Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

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17 décembre 1977 : « L'ancien gardien de prison est devenu dresseurs de boeufs, à Corsoli »

Publié le 16 octobre 2018 à 10:35

 Reflet bucolique qui marque à peine la rudesse d’une existence au rythme des saisons et des intempéries, chacune des photos de notre collaborateur Antoine Feracci raconte les jours austères et paisibles de Jean Olivieri. Retourné depuis 1972 dans son hameau natal de Corsoli, après une retraite anticipée de gardien de prison et avide d’occuper ses loisirs, il a décidé de faire ce que d’autres ne faisaient plus. Il a renoué avec une tradition familiale : le labour et le dressage des bœufs. Ce seigneur de 58 ans arpente des terres interdites aux engins motorisés et en sept jours, il dresse des bœufs, les accoutume au « coppiu » de châtaigniers, tant et si bien que l’araire ancestral trace ses sillons sans dévier d’un pouce. Il arrive parfois que l’animal soit rétif et refuse de se plier au joug. Dès lors, il est irrémédiablement destiné au boucher. Jean Olivieri dispose d’une réserve de dix bœufs. A tour de rôle, il leur communique tout ce qu’ils doivent savoir du terrain et des saisons. Il apprend à les connaitre et ensemble ils ouvrent la terre féconde. Une fois dressé, les bœufs sont vendus. « L’argent ne s’en va pas aux Japon ou aux Etats-Unis, il reste en Corse. »


Mais Jean Olivieri ne se contente pas de vendre les bœufs qu’il a dressé, il en achète aussi afin de pouvoir les dresser. Notre laboureur a retrouvé les gestes de ses ancêtres et le bonheur. Il voudrait qu’il en soit de même pour tous ceux qui ont la possibilité de semer sur ces innombrables terrasses accrochées à flanc de montagne, témoins d’une richesse éteinte et qui ne demande qu’à revivre à nouveau l’époque de la tribbiera en ce mois de juillet où le soleil et les hommes communient dans la même chaleur.


11 février 1980 : « Potiers d'aujourd'hui à Corte »

Publié le 13 octobre 2018 à 4:25

 La poterie remonte loin dans la longue histoire de l’ile. Il n’est que de visiter le musée archéologique de Sartène ou celui d’Aleria pour se convaincre de l’originalité des influences, des contraintes de formes nées de la matière première utilisée.

Pourtant, cette activité allait au siècle dernier disparaitre de la liste des métiers ruraux de la Corse, sous la poussée de productions importées d’Espagne, d’Italie et du Midi de la France (les poteries vernissées de Vallauris sont enconre très répandues dans les maisons corses), qui offraient des produits plus solides. Les ateliers de fabrication de poterie en terre amiantée tels que Campile ou Farinole allaient disparaitre complètement.


Depuis dix ans, cependant, le métier de potier semble retrouver un nouveau souffle. Les efforts du Centre de promotion sociale de Corte et de la Corsicada ont abouti à la formation et à l’installation de jeunes potiers. Les potiers ont décidé de créer leur propre station de traitement de la terre qui produira l’ensemble des matières premières. « A Terra » est destinée à traiter cent tonnes de terre. La station sera construite à Corte sur un terrain offert par la municipalité. (Texte et photos Antoine Feracci)



23 février 1975 : « Opération 'recensement mouflons' dans la forêt d'Asco »

Publié le 25 septembre 2018 à 9:25

 A l’initiative de M. Ange Guerrini, qui préside la commune d’Asco, cette opération fut décidée en collaboration avec les responsables de la Fédération départementale de la chasse, pour sauvegarder et protéger les rares mouflons vivant encore à Asco (une quinzaine environ). Pour cela, il a disposé de la forêt d’Asco, qui tient son nom de la commune propriétaire.

La première mesure prise fut celle de traquer les braconniers qui continuaient d’anéantir cette espèce en voie d’extinction. Cela porta ses fruits. En 1973, à la demande de la Fédération de la chasse et de l’autorité préfectorale, dix petits mouflons ont été donnés à la commune de Venaco, qui elle aussi s’enorgueillit de posséder un parc fermé dans la haute vallée du Vecchio, où l’espèce est aussi très bien protégée.


« Qu’y a-t-il de plus majestueux qu’un mouflon scrutant d’un pic l’horizon ?», nous disait M. Ange Guerrini, qui nous avait convié à l’opération recensement, confiée au garde-chasse Joseph Vitti, montagnard chevronné et conseiller municipal de la commune. Le chef Schwalbach et le gendarme Claude Loiseau, de la brigade de Ponte-Leccia, MM. Jacques Bezian et Antoine Grimaldi, chef et sous-chef des secteurs de l’O.N.F et M. Antoine Vesperini, guide au parc national régional, ont également participé aux opérations.

Nous avons vu des mouflons dans la brume, mangeant le fourrage ou léchant les blocs de sel, disposés sous l’un des kiosques à proximité du refuge du Touring Club de France.



22 Novembre 1983 : « 5000 litres d'essence dans les égouts cortenais »

Publié le 19 septembre 2018 à 0:55

 Après plusieurs heures d’effort et une nuit de surveillance, la forte odeur d’essence qui avait incommodée pendant 24 heures les habitants du cours Paoli, à la suite de l’infiltration de 5.000 litres d’essence dans les égouts, s’est dissipée hier dans la matinée.

Les pompiers avaient mis en place toute une série de mesures de sécurité pour éviter tous risques d’explosion. Des opérations de dégazage par l’introduction de grandes quantités d’eau ont été effectuées. Autre risque encouru : la pollution du Tavignano, qui reçoit le contenu des égouts sans aucun traitement. Fort heureusement les pluies des derniers jours étaient importantes et l’évacuation a été rapide. (E.J)



20 Juillet 1998 « Corte : une histoire de poubelles »

Publié le 25 juillet 2018 à 14:30

 La statue du général Paoli aura connu bien des aventures. Elle a vu flotter des drapeaux venus d’horizons différents, elle a même subi l’action de mauvais plaisantins qui l’avait barbouillée. Mais hier matin, on l’a découverte au milieu de détritus et de containers-poubelles placés là vraisemblablement par quelques-uns de nos concitoyens qui voulaient faire passer un message à la commune à propos des ordures ménagères.

Quelques touristes ont saisi le spectacle sur leurs pellicules et n’emporteront pas le meilleur souvenir de notre ville. Si par cette action, on a insisté sur la nécessité d’instaurer un service de ramassage des ordures, on a aussi suscité un rejet. Certains considèrent l’acte comme une injure que l’on a faite à la statue d’un des plus célèbres héros de l’histoire de la Corse. (E.J)


8 Avril 1996 « Lozzi. Les Cent ans de Don Joseph Acquaviva, ancien de 14-18 »

Publié le 4 juin 2018 à 4:50

 Il est né le 29 mars 1896 à Lozzi. C’est dans son village natale, entouré de sa famille et d’une foule d’amis que M. Acquaviva a été dignement fêté, avec une messe d’action de grâce par l’abbé Alex Stra.

Gardien sourcilleux des valeurs ancestrales, il incarne ce que la Corse a de plus authentique. Homme de fidélité et de devoir, ce vénérable homme du Niolu est l’intégrité et la générosité même.

Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur il y a quelques mois par le lieutenant-colonel Jean Leca, au nom de sa conduite exemplaire durant la guerre 1914-1918. Le 24 mai 1917, envoyé en patrouille, sur sa demande, dans les lignes ennemies, il a rapporté des renseignements très précieux, puis fut blessé une première fois le 22 mars 1918 à Longueval et une deuxième fois le 30 juillet 1918 à Fiere en Coordenois.



21 Avril 1978: « La future université de Corte »

Publié le 31 mai 2018 à 11:20

Le ministère des Universités désignait M. Pierre Puccinelli comme architecte-concepteur de l’université de Corse.

Voici la note explicative accompagnant le projet « E » :

« Les éléments du programme font que l’université peut vivre sur elle-même, ce qui pourrait entrainer la création d’un véritable quartier, sans échange avec l’extérieur. Cela nous a semblé dangereux et néfaste pour l’ épanouissement des étudiants et pour l’agrément des Cortenais qui sont en droit d’attendre une animation culturelle de cette université. Nous avons voulu une université « ouverte » en profitant de la situation du terrain de Caraman.

Un cheminement naturel a été l’axe de notre composition. L’université s’organise d’une manière linéaire, depuis l’entrée principale, de part et d’autre d’une ruelle qu’elle franchit ensuite en un passage voûté, pour se lover autour d’une place qui dessert tous les éléments du programme. Un autre passage voûté traverse les parties réservées à la détente. Le cheminement franchit enfin la rivière par une passerelle qui débouche sur la zone sportive et les nouveaux quartiers.

Pour motiver encore plus la fréquentation de l’univers par les citadins, pourquoi ne pas créer sur place des boutiques de disquaires, papetiers, libraires ou tout autre commerce intéressant à la fois les étudiants et les citadins. Ainsi l’université deviendrait vraiment un quartier de Corte aussi vivant que les autres.

Nous avons ouvert les bâtiments principaux sur une orientation sud-est, sud-ouest. Grâce au dénivelé du terrain nous avons pu inscrire au premier plan les locaux d’enseignement d’assez faible hauteur pour laisser la vue dégagée sur la même orientation privilégiée.

En accord avec l’identité corse, nous espérons avoir atteint un peu ce but en retrouvant sur le dallage de la place, les toitures, la chaleur des matériaux traditionnels. Dans ce village qu’est l’université, chaque chambre d’étudiant donne sur la place, centre plein de charme avec ses différents niveaux, séparée par les fameuses murettes gardiennes de la plus sympathique tradition corse : les discussions sans fin entre amis. Nous espérons que les étudiants conserveront cette manière de vivre qui nous est propre et surtout le sens de l’hospitalité pour accueillir des étudiants du monde entier afin qu’ils connaissent et aiment notre ile." (François Cristiani)



27 Mars 1990: « Vivario : le pouvoir des femmes »

Publié le 24 mai 2018 à 10:05

 A Vivario, lorsqu’on veut s’adresser au premier magistrat de la ville, on dit Mme le maire. Il en est ainsi depuis 1965, date à laquelle Mme Duchesse Filippi succéda à son oncle. Si vous voulez prendre contact avec le premier adjoint, il faut encore dire Mme à  Félicité Guglielmi. Idem pour deux autres membres de l’équipe municipale, Marie-Thérèse Ucciani et Marie Delliaux. Sur quinze conseillers, ce n’est déjà pas si mal.

On ne passe pas par Vivario, on s’y arrête. Tous les habitués de la nationale 198 vous le dirons. C’est la pause idéale pour le repas de midi. Supposons que vous décidez de casser la croûte. C’est Mme Lilette Cirelli qui vous accueille au « Bar-restaurant des Amis », comme tous les jours depuis 1959.

Sans doute souhaiterez-vous faire une promenade dans le village. Au passage, vous saluerez l’épicière, Mme Chantal Bianchini, et vous apprendrez qu’elle est aussi le maire de Muracciole. Tiens ! Un tabac. Il est tenu par Mlle Chantal Deglieposti. Le cremier ? Une crèmière : Mme Marie-France Simongiovanni. Et un peu plus loin, la marchande de légumes, une Vivaraise d’origine anglaise, Mme Carole Albertini.

Si maintenant vous désirez faire provision de bonbons ou acheter quelques jouets, vous entrerez dans l’univers de Mlle Caline Menozzi. Continuons : le glacier est tenu par Mme Paula Lombardini et sa sœur, Mme Marianne Pasqualaggi, gère l’hôtel « Macchie Monte ». Si le lendemain, vous passez par la menuiserie, vous croiserez l’apprentie, Mlle Marcelle Roy. A la poste, trois femmes sont sous les ordres de Mme Monique Villot, receveuse.

L’écho du petit train vous tire d’une profonde méditation. Vos pas vous conduisent à la gare. Mme Viviane Ucciani commande la manœuvre. A l’autre bout de la commune, à Vizzavona, c’est Rosy Zagnoli qui procède aux mêmes opérations. Vivario, modèle réduit de ce qui sera peut-être un jour prochain la « cité des femmes ». (J-G Poletti -Photos J. Filippi)



28 Mars 1990: « Coupes claires à Valdu Niellu »

Publié le 21 mai 2018 à 4:15

Désagréable surprise pour les promeneurs se rendant à Valdu Niellu. Peu après la maison forestière, la futaie, si dense hier encore, se parsème régulièrement. Au-dessus comme au-dessous de la route, les troncs blessés jonchent le sol dans un fouillis de branche à moitié désséchées. Ça et là quelques arbres subsistent. On croirait qu’une tornade s’est abattue sur le Niolu. « Coupes sombres » : ce diagnostic vient immédiatement aux lèvres. Mais il n’est pas approprié. Il s’agit en fait de « coupes claires » consistant à créer des clairières, alors que les coupes sombres n’occasionnent que de modestes trouées.


Quoi qu’il en soit, ces coupes ont suscité une vive émotion. « C’est un ami qui m’en a parlé, raconte M. Nonce Grisoni, transporteur à Grisoni. Je suis monté en forêt pour me rendre compte. Objectivement, je suis scandalisé. Ce massacre doit être porté devant l’opinion publique. » Appels téléphoniques, lettres diverses confirment la chose. Certains Niolains sont formels : « On n’a jamais vu de tailles aussi importantes dans l’histoire de Valdu Niellu ».

En revanche, l’O.N. F banalise l’affaire. « Ces coupes claires ont pour fin de régénérer la forêt. Tous les arbres abattus sont vieux de 150 ans au moins. Il convient de les remplacer à partir de semences sélectionnées. Voilà pourquoi nous laissons, à intervalles réguliers, les arbres avec les plus belles ramures. Leurs graines vont reconstituer la forêt. Ce type d’opération est indispensable si l’on veut conserver une forêt en bonne santé », explique-t-on à la division de Bastia.

Pour mener à bien l’opération, la coupe se fait sur une zone peu accidentée. Les zones pentues sont traitées avec prudence à cause des risques d’érosion. Il semble pourtant que les sigantini ont eu la tronçonneuse un peu lourde : quelques pentes abruptes ont été mises à nu. Sur d’autres espaces, on cherche en vain les arbres destinés à l’ensemencement. En revanche, sur les endroits où la coupe claire est vieille de trois ou cinq ans, on s’émerveille de voir les jeunes pins pousser avec une vitalité stupéfiante.


Reste que ce « massacre à la tronçonneuse » bouleverse le paysage. « Il a fallu deux ou trois siècles pour faire cette forêt qu’on rase en une seule saison, proteste un vieux Niolain. Je veux bien croire que cet arbre va repousser encore plus beau, mais je ne serais plus là pour le voir, ni mes enfants. »


Aussi convient-il de procéder à des coupes un peu moins claires et plus éloignées d’une route dont les ombrages sont si superbes qu’on ne peut raisonnablement s’en passer. (Texte et photos : Nicolas Giudici)


11 Mars 1990 : « Crime sans cadavre à Corte » (La campagne de dénigrement de l'école des pilotes de Corte)

Publié le 17 mai 2018 à 6:40

Une stupéfiante enquête est en cours à l’école de pilotes de lignes. Police et gendarmerie sont sur la piste d’un meurtre sans cadavre identifié, sans disparition signalée. L’homme « envolé » serait un élève-pilote. L’enquête se fonde sur une lettre anonyme reçue dans un ministère parisien. L’affaire est plus sérieuse qu’il n’y parait.

Le paysage aérien mondial change à vive allure. Des lignes nouvelles s’ouvrent, des compagnies naissent, la guerre des prix fait rage, la réglementation gagne la France. Les compagnies commandent des avions à tour de bras et cherchent des pilotes désespérément. L’idée que ce charivari finirait par troubler le ciel cortenais était inimaginable. Or, nous en sommes là.

L’ouverture d’une filière « pilotage » à l’université a fait l’effet d’un « bang » supersonique dans le monde feutré des écoles de pilotes de lignes. Elles sont quatre en France à assurer cette formation. Les plus connues L’E.N.A.C et Jean Mermoz, se trouvent près d’Orly. Cette dernière joue un rôle non négligeable dans la génèse de l’affaire cortenaise.

« Ce qui a été reproché à Corte, note-t-on à l’université, c’est de jouer les empêcheurs de tourner en rond. En tant qu’institut public à but non lucratif, nous sommes moins chers que la concurrence. »

Pour avoir brisé la première le monopole des écoles privée, Corte est dans leur collimateur. Mais en septembre, d’autres universités devraient s’engouffrer dans la brèche. Aussi est-il capital que l’expérience cortenaise s’avère dissuasive en échouant immédiatement. Pour y parvenir, tous les moyens semblent bons.

En premier lieu, le dénigrement. « On a dit que notre enseignement serait de moins bonne qualité. Mais la présence d’enseignants de renom et la confiance d’une compagnie comme UTA ont contraint la concurrence à changer de disque. Ainsi est née la fiction de l’insécurité. »

Des pseudos menaces adressées par l’Ex-F.L.N.C aux étudiants à l’affaire du « crime sans cadavre », le fil est donc continu.

« Souvenez-vous du cas de la faculté de médecine, nous explique un cortenais. La première année qui devait être mise en place à Corte n’a jamais vu le jour, toujours en raison de prétendues pressions que l’ex-F.L.N.C aurait exercées sur les professeurs continentaux. Ce travail d’intoxication finit par payer. »

« Les plaintes absurdes d’une infime minorité d’élèves ont atterri à Matignon et même à l’Elysée. Le ministère des Transports et le ministère de l’Intérieur se sont inquiétés, explique-t-on à l’école. Seule UTA a eu une attitude responsable en diligentant une enquête conduite par le chef pilote de la compagnie. Résultat : la réputation de Corte a été rétablie et les élèves coupables de faire de l’intox sanctionnés. On croyait l’affaire close et voilà cette histoire de crime sans cadavre. »

Le responsable de l’école et le président de l’université ont cru rêver lorsque les enquêteurs ont requis leur aide pour élucider un imbroglio stupéfiant : une disparition sans disparu. Car, si tous les élèves pilotes sont bien vivants, une lettre anonyme, reçue dans un ministère parisien, où elle a été prise au sérieux, affirme pourtant que l’un deux a été tué ! Fort heureusement, pour conclure rapidement cette enquête, il suffit de compter les gens.

« La concurrence est une bonne chose. Mais tomber dans de tels procédés, c’est dégradant, explique-t-on à l’école de Corte. Parions que ce coup bas se retournera contre ses auteurs. Les magistrats détestent être outragés par des farfelus. »

L’affaire vient un peu tard pour bloquer le décollage de l’école de Corte : « Nous tablons sur 70% de réussite au concours contre 50% à la concurrence. Ce sera notre meilleure réponse. » (Nicolas Giudici)

 

21 Aout 1980 : « Courir à Torbia »

Publié le 16 mai 2018 à 9:20

Pour la première réunion hippique de la saison organisée par la société des courses de Venaco, que préside M. François Flori, le champ de courses de Torbia avait fait le plein. Un très nombreux public est venu assister à ce spectacle d’une très grande qualité.


10 Aout 1980 : « Les gardiens des refuges du Parc : sentinelles de la montagne en été »

Publié le 16 mai 2018 à 7:30

Depuis 1972, le P.N.R.C a établi et occupé progressivement le GR.20 de Conca à Calenzana. Dix refuges fonctionnent aujourd’hui sur le parcours. Les équipements d’hébergement en dur se termineront dans le courant de l’année avec la construction du refuge de Spasimata (Calenzana) et l’agrandissement du refuge d’Usciolu (Cozzano). La plupart de ces refuges sont « gardés » pendant la saison estivale par un personnel temporaire rémunéré par le Parc.

Au refuge de l’Onda, commune de Vivario, Saveriu Graziani, 63 ans, éleveur en retraite, joint l’utile à l’agréable. Ancien berger de l’Onda, il remonte sans ses stazzi de transhumance où il garde le refuge du P.N.R.C, s’occupant de l’accueil des randonneurs. Il est en outre efficace de par sa connaissance de la région. Connu dans les différentes foires rurales et sur les hippodromes pour son entrain, il respecte la célébration des fêtes et avec son compère berger, Jérôme Pinzutti, en organisant son petit feu d’artifice le 14 juillet. Cette originalité avait laissé penser il y a quelques années que les lueurs dans la montagne étaient celles provoquées par un randonneur en détresse !

Prochainement, le Parc aménagera une aire d’atterrissage pour les hélicoptères afin de faciliter les évacuations sanitaires. Le refuge Petra Piana (Venaco), voie est du Rotondu, est particulièrement fréquenté. Aussi la tâche de son jeune gardien Petru Giaccobbi (étudiant) est particulièrement difficile. Ce refuge est équipé d’un appareil émetteur-récepteur. Un incinérateur à gaz a également été installé pour éliminer les déchets laissé par de nombreux randonneurs.

Le jeune gardien souhaitait la vie au grand air. Il est comblé à 1842 mètres d’altitude, dans un des plus beaux massifs de l’ile ! (Texte et photos : Antoine Feracci)



17 Janvier 1986 : « Lumicorsi, premier fournisseur des églises, tient du miracle économique »

Publié le 8 mai 2018 à 8:40

Joseph Verdi fabriquait des cierges de façon artisanale pour meubler sa retraite. Rentré d’Afrique où il était électricien, son fils Antoine reprend le flambeau avec l’ambition de l’élever au stade semi-industriel.

Aujourd’hui, la ciergerie assure le marché local des églises avec 60 tonnes par an. Après étude de marché convaincante, la direction du Travail lui a accordé un prêt de 80.000F au titre de la création d’entreprise. Lumicorsi suit actuellement le chemin de sa bonne étoile. Constituée en S.C.O.P, l’entreprise Verdi compte cinq emplois et un projet d’extension. « Nous tentons d’acquérir un hangar de 400 mètres carrés et de s’installer au village, à Casanova di Venaco ».

Autrefois, le clergé passait commande à Nantes ou Cahors. Désormais, plus besoin d’attendre des semaines. Un coup de fil à Lumicorse suffit. Le prix du kilo (13F) apparait très avantageux par rapport aux vendeurs du continent. Derniers clients conquis : Calvi, Porto-Vecchio, Les Salines à Ajaccio.

Les plaque de paraffine, ce dérivé du pétrole, viennent d’ailleurs. Les mèches de cotons viennent des filatures de la région de Nancy. « Toutes les machines sont hydrauliques et fabriquées en Allemagne. Leur prix de revient se monte à 500.000F. » nous explique Antoine Verdi. Une machine suffit pour la production locale. Elle est capable de débiter 500 kilos de cierges par jour.

Il faut également diversifier les produits à base de paraffine. L’entreprise mise déjà sur le lumini, petite bougie contenue dans un gobelet rouge que l’on dispose sur la tombe des défunts. En Corse, le 1er novembre seul représente 400.000 unités qui, pour l’instant, viennent du continent ou d’Italie.

L’entreprise se tourne également vers la Sardaigne ou le Midi, là où il n’existe pas de ciergeries…(Jean-Pierre Girolami)



31 Octobre 1989 « Corte : la sépulture de Ange-Michel Filippini profanée ! »

Publié le 8 mai 2018 à 4:40

Parmi les plus belles sépultures qui ornent le cimetière cortenais, la plus imposante et la plus majestueuse est incontestablement celle qui s’élève au bout de l’allée centrale, érigée après une souscription nationale à la fin du 19ème siècle en l’honneur de Ange-Michel Filippini.

Cette année, une des familles descendantes, les Orenga de Gaffory, a fait entreprendre des travaux pour nettoyer les alentours. Hier, en pénétrant dans le vaste monument, les personnes chargées des travaux ont eu la bien mauvaise surprise de constater que le cercueil où reposait l’ancien diplomate avait été brulé. La bière était placée dans un catafalque.

Des individus mal intentionnés ou croyant trouver des objets de valeur, ont mis le feu au cercueil qui a été totalement détruit. Bois, plomb ainsi que la dépouille mortelle ont été la proie des flammes.

Il ne reste plus que le médaillon qui ornait le cercueil.

Les Cortenais connaissaient bien cet imposant monument mais peu de choses sur celui qui y reposait aux côtés d’autres membres de sa famille dont Gabriel Padovani (1883-1952) qui fut ambassadeur de France au Honduras.

Fils d’Horace Lipini et d’Appolonie Gaffory, il est né en 1834 à Corte. Avocat, il est devenu membre du parti républicain en 1860. Il est élu conseiller général de la Corse et secrétaire général de la Préfecture de Corse en 1871. En 1877, il obtient un poste de diplomate en Egypte. Il revient ensuite en France où il exerce dans les Pyrénées, dans la Manche et la Loire. Il devient par la suite administrateur civil de Conchinchine. Une rue de Saigon porte son nom. Il y meurt à la suite d’une maladie brutale. Sa dépouille mortelle arriva en locomotive dans notre cité. En connaissant la vie de cet illustre homme, on ne peut que blâmer encore plus sévèrement cette violation qui humilie l’Histoire et notre patrimoine. (Etienne Jacquemin)



5 Octobre 1989 : « La montagne a tué »

Publié le 5 mai 2018 à 8:05

Tragique fin de vacances pour un groupe de douze randonneurs originaires de Suisse qui effectuaient un séjour de quelques jours exclusivement consacré à des courses dans la haute-montagne corse.

Point d’improvisation pour ce groupe de Zug mais une préparation physique avant les courses, toujours avec un guide de haute-montagne chevronné.

Après avoir passé la nuit au Niolu, un premier groupe de 9 personnes s’est constitué pour l’ascension de la Paglia-Orba (2525m) et l’autre, de 3 personnes pour l’ascension du Monte-Cinto (2706m) par la voie classique.

Il était cinq heures lorsque le premier groupe partait du camp de base installé à la « grotte des anges » près de Calasima pour une marche d’approche qui les a conduit vers 8h30 au pied de la Paglia-Orba. La première équipe avait à sa tête Puis Faehldrich, guide de haute-montagne connaissant les différentes voies menant au sommet. Il choisit la « voie Finch », du nom de celui qui en fit la première ascension le 15 avril 1909 avec quelques compagnons. Cette voie est qualifiée d’historique par Pierre-Jean Pietri, le meilleur spécialiste de la région, nécessite de la part des alpinistes l’utilisation astucieuse des faiblesses d’une paroi particulièrement rude. Il la qualifie également de très belle voie, malheureusement balisée comme un GR par diverses marques orange et détritus.

La première cordée franchit le premier obstacle alors que plus bas quatre autres alpinistes attendent leur tour. Certains sont déjà encordés, d’autres pas.

Pour franchir une cheminée, le guide et d’autres alpinistes commencent l’équipement de la voie et font monter le matériel avec des cordes. Un sac s’accroche malencontreusement à des pierres qui dévalent. Erik Treichler, 45 ans, confiseur à Zug, est heurté à la face par un bloc de pierre. Non encore encordé et sans casque de protection, il bascule dans un ravin, rebondit de rocher en rocher avant de terminer sa chute une centaine de mètres plus bas où il sera tué sur le coup.

Près de lui, son compagnon Rolph Hegglin, 54 ans, déjà encordé, bascule simultanément sur 10 mètres avant d’être retenu par un de ses camarades qui le tiendra suspendu dans le vide avant de l’assurer. Gravement blessé au visage, il perdra connaissance jusqu’à l’intervention des secours. Il est sorti de sa fâcheuse posture.


Vers 11 heures, les gendarmes de la brigade de Calacuccia, sous les ordres du chef Cochet, lancent les opérations à l’aide de l’hélicoptère de la gendarmerie de Corte.

Comble du malheur, dans le second groupe parti en direction du Cinto se trouvait l’épouse de l’alpiniste décédé. Ce sont les gendarmes qui lui ont appris la terrible nouvelle. (Antoine Feracci)


9 Septembre 1965 : « A la foire de la Santa di u Niolu, j'ai entendu le dernier carré de la Corse qui se meurt »

Publié le 24 avril 2018 à 1:20

L’eau est tombée en abondance sur tout le relief du Niolo. Une chappe humide a noyé les montagnes, les vallées, du village.

A Casamaccioli, parmi les forains arrivés depuis deux jours, s’était insinué un petit vent de panique. Ce mercredi 8 septembre allait-il leur échapper ? Car ils savent, les forains, ce qu’il en coûte de voir se gondoler sous les trombes d’eau les toiles de leurs frêles constructions à l’intérieur desquelles ils ont disposé des marchandises qui valent par le bénéfice qu’elles rapportent, le pesant travail d’une saison. Et la pluie, cela veut dire le vide devant les baraques, le vide aussi dans la caisse.

Marchands de pipes, détaillants en chaussures, débitants de casse-croûte, restaurateurs d’un jour, diseurs de bonne aventure, échangeurs de jetons improvisés, avaient donc des raisons de nourrir quelques inquiétudes en observant là-haut, les fourches granitiques des « Cinq-Moines » figés pour l’éternité et se laissant dévorer le menton par un lourd nuage qui s’effilochait doucement comme une barbe passée au « rastellu ».

Mais ils avaient confiance, car ici aussi, la Vierge fait toujours des miracles. « Jamais, prétend un dicton, une goutte d’eau n’a mouillé la cape dorée de la Santa, le jour du 8 septembre qui est celui où nous la vénérons… »


Le miracle a eu lieu. Ce matin, une aube resplendissante s’est levée sur le Niolo. Le Cinto, la Paglia Orba dressent, orgueilleux et superbes, dans un azur bleu-pastel, leur masse impressionnante de granit. Bien plus bas, à 900 mètres d’altitude, Casamaccioli, dont la population est brusquement passée de 400 à 8000 habitants, remercie de cette grâce le ciel et la Vierge. La Vierge trône devant l’église, petite statue en bois, sans prétention. Chaque année à la même date, ils viennent en foule lui dédier des fleurs, des cierges, lui confier mentalement leurs peines. Et c’est alors un grand souffle de foi qui passe pendant la procession sur laquelle semble flotter, tellement elle est légère, la Santa de bois, de stuc, aux couleurs bleues, or et pourpre, que des siècles ont à peine altérer. Près de 80 hommes appartenant à la confrérie ont passé la robe et l’aube blanche. De l’église à la place où va s’enrouler et se dérouler la « Granitola », il y a une centaine de mètres à peine. Des chants, des mouvements, des bannières qui passent et repassent ; des milliers de visages attentifs et curieux. La « Granitola » semble porter la Santa sur une vague humaine qui petit à petit devient fluide, se disloque et s’en va dans toutes les directions.

La procession a lieu le matin, ce qui permet de libérer l’après-midi, réservé à des distractions….disons, beaucoup plus terrestres. M. Luciani, maire de Casamaccioli a eu de l’occupation pour donner aux fêtes l’éclat désirable. Huit mille personnes se sont déplacées, cela fait un sacré nombre de voitures qui ont emprunté la Scala de Santa Regina. 1300 véhicules ont été contrôlés à l’arrivée. Tous ont pu trouver un indispensable parking non loin des stands et des baraques de la foire.

La foire ! L’œil cherche vainement à découvrir quelques vestiges des foires d’antan, dans ce caravansérail de provisoires boutiques. On trouve des stands de tir, des panoplies de couteaux, des bancs lourds de pacotille de bazar ! Sous les châtaigniers, il y a aussi des roulettes. « Rien ne va plus. » Les jetons tombent sur le tapis vert. Le cinq a gagné.

Je rencontre un homme d’une taille démesuré (une vraie taille de niolin). Il porte pantalon de « frustanu » et veste de velours à la chasseur tarabiscotée sur les épaules. Son nez semble fuir dans sa moustache. Je lui demande :

-« Mais où sont les foires d’antan ? »

-« Vous n’êtes pas d’ici, ca se voit. Vous sauriez que la foire aux bestiaux, c’est fini. On a vendu trois ânes, ce matin. Ce n’est plus la foire aux mulets, c’est la foire aux chevaux-vapeurs ! Vous voyez ici, ces gros châtaigniers ? Il ont tenu plus d’animaux avec les laisses qu’il n’y a des jours dans cinquante années. C’était le bon temps comme on dit. Aujourd’hui, on vous fat manger, par exemple, du couscous pour le déjeuner ! Nous c’était prisuttu, coppa, cagiu niulincu et binu di Ponte Leccia ! »

Il y a beaucoup d’affiches à Casamaccioli. Zavatta s’en arrive ce soir au pays du Niolo tâter des possibilités locales à se dilater la rate. Il y a aussi Regina et Bruno, Pascal et Dominique. Il y a la « Paghella », groupe folklorique corse de Paris qui vient prolonger sa croisade régionaliste sous les châtaigniers avec une comédie de Vattelapesca.

Mais ce que j’ai voulu entendre surtout, c’est le dernier carré de la Corse d’hier. Des poètes, des improvisateurs. Une race qui s’éteint. Une poignée qui veut encore brandir le flambeau d’une langue qui n’arrive pas à fédérer toutes les bonnes volontés.


M.P-L Albertini, président de « Parlemu Corsu » et Elia Papa d’Acci vont orchestrer les joutes oratoires après avoir décidé quelle lyre sera la meilleure. La baraque choisie pour cette manifestation est petite. Elle me semble à l’image d’un passé qui s’en va, malgré le talent des participants, malgré tous les trésors d’imagination et de nuance qui forcent à croire qu’une richesse aussi spirituelle doit pouvoir franchir les siècles pour garder à la Corse son visage. Qu’ils sont beaux ces accents qui chantent une terre vouée à un nouveau destin. Qu’elles sont méritoires les dernières batailles que se livrent le passé et l’avenir. Seulement écoutez : tout près, un forain en retard sur l’appétit donne de la voix pour liquider la dernière poupée qui lui reste et cela fait rêver au pays de la poésie. N’est-ce pas cher Peppu Flori ? (François Guarnieri -Photos Mars)


9 Septembre 1965 : « Vivario a choisi la voie du progrès et du bien-être »

Publié le 22 avril 2018 à 11:50

Dans les récentes élections municipales de mars, Vivario est l’une, parmi la dizaine de communes corses, à s’être donné une femme pour maire : Mlle Duchesse Filippi. Elle doit son fauteuil de premier magistrat au choix de son frère, M. Paul-Laurent Filippi. Celui-ci s’est en effet distingué, en ce dimanche 14 mars 1965, en faisant triompher deux listes dont il était le chef de file : l’une à Lento, dans son fief du canton de Campitello, l’autre à Vivario, d’où est originaire sa famille, laquelle a donné de nombreux maires à la commune. En optant pour Lento, le docteur Filippi a donné à sa sœur le siège qui lui revenait à Vivario.

Elle administre la commune avec la collaboration de son premier adjoint M. Paul Sinibaldi, qui arbore à sa boutonnière la rosette de la résistance. Le président fondateur de la Jeunesse Sportive Vivaraise va désormais orienter une partie de ses efforts vers la création d’un stade à Tattone. Tattone, administré par M. Jean-Baptiste Marietti, a vu la chance lui sourire lorsque fut enfin décidée la construction du sanatorium de Tattone. Plusieurs jeunes gens de Vivario ont alors abandonné tout projet d’exode : le « sana » leur apportait une place d’embauche qu’ils courraient chercher ailleurs.

Vivario voit sa population doubler durant la belle saison : on y revient, souvent de très loin, goûter la fraicheur des nuits estivales et venir contempler, le temps d’un congé, les paysages rupestres du « Vecchio ». Cette rivière attire particulièrement les amateurs de truites qui viennent les traquer dans les gorges sauvages de Canaglia, la mal nommée. C’est aussi le rendez-vous des chasseurs. A la fin de l’été, le perdreau et la bécasse viennent flirter sur les pentes dominées par la vieille tour gênoise, où Lorenzo de Bradi avait fait vivre les personnages d’un de ses romans. Vivario possède sa société de chasse : « La Diane Chasseresse ».

La fontaine de Diane est la plus belle du village, « celle où coule la meilleure eau » affirment fièrement les Vivarais, qui ont d’autres sources à vanter : « Gatti Suprana », « Sumero », « Fontanello ». De l’eau à distiller au pastis. Car si Venaco a ses fromages, Vivario a ses distilleurs : Tardy, Pantalacci, Filippi, des noms familiers aux amateurs de cet apéritif, c’est-à-dire un peu tout le monde en Corse.

Mais il n’y a pas que l’eau de source : il y a aura bientôt, vers la fin d’octobre, nous a affirmé M. Paul Sinibaldi, l’eau potable aux robinets. Jusque-là, le maigre débit ne suffisait pas à alimenter tout le village. L’eau était coupée à certaines heures et dans certains quartiers pour la donner à d’autres. Ce problème majeur sera bientôt réglé. La municipalité a confié à l’architecte Gour le projet d’adduction d’eau. Les travaux ont été effectués sous la conduite de M. Quastana, ingénieur du génie rural, par l’entreprise Pierre Pietri, de Bastia. Celle-ci a terminé, à la fin du mois dernier, la construction d’un réservoir de 200.000 litres, ainsi que la pose de deux canalisations d’amenée, l’une des deux servant de réserve.

Autre projet : l’alimentation en eau potable du hameau de Tattone, projet adopté et approuvé en septembre 1962 par l’autorité préfectorale. De plus, la réorganisation de l’enlèvement des ordures ménagères est en projet. La commune est parmi les plus propres de l’ile. Autre projet à venir ; la construction d’une salle des fêtes avec toit amovible ou bien la création d’un groupe scolaire à Tattone, obligation impérieuse depuis la mise en service du sanatorium.

Côté restauration, le vieil hôtel Mareschini conserve sa renommée et fait toujours le plein. Idem pour le relais routier Cirelli, qui a une carte recherchée. Vivario sait retenir le touriste. A la croisée des chemins, le village a choisi la voie du progrès et du bien-être. (Mario Mattei- Photos : Wickelson)



4 Septembre 1965 : « Johnny et Sylvie sourds aux charmes de Pietroso »

Publié le 22 avril 2018 à 10:50

 « Pietroso, commune pilote de la Corse, Pietroso, capitale corses des variétés, accueille ce soir, après Enrico Macia, une autre grande vedette de la chanson, mon copain, notre copain, le roi des copains. »

C’est ainsi que M. Antoine Pagni a présenté, ce jeudi soir, Johnny Hallyday au public massé sur les gradins de l’amphithéâtre à ciel ouvert de Compagnonville de Pietroso et à l’ovation d’une foule impatiente, aux premiers rangs de laquelle on remarquait la présence du sous-préfet de Corte, du Dr Rocca-Serra et de M. Duluc, directeur à la préfecture de la Corse…

Il était 0h30 et le gala venait à peine de commencer. Tony Valéry, promu aux fonctions de présentateur avait encore à accueillir sur le podium quelques-uns des artistes qui avaient répondu à la sollicitation de M.Pagni. Mais l’idole, surmené, ayant émis le désir de passer le plus tôt possible, le gala cessa faute de public après Johnny Hallyday.

Johnny Hallyday que Sylvie Vartan avait rejoint sur le podium pour recevoir des mains de M. Pagni les diplômes qui les faisaient, lui citoyen d’honneur, elle, marraine de Compagnonville.

A l’issue du spectacle qui avait permis à un Johnny au talent indéniable de dire sa sympathie aux « pieds-noirs », un diner aux chandelles réunissait artistes et invités à Vezzani dans la villa de M. Pagni.

Un diner qui s’est terminé à l’aube par le départ mouvementé des « copains ». Excédés par la fatigue d’une tournée épuisante, M. Starck, l’impresario de Johnny Hallyday, et les musiciens, refusèrent de loger à Venaco, préférant gagner sur l’heure Calvi d’où la troupe pouvait s’envoler à 15h.00 pour Marseille. Mais les véhicules de la caravane étaient insuffisants pour transporter tout ce monde, d’où accès de mauvaise humeur, échange de propos désobligeants. Johnny y mit fin en organisant lui-même le départ…et sourd aux charmes de Pietroso il s’empressa de prendre place avec Sylvie dans la petite voiture de leur ami leur docteur Michelangeli.

C’est aux environs de 5h du matin que Johnny et Sylvie arrivèrent en compagnie de leur suite (18 personnes) à l’hôtel de la Pietra à L’Ile Rousse. Un groupe de fans de moins de 16 ans assiégea l’hôtel.

A 14h30, le couple Smet s’engouffra rapidement dans un taxi qui les conduisait à Sainte-Catherine, suivi par une trentaine de jeunes admirateurs. Nos deux idoles se sont gentiment prêtées à la traditionnelle cérémonie des autographes avant leur vol.

Une dizaine de jeunes filles ont dû rêver la nuit dernière… (Photo J-J Filippi)



17 janvier 1960 : « Corte : le futur groupe scolaire »

Publié le 22 avril 2018 à 10:10

300 millions sont prévus pour mener à bonne fin ces travaux. Située en bordure de la rue colonel-Ferracci, cette réalisation est toute à l’honneur de ceux qui l’ont entreprise. Corte espère son inauguration en 1961-1962. (Photo M.Filippi)


2 Novembre 1982 : "Corte : Pierre-Jean Memmi executé en plein cours Paoli"

Publié le 4 avril 2018 à 5:30

M. Pierre-Jean Memmi, 63 ans, a été tué hier à 19h30, en plein cours Paoli, par une balle tirée à bout touchant à la nuque. Il sortait du café du Trésor où il venait de faire une partie de belotte, après avoir bu un pastis avec ses partenaires. Il a rangé ses lunettes dans une poche de sa veste et est parti. Il avait fait à peine une cinquantaine de mètres, de sa manière nonchalante, les mains derrière le dos, pour se rendre à son domicile place Padoue, lorsque, à la hauteur du 12 cours Paoli, entre la pâtisserie ‘Le Poussin Bleu’ et le restaurant ‘Le Bip’s’, un homme l’a suivi à moins d’un mètre puis lui a pratiquement collé le canon de son revolver sur la nuque avant de presser une seule fois sur la détente. La balle est ressortie sous l’œil droit de Pierre-Jean Memmi. Le tueur a ensuite emprunté une ruelle et est parti dans une Simca de couleur orange. La scène s’est déroulée sans témoins. Dès que la détonation a été entendue, de nombreuses personnes se sont précipitées dans la rue. Le dr Mary et l’inspecteur de police Fabiani se sont rendus sur les lieux moins de cinq minutes après les faits.

L’assassin a dû l’agripper d’une main et de l’autre faire feu en lui plaquant l’arme derrière la nuque. Il s’agit là d’une explication corroborée par la position de son corps : la face contre terre, les bras le long du tronc, les paumes tournées vers le ciel…

Pierre-Jean Memmi, né le 26 avril 1919 à Corscia, était le frère de Louis Memmi, assassiné le 10 septembre 1981 devant son domicile situé au restaurant ‘L’Oliveraie’. Louis Memmi, que l’on considérait comme un juge de paix du milieu, était très connu en Corse et sur la Côte-D’Azur. Les mobiles de son exécution demeurent encore mystérieux. Son frère Pierre-Jean, retraité du bâtiment, père de deux enfants, était un homme plutôt discret. La famille, originaire du Niolu, était stabilisé depuis de nombreuses années à Corte où elle possède de nombreuses propriétés. Etait-il sur le point d’identifier le meurtrier de son frère ? A-t-on voulu abattre l’ainé d’une famille pour détruire un symbole ou un patriarche ? Les mobiles de cette deuxième exécution seront difficiles à établir. Cet assassinat a causé un grand émoi au sein de la population.