Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

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21 juin 1990 : « L'associu di U Bronx de Bastia »

Publié le 8 novembre 2018 à 4:45

Une quarantaine de jeunes de la Cité Aurore a décidé de créer une association dont l’objectif est de développer des activités socio-culturelles et de devenir des interlocuteurs privilégiés pour tout ce qui touche à la vie du quartier.

L’Associu di U Bronx s’est installé au troisième étage du bâtiment 15 et 16, face au bar de la cité. Sur la façade, on peut d’ailleurs lire ‘Bronx’ inscrit en rouge. Son président, Mathieu Braconi et une partie de son équipe, ont accueilli la presse. Les jeunes ont déjà ficelé des projets. C’est ainsi qu’ils vont soumettre aux autorités compétentes pour d’éventuelles aides financières (mairie, conseil général, Jeunesse et Sports, etc) la création d’une salle de musculation. Un dossier chiffré à 30.000 francs.

Autres projets : une salle de danse, une vidéothèque, un lieu pour des cours de chant et l’apprentissage d’instruments de musique. A plus long terme, l’association entend installer des permanences de prévention sociale « pour une prise en charge des jeunes et des familles les plus démunies… » (Jean Marc Raffaelli-Gérard Baldocchi)




31 Aout 1984 : "Marianne et François cultivent leur jardin biologique »

Publié le 6 novembre 2018 à 9:05

La grisaille du marché de Bastia est éclairée par un rayon de soleil. Nous avons rencontré Marianne Tkaboka. Elle a 24 ans. Originaire de Monaco, elle était jusqu’en 1980 secrétaire à la télévision monégasque. Son époux, François, 28 ans, était lui professeur de guitare dans la Principauté. Il semblait manquer un but à leur vie. Un vent de liberté les pousse vers d’autres rivages. Rêvant d’une autre vie, le couple traverse en vélo, pendant quatre mois, l’Italie, la Grèce, la Sardaigne, la Tunisie, la Sicile et la Corse. A la dernière étape, c’est le coup de foudre. Ils y reviennent pour leur voyage de noces. Ils commencent par travailler un petit terrain à Pruno et s’intéressent de près à l’agriculture biologique. Ils s’établissent dans une propriété de Ville de Pietrabugno. Marianne s’occupe de la cueillette et de la vente au marché, François se charge de l’entretien et de l’arrosage des semences.

Le jeune couple adhère à l’association Nature et progrès, afin d’offrir à ses clients une garantie sérieuse. Cette association attribue une mention portant son nom en contrepartie d’un contrôle annuel très strict par une analyse de la terre et des produits. Marianne Tkaboka expose sur son étal toutes sortes de légumes dont des cœurs de bœuf d’Italie, et des ananas d’Amérique, entre autres. François a également une serre où il fait des plants qu’il revend au printemps.

Outre la culture, le couple anime une chorale. Ces jeunes agriculteurs ont dans leur projet l’achat d’un terrain où ils pourraient vivre en compagnie de David, leur enfant d’un an et demi, et du nouveau venu attendu en novembre. (Anne Marie Pastorino)



23 Aout 1984 : « Vincent Orsini, le président de la République Libre de Macchione »

Publié le 6 novembre 2018 à 8:20

 Aux alentours de Bastia, une bâtisse lance depuis sa porte d’entrée un bienveillant appel : « Salut, Puissant du jour, au gueux sans toit, seul, ou avec une escorte, ici le nombre peu importe, car, sans mesure est notre foi, visiteur, pousse cette porte du Macchione, comme chez toi. Sans préjugés d’aucune sorte, avec nous, chante, mange et bois. Au moment de partir, emporte nos vœux de paix, de bonheur et de joie. »

Cette affichette est apposée sur la porte du palais présidentiel de la République libre du Macchione. Le pays est gouverné par Vincent Orsini. On a tout dit sur l’auteur de la ‘Barcarolle’. On a parlé de son talent, de sa maison, de son livre d’or et de ses mémorables soirées.

Sur les hauteurs de Lupino, une pancarte indique aux promeneurs les chemins du plus petit Etat du monde. Le président accueille les visiteurs avec sa guitare. De sa voix forte et sûre, il ponctue de vers doux ou amers les phrases qu’il ne trouve pas assez imagées.

De ses souvenirs du temps où il animait les salons de la haute société florentine, il rapporte des anecdotes de bon vivant. Anecdotes qu’il mime comme un comédien. Auteur de 300 chansons, il ne quitte pas sa guitare. Eternellement souriant et optimiste, il jure de bonne foi que quoiqu’il arrive de par le monde, il suffit de chanter : « Il ne faut pas en faire un drame. » (Anne-Marie Pastorino)



20 Aout 1984 : « Le pianiste du vieux port »

Publié le 6 novembre 2018 à 7:30

 Des airs de Scott Joplin et d’Errol Garner viennent mourir dans les cocktails. Bernard Maury, pianiste de bar dans un établissement du vieux port de Bastia, est très lucide sur son actuelle situation. Ce musicien accompli, chef d’orchestre des « Trois Maillets » dans le quartier latin, admet que les bons pianistes sont rares dans les bars.

Pour un artiste, il admet qu’il est dangereux de s’adonner à la musique de fond à longue échéance. Il lui faut se mettre à la portée du public, qui bien souvent veut entendre du « commercial ». Pas de création, peu d’expression : métier frustrant s’il en est. Bernard Maury ajoute tout de même qu’il jouit d’une liberté quelquefois appréciable.(Anne-Marie Pastorino)


27 Juillet 1996 : "La triste fin d'un baleineau"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:15

Ce rorqual de 12 mètres  a été éperonné par le Danielle Casanova.


5 mars 1974 :« M. Luigi fête ses cent ans »

Publié le 22 octobre 2018 à 4:40

 Le 9 mars, une sympathique et notable famille de Bastia et du Cap-Corse, la famille Luigi, célèbrera le centième anniversaire de son ainé, M. Dominique Luigi, né à Conghiglio. Il est également le doyen des pharmaciens bastiais.

Il a fait ses études primaires et secondaires au lycée de Bastia puis effectua un stage de pharmacie chez son oncle, M. Toussaint Luigi, pharmacien à Vico. Il suivit ensuite pendant deux ans les cours de l’école de pharmacie de Marseille et obtint ses diplômes de 1ere classe comme à la faculté de Montpellier. C’est en juillet 1902 qu’il installa ses laboratoires et son comptoir à Bastia, à l’endroit même où son fils gère aujourd’hui la pharmacie, à l’angle de la rue Napoléon et de la place Saint Nicolas.

C’est là, pendant près de 50 ans, que M. Luigi exerça la profession qu’il avait choisie, attirant sur son établissement, par la courtoisie de son accueil, l’intelligence et le sérieux qu’il apportait aux choses de son art, une réputation dont la qualité n’a d’égale que la longévité. Son fils représente la 3ème génération de pharmaciens qui se sont succédé dans cette famille.

Marié en 1917 à une Nicrosi, de Rogliano, il est le père de quatre enfants et le grand-père de huit petits-enfants. Dans sa profession, il a eu à faire face à l’épidémie de grippe espagnole au cours de laquelle son oncle de Vico succomba. En 1943, au moment de la libération de Bastia, l’immeuble où se trouve la pharmacie fut bombardé. Mais grâce à sa persévérance, son affaire repartait d’un bon pied en 1947.

Pour son anniversaire, le chanoine Sauveur Casanova dira une messe d’action de grâces.



19 novembre 1999 : « Tilly Key, de l'ombre à la lumière »

Publié le 5 octobre 2018 à 10:40


Elle a fait un sacré bout de chemin depuis sa prestation sur la scène de Biguglia. C’était en 1992 et la petite Laetitia avait emporté le premier prix du concours de la chanson corse, parrainé par Michel Fugain. Son grand-oncle est le ténor italien Francesco Tamagno, et sa grand-mère, Marie Louise Tamania n’est pas non plus étrangère à la vocation de cette jeune fille qui n’a pas hésité à ‘monter’ à Paris pour faire carrière.


Son premier single, ‘L’Ombre et la Lumière’, une chanson spécialement écrite à son intention par Carry Kani, l’un des auteurs du groupe ‘Poetic Lover’, se taille un beau succès. Diffusé notamment sur Sun Radio et Europe 2, le titre a donné lieu à un clip que l’on peut voir sur M6 et les chaines musicales. « Ma grand-mère a toujours chanté, c’est elle qui m’a transmis ce don. J’ai beaucoup travaillé ma voix, notamment en tant que choristes. C’est une aventure que je partage avec ma sœur Virginie. »

Ses influences musicales vont d’Aretha Franklin à Stevie Wonder en passant par Lauryn Hill. (Hélène Romani)


21 Novembre 1983 : « Les Flying Padovani's en concert : du rock servi 'à fond la caisse'»

Publié le 19 septembre 2018 à 0:30

 

« Bonsoir » lâche Henry Padovani, puis la batterie lâche son rythme percutant, imitée par la basse. Christ Musto et Paul Slack ont mis la salle des congrès à ébullition. A leur pied, enroulés dans des flots de décibels, beaucoup de jeunes. Pas vraiment la grande cuvée. Pour ce concert unique à Bastia, le groupe aurait aimé plus d’ardeur dans la fréquentation. Mais peu importait. On était entre amoureux du rock. Henry avait la pêche.


Ils sautillaient sur eux-mêmes, les fanas, les branchés, les puristes et quelques punks. Certains avaient même revêtu la tenue du parfait rockeur : un cuir, un jean, des santiags. Les babas-cools s’étaient abstenus.

Le leader du groupe porte une tête de maure sur son tee-shirt blanc. Un symbole qui ne le quitte pas, même Outre -Manche. (C.R)



16 Novembre 1983 : « Le tunnel de Bastia a enfin ouvert »

Publié le 19 septembre 2018 à 0:00


Banderolles tricolores et visages en fête, l’ouverture du tunnel, attendue depuis six ans, a été saluée dans la bonne humeur. Pas de discours pompeux ni de rubans à couper, il faudra attendre le 1er décembre avec la visite de M. Deferre (ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation) pour cela.

A bord d’un bus de la S.A.B, élus et presse ont fait une excursion d’une minute à 4 mètres de profondeur, le long des tubes de néon et des éclairages au sodium. Le tunnel modifie considérablement le paysage urbain de Bastia. (JP. Girolami)


Le tunnel a enfin livré ses secrets aux automobilistes émus et réjouis comme s’ils pénétraient religieusement dans la caverne d’Ali Baba.

Dès 9h, nous nous sommes aventurés dans la colossale buse de béton. Là, des ouvriers briquaient le site du sol au plafond. A 11h, les automobilistes ont pu s’engouffrer sous la citadelle. Derrière les cars portant les nombreuses personnalités, le premier automobiliste, M. Tafani, semblait ravi : « Ces haies de lumière qui défilent au-dessus de votre tête donnent un précieux cachet esthétique. C’est ce qui m’a frappé en premier lieu. Ensuite vient la surprise d’être sous le Vieux-Port. »

M. Bernardini : « C’est une belle réalisation et je crois que c’est l’opinion que partageront la plupart des usagers. »

M. Fleuri se montrait plus sceptique : « Est-ce qu’on roulera mieux sur le boulevard Paoli ? »

Mme Carrega l’est tout autant : « Je pense qu’il faut reconsidérer la sortie pour que le tunnel ne soit pas un sursis trop court à l’embouteillage ! »

Ces premières voitures ont été accueillies par une salve d’applaudissements prodigués par les nombreux badauds piétons massés sur la passerelle de la place Saint-Nicolas. (J-M. Raffaelli)


22 Fevrier 1995 : « Sinistre farce à Bastia »

Publié le 17 septembre 2018 à 10:10


 Si on voulait dédramatiser, on dirait que cela fait penser à « Coups de feu sur Broadway », le dernier film de Woody Allen. Si on voulait abonder dans le pessimisme ambiant, on dirait que cela ressemble à une mauvaise série américaine.

Les enquêteurs de la sureté urbaine de Bastia ont été impressionnés et choqués à la fois. L’affaire concerne des jeunes de 17 ans. Mercredi dernier, un groupe de cinq jeunes se rendent au fort Lacroix, au-dessus du palais de justice. On leur a dit qu’ils allaient assister à une séance de spiritisme. Dès leur arrivée, ils se retrouvent entourés par sept individus en treillis, cagoulés et armés qui les forcent à descendre dans un souterrain. Les agresseurs reprochent à ces jeunes d’être venus ici pour se droguer. Ils menacent de tuer l’un d’entre eux pour avoir des informations. Une rafale de fusils d’assaut s’ensuit. Les hommes cagoulés ramènent un corps, le portant à bout de bras, gémissant…


Les faux agresseurs ôtent leurs cagoules en précisant qu’il s’agissait d’un jeu. On imagine la peur des victimes. Il y avait sept agresseurs et trois complices.

Interpellés, les auteurs ont reconnu qu’ils y étaient allés « un peu fort ». Le procureur Aussner leur a rappelé certaines valeurs et la loi. (Jocelyne Normand)



7 Avril 1988 : « Les puces arrivent à Bastia »

Publié le 14 août 2018 à 14:50

 Les Bastiais pourront dès dimanche découvrir les joies du marché aux puces. Cette opération est organisée par la S.A.R.L Corse Animation Bastia. Mme Borromei, sa présidente, en donne les précisions : « Notre but est de faire que tout le monde puisse venir exposer ou vendre les choses entassés dans leurs caves ou greniers et qui ne leur sont plus d’aucune utilité. » Elle espère que dimanche, de 8 à 13 heures, le nombre de participants sera important. « Il faut que tout le monde adhère. Le but est aussi de relancer l’activité commerciale de la ville, notamment le dimanche matin. »


Pour participer, vous pouvez louer un emplacement (50f les trois mètres linéaires). Dimanche, la place Saint-Nicolas acceuillera le premier marché aux puces de son histoire. (C-L S.)

Pari gagné. L’affluence était telle qu’elle a créé la surprise jusque chez les organisateurs. Une joyeuse bousculade sous un soleil printanier, le but de l’association « Corse animation Bastia » est atteint. Joelle Borromei, cheville ouvrière de l’opération, qui était accompagné du gérant de la société qui a lancé les Puces d’Ajaccio, n’a pas caché sa satisfaction devant les 45 exposants venus parfois de loin. La foule de visiteurs a elle découvert des trésors dormant auparavant dans les caves et les greniers.






Du vieux fusil au tapis persan, du jupon de grand-mère aux 45 tours des années 60, tout s’est vendu. Grâce aux puces du dimanche, Bastia prend un air de fête qui tranche avec la léthargie habituelle. (J-P.G)



25 Janvier 1975 « Salle comble au Paris et à L'Empire pour Georges Moustaki »

Publié le 24 juin 2018 à 2:50

 ‘Le Métèque’ n’a pas déçu son auditoire. Les distractions de qualité sont rares lors de la morte-saison. Elles sont d’autant plus mémorables.A Bastia, la salle du ‘Paris’ allait s’avérer trop exiguë pour accueillir les spectateurs. Il a enchanté son public dans une soirée de type « veillée ». Il fut accompagné de la chanteuse chilienne Marta Contreras, du chanteur-guitariste Fabien Maman, Bunny Brunel à la basse et du percussionniste Gérard Joanot. (Photos : Gravini et Mignucci)


18 Janvier 1975 « Ecole d'escalade au Lancone »

Publié le 17 juin 2018 à 13:30

 Les adeptes de ce sport forment de petites équipes qui, en cet hiver très doux, ont commencé leurs activités…de printemps. Pour les amateurs, la Corse est un paradis : les parois ne manquent pas, les sites sont grandioses et l’on ne s’y bouscule pas comme dans les stations à la mode. Les varapeurs se retrouvent généralement à l’école d’escalade de la Restonica en début de saison. Certains d’entre eux en ont ouvert une autre aux portes de Bastia. (Photo Gravini)


27 juin 1970 « Foule impressionnante aux obsèques de Me Paul Bronzini de Caraffa »

Publié le 15 juin 2018 à 13:40

 C’était hier les obsèques de Mme veuve Paul Bronzini, née Félicité de Caraffa, en l’église Sainte-Marie.

Plusieurs centaines de personnes sont venues rendre un dernier hommage à cette authentique Bastiaise, cette forte personnalité que fut Mme veuve Bronzini.


Elle fut la première femme avocat de la Corse alors que la France n’en comptait que trois. Félicité de Caraffa, alors âgée de 21 ans, devait faire l’admiration de toute la région au matin de 28 octobre 1907 en présentant le serment professionnel devant la cour. Elle ne devait plaider aux assises qu’une seule fois, mais son coup d’essai fut un coup de maitre puisqu’elle obtint l’acquittement du bandit d’honneur Jacques Cirindini. Ce fut sa seule apparition devant le grand public, car cette jeune fille, extrêmement douée, ne rêvait que de quiétudes dans la douceur de la maison, loin de la foule, car sa qualité première était la discrétion.

Agée de 84 ans, son grand âge n’avait nullement altéré sa vive intelligence et la finesse de son esprit.

En même temps qu’un personnage du Bastia de toujours, c’est une dame de qualité qui disparait.


25 juin 1970 « Bastia à l'heure du mondial »

Publié le 14 juin 2018 à 5:55

 Pendant une quinzaine de jours, la coupe du monde de football a tenu en haleine, grâce à la télévision, des dizaines de millions de spectateurs. Cette rencontre entre la compétition au plus haut niveau et le moyen de communication le plus populaire a provoqué dans le monde entier un engouement sans précédent.

La grande presse internationale nous a appris que la location des postes T.V a atteint à cette occasion un chiffre record, la demande dépassant même celle enregistrée au moment des premiers pas effectués par l’homme sur la lune.

Bastia n’a pas échappé à cette vague d’engouement. Même les mères de famille et les personnes âgées, réticentes au départ, se sont prises au jeu. Dans les cas les plus rares où l’élément féminin se montrait irréductible, les vestibules ont résonné des échos de querelles domestiques. Après avoir rompu une lance, monsieur et son fils ont alors dévalé au plus vite les escaliers de l’immeuble pour se rendre au café voisin.

Dans une ambiance surchauffée, les « oh ! » et les « ah ! » collectifs ponctuaient à chaque action d’éclat le marmonnement plus sourd et presque continu des commentaires.

Nous avons voulu savoir quel avait été à Bastia l’impact de la coupe du monde sur la vente ou la location des postes de télévision. Le phénomène n’a pas revêtu dans notre ville l’ampleur qu’on lui prête ailleurs.

Sur dix commerçants interrogés, cinq nous ont répondu que l’évènement n’avait eu aucune influence sur leurs ventes, trois que cette influence s’était manifestée dans des proportions assez négligeables, deux que la circonstance avait été bénéfique.

Les raisons invoquées pour expliquer le peu d’empressement dans la demande sont les suivantes : le marché est en partie saturé, les installations de Teghime desservent imparfaitement Bastia-ville. De ce fait la location des postes devient trop onéreuse. Dans une ville comme Bastia, les habitants d’un même immeuble entretiennent des relations plus étroites que ce n’est le cas dans les grandes villes du continent. Enfin, le mordu de football préfère suivre une partie dans l’ambiance des cafés où il peut participer aux commentaires, faire des paris et éviter les jérémiades de sa femme qui voudrait suivre son feuilleton ou se coucher plus tôt.

 

8 Juin 1970 « Furiani : plus de 2000 enfants ont offert un spectacle ravissant à un public enthousiaste »

Publié le 12 juin 2018 à 5:55

 Ce spectacle réunissait quelques 2000 enfants de toutes les écoles primaires de la ville. 6000 parents et adultes ont applaudi pendant près de trois heures cette armée de Lilliput.

Ces enfants sont assurément le bien le plus précieux de notre petit pays. Ces petits poussins tout de jaune vêtus nous ont donné une image de la vie, au-delà de ses luttes, de ses tracas, de ses barrières sociales.

Quelle fête pour les yeux que cette riche palette, cette symphonie aux couleurs mouvantes. Quel sérieux et quelle application dans l’exécution des danses. Vous nous avez étonnés charmants marmots. Danseuses provençales empêtrées dans vos longues jupes, gymnastes en herbe, merci d’être venus jusqu’à nous.

Voici le programme qui nous fut présenté

-Par les maternelles de Charles Andrei : « Chinoiseries » et de Lupino : « Danses allemandes »

-Ecole primaire de Toga : « Marche des joyeux camarades »

-Courses de relais Charles Andrei III et IV : « Valse des fleurs », Charles Andrei I et II : « Jeux d’enfants ».

- « Le pont de la rivière Kwai » par l’école du centre

-Groupe Campanari et Citadelle : « Danse provençale »



12 Aout 1979 « Une alerte centenaire à Lento »

Publié le 7 juin 2018 à 9:30

 Le village de Lento a le privilège de compter parmi les siens une centenaire, fort alerte, qui fait preuve d’une grande verdeur d’esprit au terme d’un siècle de vie, de labeur et parfois de dures souffrances endurées à une époque beaucoup plus dure que la nôtre.

Mme Veuve Mazzoni, née Orsini, que tout le canton surnomme Zia Chilina, veuve à 26 ans, a élevé dans le sens du devoir et de la droiture, trois enfants, travaillant à Paris dans une affaire de fourrure qu’elle a créée.

Elle vit avec sa fille au village, évoquant parfois les souvenirs d’un temps révolu.



3 Aout 1979 « Bastia : sur les quais depuis un demi-siècle, le dernier porteur »

Publié le 7 juin 2018 à 6:00

 « Porteur ! ….Porteur ! » Ces cris qui résonnaient dans le petit matin à l’accostage du « Sampiero Corso » ou du « Gouverneur Général Chanzy » nous renvoient à une autre époque. Sur le port, on brûlait moins d’essence, et il y avait moins d’embouteillage. Les bagages se chargeaient et se déchargeaient à dos d’homme. Un métier presque éteint, où des hommes bien sympathiques, trapus, à l’air débonnaire et au pantalon bleu. Au moment où le navire s’approchait du quai, on les voyait gesticuler dans tous les sens afin de retenir leurs clients à qui ils donnaient des numéros.

Une fois à bord, ils se frayaient tant bien que mal un chemin à travers les passagers agglutinés devant la sortie. « Porteur ! Porteur ! » Leurs cris achevaient de réveiller un petit monde de voyageurs encore mal débarbouillés, mais ravis de reconnaitre l’accent du pays natal. Les touristes étaient alors une faune rare.

Aujourd’hui, il ne subsiste rien de ce tableau qui a le charme discret des heures enfuies. Ou presque. Le dernier « valijaghu » se noie dans la masse des touristes, asphyxiée dans les vapeurs de fuel, anonyme.

Vous le reconnaitrez pourtant à son pantalon bleu, mais sa casquette ne porte plus de numéro. Il reste le premier à se ruer sur la passerelle qu’il gravit quatre à quatre.

De la cinquantaine de porteurs qui se partageaient autrefois le travail entre le port et la gare, il ne reste que Jean Guelfi. Quand on lui demande pourquoi « ça ne paye plus » , il répond : « Guardate, fallanu tutti c’un sacca a collu ». Une grande partie des bagades descend maintenant en voitures. Les porteurs d’autrefois ne transpirent plus. On n’arrête pas le progrès.

Monté en quatrième vitesse sur le « Comté de Nice », M. Guelfi redescend les bras ballants.

A la retraite, notre brave porteur n’attend pas le client pour vivre. Il fait ça pour passer le temps.

L’autre matin, après l’abordage du « Cyrnos », il a pu trouver quelques valises, histoire de remplir sa charrette qu’il tire à la sortie du port. Sous les regards amusés des « bronzés », il est l’ultime visage d’une corporation qui a fini son âge héroique, le dernier témoin des bateaux à vapeur.

-« O M. Guelfi, site in forma per continua ? »

-« Ah no, d’ottobre mi nè vo ! » (Jean-Pierre Girolami)



27 Aout 1973 : « St Joseph, un quartier qui semble vivre dans la nostalgie du passé »

Publié le 29 mai 2018 à 4:25

 Bastia est une ville qui a ses quartiers périphériques bien délimités, certains ayant même un semblant d’indépendance à l’égard de la cité-mère. Mais l’expansion rapide de la ville tend de plus en plus à les englober une fois pour toutes dans ce que l’on appelle la zone intra-muros.

Les habitants de St Joseph se considèrent un peu comme appartenant à une communauté bien définie.

Situé à l’orée sud, ce quartier faisait un peu figure de quartier avancé de Bastia. C’était d’ailleurs le quartier où se trouvait l’octroi, en quelque sorte le poste-frontière. Il est devenu aujourd’hui un quartier charnière entre la ville traditionnelle et le Bastia sud.

Le quartier a tout pour plaire. Qu’on en juge : une plage (Ficajola), une église où se déroule chaque année une des plus belles fêtes de la ville.

Le quartier a pour toile de fond les collines de Torette, l’actuel Fort-Lacroix, qui domine le quartier, sans oublier la caserne qui porte également le même nom et dont la masse est inséparable de l’ensemble.

Mais aujourd’hui, il y a un autre St Joseph. Celui qui à son tour a été touché par l’urbanisation galopante, laquelle n’épargne plus rien. C’est là que l’on a implanté un collège d’enseignement secondaire, une école maternelle et un gymnase.

Quant aux immeubles résidentiels, ils ont également poussé comme des champignons : « Résidence de la Nouvelle Corniche », « Les Capucins », « Le Maroni »…Ce qui donne à ce quartier situé entre la gare de Lupino et le Cimbalo, un nouveau visage, dont les besoins aussi ont sensiblement augmenté.

Ainsi, bien que le quartier soit un quartier calme, des problèmes majeurs commencent à se poser dans certains secteurs. Il est ainsi de la voie qui grimpe depuis l’ancien octroi vers les nouveaux immeubles, et dont l’étroitesse est la cause de nombreuses collisions.

Un peu plus loin, les habitants de « La Nouvelle Corniche » se plaignent des coulées de limon qui à chaque pluie viennent inonder la chaussée. Les vieux du quartiers déplorent la disparition des platanes, l’implantation de certains immeubles ou même la suppression du lavoir et de la fontaine qui sur la plage de Ficajolo donnait un certain cachet à ce si joli quartier.


A côté de cela, les commerces en tous genres ne manquent pas et les habitants du quartier peuvent s’approvisionner sur place.

Un mot encore pour la petite histoire : c’est dans ce quartier qu’est né le ténor César Vezzani. (Paul Luciani)


21 Aout 1973 : « Bastia : un nouvel atout touristique »

Publié le 29 mai 2018 à 3:55

 La capacité d’accueil de Basta vient d’être augmentée depuis l’ouverture il y a peu de l’hôtel « l’Ostella », situé sur le plateau de Montesoro. Il a été construit sur le terrain où se trouve déjà le restaurant du même nom, pour former un tout harmonieux. Cet établissement, dont les propriétaires sont M. et Mme Luccherini (les anciens restaurateurs du « Fucone » à Lupino et du "Soleil d’Or "


L’hôtel comprend trente chambres dotées du confort le plus moderne pour ne pas dire de « luxe ». Le cadre de cet hôtel ne sera pas pour déplaire à ceux qui seront appelés à y séjourner. (Photo Gravini)