Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

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9 janvier 1984 : « M. Marc Tennevin, professeur de mathématiques menacé par le F.L.N.C »

Publié le 8 décembre 2018 à 6:50

Les professeurs enseignant au collège et lycée Fesch se retrouveront aujourd’hui en réunion extraordinaire. Il s’agit d’assister un homme dont chacun s’accorde à dire qu’en pédagogue scrupuleux et en chrétien fervent, il était un exemple dans une profession trop souvent critiquée. Après avoir tenté, au fil de mois, de convaincre M. Marc Tennevin de ne pas quitter la Corse, ses collègues ont fini par s’incliner devant le désarroi d’un homme dont le propos quotidien comme l’attitude étaient totalement étrangers à la haine et à la suspicion engendrées par les actes délibérées des uns et facilitées par l’inconscience et la passivité égoïste des autres.

Il est probable qu’il n’y aura rien d’autre à faire demain qu’à accompagner M. Tennevin et sa famille à Campo dell’Oro. Démarche impuissante de la part de ceux qui ont choisi de réapprendre et d’enseigner ce qui peut être tenu pour une vertu : savoir avoir honte en certaines circonstances parce que ces circonstances sont aussi le fait des renoncements collectifs. (JB)

Les 130 professeurs du collège Fesch et du lycée se sont réunis hier pour évoquer le départ sous la menace d’un de leurs collègues.

Hier, ses collègues ont décidé de réfléchir ensemble et de mettre en commun leurs idées et leurs sentiments susceptibles de déboucher sur une aide matérielle et morale à la famille de ce professeur, agrégé d’histoire et de géographie, qui a connu les pires déboires psychologiques depuis deux ans.

Aujourd’hui 10 janvier, une journée d’action est organisée, elle se traduira par un établissement désert. Une délégation se rendra au rectorat pour recueillir la prise de position de l’administration de tutelle à cet égard et afin d’étudier la possibilité administrative de voir verser le salaire de chaque manifestant, au cours de cette journée d’action, à M. Tennevin.


Plusieurs fois victime d’attentats et de menaces, M. Tennevin, qui enseignait au Finosello, a souhaité changer d’établissement pour l’année 1983-1984. C’est à l’issue de ce dernier trimestre au cours duquel ce professeur paraissait avoir retrouvé la joie de vivre dans ce pays, où il disait lui-même avoir « donné le meilleur de lui-même. » Il a reçu la dernière échéance que lui « accordaient » les clandestins et a décidé de partir, notamment pour sa femme, qui est atterré.

La famille Tennevin quitte donc la Corse aujourd’hui. Il n’est pas assuré de trouver un poste dans l’académie d’Aix-en-Provence, où il se rend. Sa demande de mutation a été envoyée hors délai (cette opération se fait en général en décembre). (MM.PC)

D’autres que lui, victimes des mêmes menaces ou les devançant, avaient pris leurs précautions. En 1983, 109 enseignants du secondaire (sur 1790 occupant leur poste en Corse) ont demandé leur mutation sur le continent. Ils avaient été 70 l’année précédente. L’an dernier, 109 professeurs chargés d’enseigner à nos enfants ont demandé à partir et à nous fuir. « Nous ». (JB)


16 septembre 1974 : « Visite d'Antoine Ciosi aux bergers du plateau d'Ese »

Publié le 26 novembre 2018 à 10:40

 Chaque années, ils sont une douzaine de bergers d’Ajaccio à rejoindre les hauteurs du plateau d’Ese pour y vivre durant les trois mois de la saison estivale. La vie est parfois difficile sur ce vaste plateau que l’on peut considérer comme un des derniers paradis de la Corse, jusqu’ici intact.

Avant que ne s’achève cette transhumance, un enfant de l’île a tenu lors de son récent passage à Bastelica à leur rendre visite. Antoine Ciosi a découvert un merveilleux site qu’il ne connaissait point. Il a partagé avec eux le repas et les a remerciés en leur chantant ‘U Mulinu’ et ‘Tragulinu’. (Ch. Salvia)



11 septembre 1974 : « Ajaccio : une vaste campagne de propreté lancée bientôt »

Publié le 26 novembre 2018 à 8:35

Au cours de la réunion de presse du mardi, M. Pascal Rossini a fait le point sur toutes les affaires intéressant les Ajacciens. Dans le cadre de la campagne nationale de la propreté, la municipalité va s’employer à mettre l’accent sur cette question, assez préoccupante chez nous de par le laisser-aller qui semble présider, de la part de nos concitoyens, à tout ce qui touche à l’hygiène publique.

« Nous mettrons en œuvre tous les moyens de persuasion en notre possession pour que nos concitoyens prennent conscience de l’intérêt d’une telle entreprise » indique-t-on à la mairie qui va mettre en œuvre toute une série d’actions : une campagne publicitaire intensive, avec en particulier une grande affiche signée Barberousse, qui sera apposée sur les autobus, sur tous les bâtiments publics communaux.

Deux nouveaux services seront mis en place : l’un pour le ramassage des épaves de voitures, l’autre pour la collecte de cartons et papiers. Il est en outre envisagé de créer un service de collectes d’encombrants qui encombrent bien trop souvent certaines cours d’immeubles ou bien qui sont abandonnés à la périphérie de la ville.

Le maire a précisé que des sacs en plastique permettront au service du nettoiement de débarrasser la ville de tous les jets d’ordures qui souillent certaines places et artères. Les ordures seront ensuite acheminées jusqu’à la décharge de Saint-Antoine, dans le creux du vallon pour éviter autant que faire se peut la pollution, à l’abri du vent, le pourtour du dépôt devant être protégé par une clôture suffisamment haute pour éviter l’envol des papiers gras.



8 septembre 1974 : « Le Nord 2501 s'écrase au-dessus de Petreto-Bicchisano »

Publié le 26 novembre 2018 à 8:00

 L’avion, qui appartenait à la 62ème escadre de transports basée à Reims, qui rentrait de Palerme pour Orly, avec une escale à Ajaccio, au retour d’une mission logistique technique pour le compte d’Air France, s’est écrasé vendredi vers 21h30 sur les pentes abruptes du mont San-Pietro au-dessus de Petreto-Bicchisano.

A terre, l’état-major de la gendarmerie mobilisait les brigades de la compagnie de Sartène et celle du sud d’Ajaccio, tandis que les gendarmes sillonnaient les routes de leurs circonscriptions.

C’est un renseignement en provenance de gens habitant dans la région de Petreto-Bicchisano disant avoir aperçu une boule de feu la veille au soir qui allait permettre à l’équipe de l’hélicoptère de la gendarmerie de localiser l’épave hier vers 3h12.

Des gendarmes et des militaires se rendaient sur les lieux. Il ne restait du ‘Nord 2501’ que des éléments éparpillés dans un rayon de plus de 100 mètres. L’accident s’est produit sur la face sud de la montagne au lieu-dit « Giuncha ». La cabine de pilotée s’est encastrée dans les rochers tandis que le reste de l’appareil se disloquait. Un seul corps a pu être retrouvé. Les trois autres sont toujours prisonniers de la cabine de pilotage.


La commission d’enquête a remarqué que les moteurs se sont détachés et ont été projetés sur les côtés. Un morceau de l’empennage, long d’une quinzaine de mètres, git presque intact dans les rochers. Tout le reste n’est que tôles broyées.

Selon certaines information, l’équipage cherchait le contact radio d’une balise directionnelle. Arrivant du sud, il a bifurqué à hauteur du golfe d’Ajaccio au-dessus de Capo-di-Muro…

A partir de là, c’est l’inconnu. C’est vraisemblablement à cause de la perte de contact que l’avion s’est égaré. (JP Gherardi)


7 novembre 1985 : « Isabelle Ciaravola, une jeune étoile ajaccienne parmi les constellations de la capitale »

Publié le 15 novembre 2018 à 11:00

 Une très bonne nouvelle pour la musique et la danse insulaire. Une jeune Ajaccienne, âgée de treize ans, est lauréate du Conservatoire national supérieur de la musique et de la danse de Paris. Mlle Ciaravola a réussi le concours d’entrée et qui réunissait cent soixante-dix candidates venues de tous les coins de France. Quatorze danseuses ont été retenues.

Ce succès ravit ses professeurs d’Ajaccio, Mmes Rouvière et Gozzi-Portal, mais aussi celui de Paris, M. Daniel Franck, professeur au Théâtre national de l’Opéra et de l’académie Chaptal. C’est dans la classe de Mlle Christiane Vaussard qu’elle poursuivra ses études de danse.

Un nouveau succès pour la famille Ciaravola-Minighetti qui s’était déjà distinguée cette année à travers la sœur aînée Emmanuelle, 16 ans, qui s’est vue décerner la médaille d’or du conservatoire d’Ajaccio pour son talent en tant que pianiste. (AC)


7 Aout 1984 : « La statue de Jérôme Bonaparte jetée au bas de son socle par des vandales »

Publié le 6 novembre 2018 à 6:45

 Ce matin, des habitants venaient constater qu’un acte de vandalisme et de malveillance avait jeté en bas de son piédestal l’une des statues du monument. La chute a fait un bruit assez fort pour faire sursauter les riverains de la place du Diamant. Il était environ 4 heures du matin. Jérôme souffre d’un enfoncement de la boîte crânienne.


Les statues ne sont pas fixées, elles sont simplement posées sur leur socle. Elles adhèrent grâce à leur poids de l’ordre de 250 à 300 kilos. En ville, les vieux Ajacciens ressentent ce geste comme une offense personnelle et essayent de préjuger d’où pourrait provenir le mauvais coup…(M.A)



30 décembre 1977 : « Ajaccio : une fontaine qui mousse

Publié le 16 octobre 2018 à 10:40

 Elle n’arrête pas de faire des bulles, cette fontaine de la place de Gaulle, dans laquelle d’aimables plaisantins pour les uns, de tristes vandales pour d’autres, ont jeté l’autre soir suffisamment de détersifs pour faire couler dans le parking municipal souterrain une marée de mousse. Il a fallu faire appel aux pompiers pour dégager cette marée blanche.


Le maire, M. Ornano, livre son point de vue : « L’incident a entrainé des dommages tant au parking qu’aux voiture qui y étaient garées. Je tiens à m’élever contre ces actes de vandalismes qui, faisant fi des efforts consentis par les Ajacciens pour l’amélioration de leur cadre de vie, sont le reflet d’une inconscience sans bornes de la part de leurs auteurs. Il est déplorable que des individus irresponsables que des individus prennent un malin plaisir à détruire ce qui a été fait la veille. Il est temps que chacun prenne conscience que la qualité de la vie collective suppose un minimum de civisme et de respect du bien commun. »


6 Novembre 1999 : « Deux mains d'or à 1750 mètres d'altitude »

Publié le 4 octobre 2018 à 8:45

Le 9 novembre au FRAC de Corte sera présentée l’œuvre de Claudio Parmiggiani ‘Ferro Mercurio Oro’ en présence des docteurs Jean-Charles Colonna (maire de Corte) et Jean-Pierre Combette (maire de Vivario)

Claudio Parmiggiani a choisi de proposer une œuvre située dans la nature. Impressionné par la force des paysages de l’ile, c’est sur une de ses montagnes qu’il a souhaité inscrire un geste secret et mystérieux. L’œuvre se compose de deux parties presque semblables : l’une déposée au FRAC et l’autre destinée à être insérée dans la roche. Chaque partie est constituée de deux blocs de 40X16X 16 cm portant chacun une empreinte de main.



La pièce conservée au FRAC est en fonte et les empreintes reçoivent du mercure, celle qui sera incluse dans la nature est en bronze et les empreintes dorées. Lors d’une randonnée sur le monte d’Oru, Claudio Parmiggiani a localisé l’emplacement qui lui a semblé idéal pour y inscrire son geste artistique. Il s’agit d’une roche qui est inclinée vers la vallée, à trois quart d’heure de marche des bergeries de Puzzatello, à 1750 m d’altitude. L’ONF a délivré l’autorisation d’implantation de l’œuvre. La commune de Vivario s’est montrée très favorable à cette réalisation sur le terrain communal. La mise en place de l’œuvre a eu lieu le 10 juin 1999. (A.F)


13 novembre 1990 : « Pour cent balles, t'as plus rien »

Publié le 4 octobre 2018 à 0:45


 L’argent de poche : il file vite pour beaucoup. D’autres ont choisi le mot d’ordre de l’écureuil : amasser pour pouvoir se fournir en noisettes quand la bise sera venue. Vêtements, sorties, ciné, disques, moto, les jeunes ne manquent de rien en général. Pas une seule fois l’un deux ne suggèrera que la vie est chère quand on est jeune. L’argent de poche est souvent généreusement consenti. Toutes les formules sont permises, de la semaine au mois en passant par les demandes au jour le jour.

Dominique, 15 ans : « J’ai environ 1500F par mois en argent de poche. Je ne sais pas exactement où je le dépense, en vêtements, en sorties en boite. » Il possède une chaine stéréo, une moto 80cm3. Son rêve ? « Une voiture ! »

Le « blé », ils ont compris que c’était une des bases de notre société. « Je mets de l’argent de côté » nous dit Alain.

Sylvie : « Je travaille dans le magasin de mes parents le samedi. C’est une bonne formule. » Ils ont entre 15 et 20 ans, la vie est (encore) un long fleuve tranquille. Les parents représentent une sécurité. Ils ne gèrent pas toujours leur argent avec dextérité mais ils considèrent qu’ils ont le temps.

Fabienne : « J’ai 800 F par mois. J’achète des cassettes, des livres. »

Ils ont d’autres besoins, engendrés par une société de consommation qui sans cesse transforme le superflu en nécessaire. Ils ont de plus en plus envie de vivre leur jeunesse en accédant très tôt à des produits qui relevaient dans le temps des objets de luxe. (Anne-C Chabanon)




21 novembre 1990 : « Course à la vache à Ajaccio »

Publié le 3 octobre 2018 à 13:15

 Hier, les pompiers et policiers d’Ajaccio se sont transformés en cow-boys. Tout ça parce qu’une vache de la région d’Alata avait décidé d’aller saluer la statue de l’Empereur.


Une vache déambulant sur le cours, ça fait désordre ! Ajaccio a vécu deux heures totalement surréalistes. Il fallait voir la mine ébahie des habitués des terrasses de bar. Nombre d’entre eux ont juré qu’ils ne toucheraient plus à un verre de pastis ! L’animal a fait une halte sur la place Abbatucci devant les étals des fleuristes. Elle a ensuite remonté le cours Grandval au pas de course, talonnée par des automobilistes impatients.

Scène de course à la coquarde en bas des jardins du Casone. Il ne manquait plus que Guy Lux et une piscine pour que la fête soit complète ! L’animal a décidé que la ville était un endroit peu intéressant, peuplé de gens agressifs…et elle a fait demi-tour, direction les sept ponts et la campagne. Arrivée à hauteur du Casarecciu, elle a été maitrisée par les pompiers qui lui ont enlevé toute velléité en la ligotant à un arbre. Elle a ensuite été restituée à son propriétaire…qui craignait fort que cette équipée ne lui ait tourné le lait. (I. Luccioni)


7 Septembre 1966 : « Les jeunes ajacciens nous parlent de leurs 'problèmes' »

Publié le 1 octobre 2018 à 9:10

« La fumée dans les yeux, un éléphant me regarde… » Dans un brouhaha indescriptible de musique rythmée, de Johnny à Antoine, dans un crépitement incessant de flippers et de babyfoot, de nombreux jeunes font vibrer les flippers, la cigarette aux lèvres.

Nous les avons surpris, entre copains, dans une de ces ‘boites’ où ils se réunissent presque à heure fixe. Jean-Louis, Alain, Etienne, René, Antoine viennent ici pour affronter la machine et écouter hurler leur chanteur préféré. Ils discutent de tout et de rien. Ils ne demandent rien, seulement d’être entre jeunes et de pouvoir se comprendre.


Certains nous parlent : « Nous, m’a dit René, nous avons un défaut que les vieux ne nous pardonnent pas : nous sommes jeunes, voilà. N’avons-nous pas le droit d’espérer une place de choix ? Pourquoi je viens ici ? Parce que cela me détend, que je ne pense pas à la maison où ca ne tourne pas toujours très rond. Je suis maçon, j’ai quitté l’école très tôt parce qu’il le fallait. Ce qui me dégoute, c’est de m’apercevoir que nous vivons dans un monde qui se dit de progrès et où les masures côtoient les maisons de luxe. Ca ne vous fait rien de savoir que certains types dépensent en un jour le salaire annuel d’un ouvrier ? Moi ça me dégoute. »

Je me suis habituée peu à peu à ce bruit infernal des flippers en marche et des disques criards. J’ai voulu aussi connaître leur opinion sur Antoine, le chanteur qui se dit libre. « Antoine, il possède un humour acide et s’enflamme pour une liberté déjà déterminée. Il veut se rebeller contre les principes et toutes les conventions. J’aime sa foi, il est sympathique parce qu’il est sincère. Il m’épate. »

Etienne n’est pas du tout d’accord. « Antoine, c’est une grosse fumisterie. Son seul mérite, c’est d’avoir trouvé un bon moyen de se faire de l’argent. Antoine est né…de l’ennui. »



Clic-clac, les boules sautent dans les flippers, les chiffres montent, les lumières s’allument et s’éteignent. Ils sont retournés à leur plaisir, tranquillement. L’ennui, c’est, en fait, leur pain quotidien. Ils n’ont que leur jeunesse, ils en sont de plus en plus conscients, et puisque demain n’est pas certain et que leur éducation est leur seule défense, pourquoi ne profiteraient-ils pas de la vie jusqu’à la lie ? (Lily Figari)


5 Septembre 1966 : " Une précieuse relique pour le musée napoléonien"

Publié le 1 octobre 2018 à 7:35

 Le musée va s’enrichir d’une précieuse relique, offerte par M. Jean-Claude Octave-Aubry, descendant d’Octave Aubry, de l’Académie française, historien et collectionneur napoléonine qui envisage le depot, en février prochain, du masque mortuaire de Napoléon Ier. C’est une très belle épreuve du masque bien connu, portant à la base du cou une étiquette revêtue de la signature du Dr Antomarchi. Sa hauteur est de 325 mm . Elle est renfermée dans un coffret en bois d’ébène, garni d’ornements en bronze ciselé, modèle réduit du cercueil contenant les restes de l’Empereur. L’intérieur du coffret est doublé de velours violet, et une niche épousant les contours extérieurs du masque y est aménagé pour son logement. Un coussin de velours noir bordé de galons d’argent, avec glands aux quatre coins, est joint. Il est destiné à couvrir la face du masque.


A l’appui de l’authenticité et de la provenance de cette relique, le propriétaire possède les pièces attestées par MM. D. Janvier et J. Arna, experts parisiens.

Ce masque dépendait de la succession du Dr Antommarchi, décédé à Santiago de Cuba en 1834. Il fut racheté par les fondeurs Susse frères à la dispersion de ladite succession, puis revendu au prince Demidoff, mari de la princesse Mathilde, arrière-petite-nièce de l’Empereur. Au décès du prince Demidoff, il fut racheté par le collectionneur Rose-Berry, puis par l’historien Octave Aubry.

M. Rossini a remercié par lettre M. Aubry de son offre généreuse et se rendra à Chevreuse pour recevoir la précieuse relique des mains du donateur.


12 Avril 1964 : « Les cent ans de Mlle Marthe Battesti »

Publié le 29 septembre 2018 à 7:30


Vero est fier de Mme Marthe Battesti. L’air pur que l’on respire à Vero, à plus de 300 m d’altitude, doit être pour quelque chose dans le secret de ses cent ans. Elle passe ses journées allongée dans une petite chambre rustique, au premier étage d’une minuscule et très vieille maison du village, à deux pas d’un calvaire. Sur l’édredon voisinent un livre de messe, un ouvrage réservé aux élèves des classes primaires et le roman « Le sable vif » de Pierre Moinot, prix des libraires 1964.

Née Orsoni, elle nait à Vero le 11 avril 1864. Elle se souvient mal du long chemin parcouru depuis. Elle a vécu en Algérie aux côtés de son époux (mort il y a quelques années) qui faisait partie de l’administration pénitentiaire.

Elle a obtenu son brevet élémentaire, diplôme rarissime dans ces petits villages corses dont la population dépasse rarement les 200 âmes. Elle avait ensuite occupé quelques postes de suppléantes dans l’enseignement. Il lui en est resté la soif de s’instruire davantage et de lire, de lire toujours alors que petit à petit, sa mémoire et son ouïe se ressentaient des atteintes du temps. La centenaire vit aujourd’hui en compagnie de sa nièce dont le dévouement est à souligner, elle-même mère de dix enfants.



5 Mars 1961 : « Lucien est venu au monde hier dans une voiture, route de Pisciatello »

Publié le 28 septembre 2018 à 9:40

 Les propriétaires du « Bar du Coin » à Pisciatello n’en crurent pas leurs oreilles, hier matin, en entendant un homme, affolé, en proie à une violente émotion, leur raconter une curieuse histoire.

N’écoutant que leur bon cœur, ils bondirent à la suite de leur client qui les entraina vers une Aronde en stationnement sur le bas-côté de la route menant à Ajaccio. En se penchant par la portière, ils virent et comprirent la raison de l’affolement de leur interlocuteur.

A l’intérieur du véhicule, une femme de mettre au monde un superbe bébé qui poussait ses premiers vagissements. Les parents et l’enfant furent transportés dans l’établissement où un lit fut rapidement aménagé.

Les voisines apportèrent à Mme Simone Buresi (habitante de Coti-Chiavari) et à son bébé les premiers soins tandis que les hommes réconfortaient de leur mieux M. Buresi, heureux mais bouleversé.


Mme Gendron, sage-femme à la clinique Ripert, alertée, sautait à 9h30 dans sa Dauphine et arrivait au « Bar du Coin ». Elle acheva ce que les braves voisines avaient commencé. Puis, Mme Buresi fut conduite à la clinique avec son enfant. Lucien a été changé et pesé. 3 kilos, bon poids.

Nous formons des vœux pour la prospérité de Lucien et complimentons son papa et sa maman tout en félicitant tous ceux qui ont aidé à sa venue au monde, ce 4 mars 1961, à 9h30 sur la route de Pisciatello. (François Peretti-Photo Wickelson)


20 fevrier 1974 : « Les revendeuses de la halle aux poissons : 'il faut mettre à l'index celles qui nous portent tort par leurs prix' »

Publié le 24 septembre 2018 à 5:20


 La halle aux poissons n’a rien de comparable avec un sanctuaire et l’ambiance ne manque pas. L’autre matin, on nous guettait du coin de l’œil entre le merlan et quelques rougets. Nous fûmes entourés par les revendeuses qui voulaient nous parler. Notre article sur certains prix exorbitants avait donné le ton.

Toutes craignaient que leurs clients ne les comparent désormais à ces « requins » dont on parle souvent à la halle aux poissons.


« Il faut croire que les clients qui se plaignent sont tous des fins gourmets, nous a dit Mme Remiti. Ils ne parlent que du prix des rougets, des merlans et des langoustes. Mais ils ne critiquent jamais les prix des poissons de second ordre ».

« Vendre les rougets à 40 F le kilo, non ! Cela ne m’est pas arrivé. Je ne sais pas si d’autres l’ont fait. » Il y a quelques jours, trois membres de la gendarmerie maritime avait effectués un contrôle, opérant en civil.

Pour Mme Poli, « si certaines vendent des langoustes, c’est sous le tablier bien sûr car la pêche en est encore interdite. Evidemment, de temps à autre, il y a quelques spécimens qui se laissent prendre dans les filets. Mais il est difficile de les vendre à ce prix. D’ailleurs, regardez les prix affichés aujourd’hui : 65 F. En pleine saison nous avons des difficultés à les vendre à 50 ou 60 F le kilo. Alors, maintenant… »

« Les rougets, nous les vendons 30 F le kilo car nous les achetons aux pêcheurs entre 25 et 28 F suivant les jours. Les merlans sont affichés le plus souvent à 25 F » nous a confié Mme Ceccarini.

Même son de cloche chez Mme Matté d’Orazio : « La semaine dernière, j’ai même dû afficher le merlan à 20 F et le vendre à 15 F. C’est comme les bogues ! Les prix ne peuvent pas être rigides. Je les ai vendues à 12 F le kilo après les avoir payées 10F. C’est la quantité de poisson sur le marché qui détermine le prix pour certaines qualités. »

Que ce soit Mme Casudu, Mme Raimondi, Mme Lofredi ou Mme Biaggi, toutes nous montrent leurs panneaux de prix et si pour les rougets, les mostelles ou la langouste, les prix sont constants, pour les autres, les traces d’éponge et de craie récentes ou anciennes montrent les fluctuations des prix. Il ne restera plus au client qu’à consommer d’autres poissons que des rougets…Peut-être reviendront-ils un jour à un niveau plus accessible ? (M. Arbona)





16 février 1974 : « Objets perdus ou trouvés ? S'adresser au bureau des épaves à la mairie d'Ajaccio »

Publié le 24 septembre 2018 à 4:10


 Le service dépendant de la mairie fonctionne en permanence, au rez-de-chaussée de l’ancien marché couvert, et placé sous la responsabilité du brigadier-chef Mathieu Braconi, assisté de Patrick Maurisse et Richard Turckevez, seules habilités à manipuler les objets. Un objet perdu ou trouvé est enregistré au bureau qui le conserve un an et un jour. La personne qui l’a trouvé est en mesure de le réclamer mais devra le restituer dans un délai allant jusqu’à vingt ans si l’authentique propriétaire se fait connaitre. Elle en deviendra par contre le propriétaire intégral passé le délai de 30 ans. Si elle n’en veut pas, l’objet est mis aux enchères.



Parmi les objets trouvés, on trouve le plus souvent des permis de conduire, livrets de famille, passeports, trousseaux de clés. L’année dernière, 306 objets ont été trouvés et 546 perdus. Entre autres objets perdus, un Moulinex tout neuf, une paire de chaussures et même un perroquet vert à demi déplumé mais toujours vivant, sur une plage de la ville. Citons également une quarantaine de vélomoteurs. Le service continuera à fonctionner pour autant que durera la distraction, l’étourdissement de l’être humain, de plus en plus fréquente de nos jours. (Charly Salvia)

1er février 1974 : « Le 'Solferino' : encore une partie du vieil Ajaccio qui disparait »

Publié le 22 septembre 2018 à 9:05


 Le ‘Solferino’ n’est plus…C’est presque un faire-part de décès pour ce vieil immeuble ajaccien qui, chaque matin, vient prendre position devant la Préfecture. L’immeuble fut un haut-lieu de la vie ajaccienne. Il avait déjà souffert il y a quelques années lorsque la brasserie Solferino avait fermé ses portes pour laisser la place à une agence d’assurances.


« C’est un mal nécessaire » nous confie Henri Poli, qui suit les travaux de démolition. « Depuis la disparition de la brasserie, l’hôtel était devenu la honte du cours Napoléon. Un véritable hôtel à cafards…avec une clientèle cosmopolite et parfois malodorante. Il fallait faire quelque chose, car cette façade sale et lézardée faisait notre désespoir. Mais c’est un peu du vieil Ajaccio qui disparait. »

Pour M. Franceschini, c’est aussi la disparition de tout un passé. « C’était l’antichambre de la Préfecture et du Conseil général. Dans cette vieille bâtisse transitait la vie politique de la Corse. »

M. Antoine Bozzi se souvient des « casses-croûtes pantagruéliques qui étaient organisés dans les arrières-salles du bâtiment. »


Mais il faut vivre avec le présent. Cette verrue, il fallait qu’elle disparaisse, car sa laideur n’avait plus rien d’historique. Un hôtel trois étoiles moderne de 65 chambres va surgir des ruines. Conçu par l’architecte Pierre Serafini, cet hôtel sera pourvu du confort le plus moderne. (Marcel Arbona)


7 Juin 1978 : « Cargèse : Taxidermia, le rendez-vous des animaux naturalisés »

Publié le 21 août 2018 à 16:00

 

M. et Mme Jean-Michel Canon se sont installés dans la localité et ont aménagé un local accueillant. Des oiseaux aux animaux de chasse en passant les reptiles sans oublier le monde de la mer, tous les animaux sont représentés. Cargèse jouit d’un privilège jusque là méconnu dans le département, voire même dans l’ile.


20 Avril 1998 : « Gégé la Gouaille et son accordéon »

Publié le 18 août 2018 à 16:25

 On le connait bien à Ajaccio : regard malicieux, grosse lunettes…et son accordéon bien sûr ! On le voit assis sur son pliant sur le cours Napoléon qu’il pleuve, qu’il vente ou que le soleil cogne. Chez nous depuis 37 ans, il a sillonné toutes nos routes, s’est arrêté dans tous nos villages. Il a été cuisinier, ouvrier, toujours prêt à accepter un travail, « du moment que c’est honnête ! » Il a aussi été clown dans un tout petit cirque.

Il a eu son premier accordéon à 9 ans. Il en est à son 19ème et promet qu’il n’en aura pas plus de 20. « Après, je prends ma retraite. »


Gégé à la retraite, allons-donc ! Qui apostropherait les gens dans la rue ? Qui jouerait « La Comparsita » ? Non, c’est vraiment impossible ! (I.L)


15 Avril 1988 : « Un scientifique suédois disparait à Ajaccio »

Publié le 18 août 2018 à 15:35

 

Arrivé samedi de Suède pour participer à un séminaire pour le compte du groupe pharmaceutique Pharmacia, un chimiste mystérieusement disparu après un déjeuner avec l’ensemble des congressistes. Personne ne l’a revu ensuite. Et depuis, pas le moindre signe de vie malgré un avis de recherche déposé à la gendarmerie du Ruppione.

Hellmut Soderberg, 38 ans, a quitté sa chambre d’hôtel du Sofitel de Porticcio sans rien emporter de ses effets personnels ou de ses papiers. Il était selon certains morose et déprimé. Il buvait beaucoup et fumait cigarettes sur cigarettes comme le confirme M. Sven Ljungberg, originaire comme lui d’Uppsala.

Au moment de sa disparition, il portait une veste à carreaux, un pantalon noir et une chemise blanche. Il portait des lunettes de soleil et une barbe taillée avec des moustaches.(Joseph-Guy Poletti)