publié le 4 octobre 2018 à 0:45


 L’argent de poche : il file vite pour beaucoup. D’autres ont choisi le mot d’ordre de l’écureuil : amasser pour pouvoir se fournir en noisettes quand la bise sera venue. Vêtements, sorties, ciné, disques, moto, les jeunes ne manquent de rien en général. Pas une seule fois l’un deux ne suggèrera que la vie est chère quand on est jeune. L’argent de poche est souvent généreusement consenti. Toutes les formules sont permises, de la semaine au mois en passant par les demandes au jour le jour.

Dominique, 15 ans : « J’ai environ 1500F par mois en argent de poche. Je ne sais pas exactement où je le dépense, en vêtements, en sorties en boite. » Il possède une chaine stéréo, une moto 80cm3. Son rêve ? « Une voiture ! »

Le « blé », ils ont compris que c’était une des bases de notre société. « Je mets de l’argent de côté » nous dit Alain.

Sylvie : « Je travaille dans le magasin de mes parents le samedi. C’est une bonne formule. » Ils ont entre 15 et 20 ans, la vie est (encore) un long fleuve tranquille. Les parents représentent une sécurité. Ils ne gèrent pas toujours leur argent avec dextérité mais ils considèrent qu’ils ont le temps.

Fabienne : « J’ai 800 F par mois. J’achète des cassettes, des livres. »

Ils ont d’autres besoins, engendrés par une société de consommation qui sans cesse transforme le superflu en nécessaire. Ils ont de plus en plus envie de vivre leur jeunesse en accédant très tôt à des produits qui relevaient dans le temps des objets de luxe. (Anne-C Chabanon)




13 Novembre 1990 : « Vallica, le second souffle »

Publié le 3 octobre 2018 à 20:00


« Nous gérons la misère ! » avait lancé le maire, M. Nonce-Toussaint Antoniotti, réagissant à une enquête sur la taxe d’habitation ; la palme du taux le plus élevé (16.45) ayant été attribuée à cette petite commune de Balagne. « Il y a treize ans, il n’y avait pas neuf foyers fiscaux pour 29 habitants. On en dénombre aujourd’hui 19 et 45 habitants permanents, auxquels s’ajoutent 11 autres personnes qui y séjournent plus de six mois. »



Ici, on vit de l’élevage depuis des siècles. Les exploitations agricoles sont au nombre de sept, sans oublier les éleveurs de tradition, des retraités pour la plupart qui évoluent sans prime ! Soit un cheptel de 500 bovins environ. On y trouve aussi des élevages de chevaux, un troupeau de brebis laitières, 300 ruches du seul apiculteur, sans oublier le marchand de bois de chauffage.

Comme autrefois, le lait et la provision de fromage sont assurés par des chèvres domestiques. Un soupçon d’autarcie pour une population de montagne qui veut néanmoins veut vivre avec son temps.


« Mes prédécesseurs avaient réalisé une adduction d’eau mais nous en manquions terriblement en période basse, car Vallica ne retient pas l’eau. L’été, c’était franchement invivable. Alors au bout de quelques jours, les vacanciers pliaient bagages… »


Les histoires d’eau de Vallica reçurent un écho dans le cadre intercommunal et la solidarité joua du côté de l’Office hydraulique. Pour débrouiller l’écheveau, il est rappelé qu’Olmi-Capella étant gravitairement desservie par la Melaja, il fut décidé d’opérer un captage sur la Tartagine. Les ouvrages d’Olmi-Capella rétrocédés à l’OEHC, ce dernier finançait l’opération. Mais une conduite de 3400 mètres y était nécessaire. Le projet estimé à 1.000.000 F l’obligeait à contracter un emprunt de 500.000F complété par une subvention du département de 50%. A une annuité de 58.729 F s’en ajoutait une autre de 12.984 F au titre du réseau AEP antérieur à 77. De quoi obérer un petit budget. Le 10 aout 1988, le village célébrait « la fête de l’eau ». Depuis, les habitations et les exploitations agricoles sont desservies.

Autre exigence : le désenclavement de l’agglomération. Le village étant inaccessible aux poids lourds, les transports de matériaux et de fourrages, voire les déménagements, se faisaient encore à dos d’âne.

« Pour mieux vivre, il faut que le Giussani devienne le lieu de promenade des Balanins. » (J-B Suzzoni)



26 Fevrier 1995 : « Porto-Vecchio : on a lâché le coq au collège ! »

Publié le 17 septembre 2018 à 10:45


Dès l’ouverture des grilles du collège, les élèves accouraient par petits groupes pour lancer les volatiles, passablement affolés, en direction des enseignants. Une journée d’école buissonnière débutait alors…

Naguère, les écoliers apportaient un coq enrubanné à l’instituteur qui devait alors offrir à boire et à manger, puis leur accorder une semaine de vacances. L’offrande du coq devait avoir lieu le mardi gras. Dans ce cas, les élèves se rendaient masqués à l’école. Le maitre, se prêtant au jeu, leur ordonnait de travailler. Ils protestaient alors en criant ‘Vive le Carnaval.’ (G.P)



22 Fevrier 1995 : « Sinistre farce à Bastia »

Publié le 17 septembre 2018 à 10:10


 Si on voulait dédramatiser, on dirait que cela fait penser à « Coups de feu sur Broadway », le dernier film de Woody Allen. Si on voulait abonder dans le pessimisme ambiant, on dirait que cela ressemble à une mauvaise série américaine.

Les enquêteurs de la sureté urbaine de Bastia ont été impressionnés et choqués à la fois. L’affaire concerne des jeunes de 17 ans. Mercredi dernier, un groupe de cinq jeunes se rendent au fort Lacroix, au-dessus du palais de justice. On leur a dit qu’ils allaient assister à une séance de spiritisme. Dès leur arrivée, ils se retrouvent entourés par sept individus en treillis, cagoulés et armés qui les forcent à descendre dans un souterrain. Les agresseurs reprochent à ces jeunes d’être venus ici pour se droguer. Ils menacent de tuer l’un d’entre eux pour avoir des informations. Une rafale de fusils d’assaut s’ensuit. Les hommes cagoulés ramènent un corps, le portant à bout de bras, gémissant…


Les faux agresseurs ôtent leurs cagoules en précisant qu’il s’agissait d’un jeu. On imagine la peur des victimes. Il y avait sept agresseurs et trois complices.

Interpellés, les auteurs ont reconnu qu’ils y étaient allés « un peu fort ». Le procureur Aussner leur a rappelé certaines valeurs et la loi. (Jocelyne Normand)



12 Février 1995 : « Première manifestation de femmes corses contre la violence »

Publié le 17 septembre 2018 à 9:20


Trois banderoles étaient visibles : « Pour la vie- contre les violences-Pour l’état de droit », plus d’un millier de personnes ont défilé dans Bastia, elles étaient 200 à Ajaccio. Elle a débuté à 14h30 au palais de justice de Bastia.

Eric, 21 ans, donne son impression : « Les femmes mettent au monde les enfants, elles les élèvent, les éduquent. Pour elles, un meurtre, c’est l’assassinat d’un enfant ou d’un frère…Un mouvement de femmes fait leur force car elles expriment leurs idées. » Pour Yves, 80 ans : « Cela correspond à mes opinions. Je suis scandalisé par la violence qui se généralise quelque soit les motifs, politiques ou autres. » « Je ne sais plus où j’en suis. C’est le cœur qui parle. Ça me fait mal cette dérive de la Corse. Les femmes ont eu le courage de se lancer dans une aventure, qui, je l’espère, ira très loin. Mon rêve est que la Corse donne l’exemple, que nous exportions notre générosité, notre hospitalité… » témoigne Antoine.  (Jocelyne Normand)



4 Février 1995 : « Valentin, le facteur au grand coeur »

Publié le 14 septembre 2018 à 9:10


Des rivages de Galeria jusqu’à l’extrémité de la vallée du Fango, voilà près de 30 ans que Valentin le facteur sillonne la Balagne pour remplir sa mission. « Le 2 février, j’ai rendu ma sacoche après 32 ans de service des PTT. Le temps est passé si vite… »


Originaire de Montestremu, Valentin Simeoni, 55 ans, a choisi d’entrer dans les PTT car ce travail lui permettait de revenir au village. « Les quatre premières années à Paris ont été très dures, j’étais perdu ! Je suis arrivé à Galeria en 1968. J’étais au paradis, être chez moi et pouvoir servir des gens que j’aimais bien, c’était inespéré. Pour beaucoup, je suis devenu un repère. Mon rôle dépasse la distribution du courrier. J’aide des personnes âgées à remplir leurs papiers, je les conseille et les écoute. J’ai beaucoup appris au contact des anciens, ils ont tellement à donner.»

« Beaucoup de gens ne veulent pas installer de boite aux lettres ; elles me disent : ‘Valentin, si on met une boite, on te verra plus’ ». (Emmanuelle Pouquet)



28 Septembre 1993 « Ile-Rousse : le bon café depuis 1928 »

Publié le 10 août 2018 à 15:55

 Place Delaunay, le temps semble s’être immobilisé : les machines sont les mêmes depuis la création de l’entreprise en 1928, le torréfacteur de marque ‘Devigne & Janin’, abat inlassablement sa besogne, les effluves chauds rappellent les temps jadis. Les sacs en toile de jute renfermant les grains dorés en provenance d’Abyssinie, du Brésil ou d’ailleurs, nous transportent aux origines de cette plante qui excite ou apaise selon les tempéraments. Rien à voir avec les linéaires impersonnels des rayons du commerce moderne.

L’Arabica, le Robusta, le Maragogype ne sont pas de simples noms apposés au dos d’un paquet. Ils parlent à vos sens, vous pouvez les sentir, les voir, les toucher.

Ici, on torrefie, on mélange l’arome du café. Le travail est artisanal. Si René Franceschini, le fondateur de la maison, est aujourd’hui en semi-retraite, son fils Jean-Baptiste, son neveu Dumè Cardi, poursuivent la même voie.

«Mon beau-père, souligne Jean-Baptiste, a crée cette affaire autour de deux principes, la qualité et le sérieux du service. Nous nous efforçons de perpétuer cette tradition. »

En une année, c’est une trentaine de tonnes de café vert que « Le Bon Café » importe. Après torrefaction, cela donnera environ 20 tonnes de café prêt à consommer, la perte due au grillage étant de 30%.

« Notre café, toujours fraichement grillé, n’a jamais plus de 48 heures de torréfaction quand il est livré à la consommation. C’est ce que les cafés du continent ne peuvent et ne pourront jamais réaliser. » Nous le croyons volontiers. Garçon, un café ! (Patrick Vinciguerra)



1er Septembre 1993 : « Aullène : la tradition »

Publié le 27 juillet 2018 à 10:50

 Les petits matins ont souvent quelque chose de magique à Aullène. Dans la brume, le village se révèle lentement. Un tapis de bruits familiers se font entendre : une brouette couine dans un jardin, une cloche tinte dans le lointain, un ruisseau murmure sur les galets…Rien ne peut trouble pareille paix ! En cette matinée de septembre, l’air fleure bon le soleil et l’herbe sèche, la sève des pins, les pierres chaudes. Dans peu de temps, Aullène vivra au rythme de ceux qui vivent à la montagne.

Sur la place de la fontaine, quelques adolescents cheminent vers le camp des œuvres laïques, là-haut, dans la chataigneraie.


Le clocher sonne plus souvent les morts que les baptêmes. Drame de la Corse de l’intérieur !

La nature offre un parc naturel sans égal. Une montagne avec des sommets hauts perchés, des torrents avec des cascades et des conques propices à la baignade, un maquis et des forêts qui enivrent.Le tourisme vert donne un peu d’espoir…

Une bonne quinzaine de familles tire toujours l’essentiel des ressources de l’élevage. C’est le noyau dur des résidents de l’hiver.

La cohabitation est un mot plein de sens à Aullène. Les vestiges d’un temple protestant en attestent. C’est un exemple sans doute unique en Corse. On raconte que le schisme s’est produit après une grave différent entre le curé et le maire de l’époque.

On trouve au village deux ou trois épiceries, autant de cafés et de boucheries, et le très prisé hôtel-restaurant de la Poste. On y fait des repas succulents, au fumet d’antan…


La galerie d’art de Tony Bertucci est un pari réussi. Ce magicien de la couleur passe pour un chef de file du surréalisme moderne. Médaille d’argent au Coliseum de New York, sa côte ne cesse de grimper.

La balade se termine. Les derniers touristes s’arrêtent, attirés par les charmes intacts du village. (Jean-Claude Lanfranchi)




31 Juillet 1998 « La ville impériale s'ennuie »

Publié le 27 juillet 2018 à 10:05

 A Ajaccio, le temps semble parfois s’être arrêté et la ville tourne au ralenti. Les jeunes remarquent le manque d’animations. « Il n’y a rien pour les jeunes », d’après Jackie. « Ici, on vieillit tranquillou », rigole Jeff, qui trouve la ville « plutôt calme et plutôt sale ».

« Moi je fais le cours Napoléon, la rue Fesh et c’est tout », avoue Marlène. Emmanuel, Fred ou Thierry confirment : « Il n’y a vraiment pas grand-chose à faire, à part les bars, le cinéma et les boites ! ». La fermeture des bars à deux heures n’arrange rien. «Ça, ça tue ! » râle Fred. « En plus, quand tu vois les prix, ça calme » déclare Stéphane. « Dès qu’il y a quelque chose d’intéressant, les prix grimpent et les jeunes ne peuvent plus se l’offrir ».


Le programme culturel les fait sourire. La musique classique et les polyphonies ne font beaucoup d’adeptes parmi les jeunes. « Merci pour la Love Parade ajaccienne. Les grognards, stop. On est en l’an 2000 ! » clame Jackie. « La fête, on va la faire à Porto-Vecchio. Là, on voit du monde, on a l’impression d’être en vacances. »

« Un des problèmes de cette ville, c’est le manque de structures : il faudrait exploiter des endroits comme le Casone, les gymnases, même les coins désaffectés. On pourrait faire des super soirées » propose Stéphane. « On veut des soirées comme Dance Machine par exemple ».

Résultat : on se replie sur la sphère privée au détriment de la ville. Et puis les amis partent les uns après les autres. « Ca ne m’intéresse pas de vivre ici, j’ai envie de partir sur le continent parce que les choses bougent plus » avoue Oualid.

Tranquille, trop tranquille…Ce ne sont pourtant pas les idées et l’énergie qui manquent. (Stéphanie Teurlai)



26 Juillet 1998 « Le facteur de Girolata »

Publié le 25 juillet 2018 à 15:40

 On vient de très loin pour le voir, sans que cela modifie quoi que ce soit à son comportement. Hiver comme été depuis 14 ans, Guy Ceccaldi effectue à pied chaque matin ses huit kilomètres depuis le col de la Croix pour apporter le courrier aux habitants du port de pêche. Et cela en mois d’une heure. Son âne l’aide quelques fois. « Mais pas à chaque fois, parce que l’âne est trop lent. »

A l’épicerie du village, une vacancière, enveloppe à l’effigie du facteur en main, coule vers Guy un regard curieux : « Où est passé votre âne ? »

Est-ce que tout ça n’est pas trop fatiguant, pénible ? Il répond avec philosophie : « Je suis là pour ça ».

Aimé de tous pour son bon cœur, sa serviabilité, ce dévoué facteur suscite quand même une inquiétude : il devra bientôt prendre sa retraite…et qui sera assez dévoué pour reprendre le flambeau ? (Emilie Arraudeau)




21 Juillet 1998 « Le retour des frères Vincenti »

Publié le 25 juillet 2018 à 14:40

François est l’auteur, Domi compose. Mais au bout du compte, ils ne sont qu’un. La semaine dernière, le cabaret ‘Les Trois Guitares’ était rempli d’inconditionnels pour la présentation de leur dernier disque « Da Sottu à la mia baretta ».

« La grande nouveauté de ce disque, c’est que nous jouons nous-mêmes. Et puis tout a été fait en famille. Les chansons témoignent de l’évolution des mœurs en Corse. Et notamment de la plus grande liberté des femmes. »

« Nous sommes rentrés en Corse dans les années 80, confortablement installés dans notre village de Santa Riparata. C’est notre ami Michel Frassati qui nous a poussés. Sans lui et sans nos amis de la Casa Musicale à Pigna, il n’y aurait peut-être pas eu de suite. » Sebastien François.