Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

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3 juillet 1972 : « Les clés vagabondes de Centuri »

Publié le 24 novembre 2018 à 6:05

 A l’extrême pointe de l’ile, une sorte de bout du monde : Centuri. A l’entrée du village se trouve un château des Mille et une Nuits, bâti par le comte Cipriani, dont les parents avaient fait fortune en Amérique du Sud. En bas, la « Marine » et son port miniature. Les maisons de pêcheurs sont couvertes de dalles de pierre verte, la Serpentine.

Un nouveau chapitre s’est ouvert le 6 mai 1971 pour le village. Ce jour-là, la liste emmenée par M. Victor Lorenzi recueillit plus de suffrage que celle du maire en place, le Dr Napoleoni. Centuri venait de choisir une nouvelle destinée. Trois jours de scrutin avaient été nécessaires. Les coups de théâtre abondèrent avant l’élection de M. Victor Lorenzi, qui avait décidé de donner à son frère le fief de Morsiglia pour briguer la mairie de Centuri. « A peine pour deux ou trois ans », avait-il précisé. Le temps de faire du village un petit Saint-Tropez et remettre à flot ses finances. »

Pour atteindre cet objectif, il conclut une alliance avec les membres d’une troisième liste, plus encline à combattre le Dr Napoleoni que lui-même. Mais les ralliés à l’ancien maire de Morsiglia signifiaient que le « oui » à M. Lorenzi n’est nullement un « quitus à un diktat ».

Une majorité de suffrages vint officialiser cette union en mai 71. Mais la lune de miel fut de courte durée. Dès le mois d’aout, 6 des 11 conseillers municipaux (la majorité;), emmenés par le premier adjoint, M. Pierre Carrara, désapprouvent la gestion communale de M. Lorenzi. De propos aigre-doux on en arrive à un échange de lettres recommandées. Rien ne va plus…

La « guerre des serrures » intervient. A trois ou quatre reprises, la serrure de la mairie, une vieille bâtisse délabrée, située à la sortie du hameau d’Orche, sera changée. Mieux : un beau jour, les registres des délibérations, des arrêtés municipaux, du budget communal, de la liste électorale, disparaissent. L’adjoint supplémentaire, répondra à Me Poggi, huissier de justice, venu constater la chose : « Vous le savez bien, tous ces documents ne sont pas tous à la mairie ! »

Puis M. Pierre Carrara et ses amis occupent la mairie pendant trois jours et trois nuits, afin d’obtenir le libre accès au bâtiment communal. Ils obtiennent satisfaction sur intervention du sous-préfet de Bastia.

M. Victor Lorenzi porte plainte auprès du procureur de la République contre son premier adjoint pour « occupation abusive de la mairie, entrainant le désordre dans la commune. » Il ajoute que « lors d’une précédente occupation, les gendarmes sont intervenus et que des bagarres ont eu lieu ». Et M. Lorenzi de conclure : « Actuellement, je me trouve sans la clé de la porte de la mairie. » Si bien qu’on ne savait plus qui fermait la porte à qui. Les uns et les autres étaient tour à tour suspects ou innocents. Les enquêteurs avaient par moments l’impression de se trouver face à cette image de l’infini : le serpent qui se mord la queue. Le seul à se frotter les mains étaient le serrurier du coin. A ce train-là, il allait manquer de serrure…

Et puis, au début du mois dernier, la confusion atteint son point extrême avec le départ de M.Lorenzi qui décide d’aller passer ses vacances à Villard-de-Lense (Isère). La mairie est d’abord fermée. Un écriteau en indique la raison : « Le maire est absent. » Les candidats au mariage iront officialiser ailleurs leur union, les naissances seront éventuellement enregistrées à Bastia et les vieillards à l’article de la mort, ne voulant pas compliquer les choses, se retiendront de mourir.

Une pétition réunissant 101 signatures est adressée le 15 juin dernier au sous-préfet de Bastia qui reçoit peu après M. Carrara.


Le porte-drapeau de l’opposition est un homme énergique. Il a 28 ans et un physique avantageux. Ses propos tiennent déjà du routier politique. A l’heure où nous écrivons, l’un de ses partisans est passé de l’autre côté. L’opposition n’a plus de majorité. « Je demande que tous les documents essentiels à la gestion réintègrent la mairie et que me soit remis le courrier pendant toute la durée d’absence du maire. Enfin, que des sanctions soient prises pour mettre un terme à toutes les irrégularités qui ont été portées à la connaissance des autorités. » (JC Lanfranchi)


23 juillet 1978 : « Des nudistes badigeonnés au minium près de Porto-Vecchio »

Publié le 22 novembre 2018 à 2:45

 Qui a oublié les actions menées dans le Cap Corse par le commando de peintres sous la décision d’un élu ? Ou bien l’opération décidée par les édiles de Pianottoli puis d’Olmeto.

Un mini-commando a décidé d’agir du côté de Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. Vendredi, 15h00. Est-ce la température caniculaire qui incite des vacanciers à se promener « toutes voiles dehors » sur la plage de Pinarello ? Pour des baigneurs de la région, souvent en famille, certaines parties d’anatomie pourraient aller se faire voir ailleurs.

Fers de lance de ce mouvement assez général, deux jeunes gens d’une vingtaine d’années sont donc passés à l’action à l’aide de pinceaux. Tant pis pour ceux qui n’avaient pas eu le temps de cacher l’objet du délit ! Celui-ci était badigeonné à la peinture orange au minium, réfléchissante la nuit.

Un nudiste n’a pas apprécié les motifs peints sur son anatomie la plus intime. Il est allé les présenter aux gendarmes de Solenzara qui ont pu constater leur caractère assez indélébile…

Il s’agit de M. Michel Khon, 34 ans, ingénieur employé par I.B.M, domicilié à Chennevière, qui a déposé plainte.

Cette affaire rappelle qu’il convient d’examiner le problème avec nuance. D’une manière générale, la population saine s’estime seulement agressée lorsque la provocation est évidente. Sur une plage fréquentée par des familles ou des enfants. Relâchement de mœurs ou pas ! Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut fustiger ceux qui, au nom de la liberté, opposent, aux tabous de la religion et de la morale, les leurs, souvent indécents. Il faut comprendre la fureur de certains baigneurs qui ont affirmé avoir vu récemment, sur le sable de Verghia, un couple se livrer à des ébats liés à la libération sexuelle.

De la même manière, il est difficile de suivre ceux qui mobilisent leur goût de l’action contre des naturistes enhardis par le caractère sauvage et isolé de certains coins.

La liberté des uns finit là où commence celle des autres. (JC Lanfranchi)


21 octobre 1978 : « Au tribunal : Son équipe était en mauvaise posture...il tire sur le ballon »

Publié le 8 novembre 2018 à 2:25

 Il est des fois où la réalité rejoint la fiction. Voulant éviter à tout prix à son équipe le déshonneur d’être menée à la marque, un supporter n’a rien trouvé de mieux que de tirer sur le ballon rond. Fine gâchette, il fit mouche avant que le ballon finisse au fond des filets ! Mais l’affaire sur laquelle les juges de la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance avaient à se prononcer hier ne s’arrête pas là. Ajoutant au comique de la situation, les déclarations de l’arbitre affirmant « n’avoir rien vu » et la disparition de la boule de cuir à l’arrivée de la maréchaussée…

« Un spectacle de cinéma digne des meilleurs classiques », dira le bâtonnier Me Trani, posant ainsi le problème de son client, un jeune homme dont le comportement immature est à l’origine de plusieurs condamnations. Dans son exaltation, Jean-Marie L. s’est servi d’une arme de quatrième catégorie, un 7,65mm, pour laquelle il ne possédait aucune autorisation de détention.

« C’était un pistolet d’alarme » s’exclame le prévenu à l’adresse du président Eon.

Selon des témoins, le prévenu était dans un tel état d’excitation qu’il fallut le ceinturer pour l’empêcher de faire des bêtises. Mais la solidarité calenzanaise veillait les destinées du ballon stoppé en pleine course. Si le but avait été atteint, il n’avait pas été marqué. Et pour le supporter en déplacement à Murato, l’intervention était digne du coup de maitre.

M. Etienne Riolacci, substitut du procureur de la République, ne saurait partager ce point de vue. « Les faits sont établis. Je requiers contre l’accusé une peine d’emprisonnement ferme. »

Au cours de sa plaidoirie, Me Trani replacera l’affaire dans son contexte, celui d’un match de foot « dont l’enjeu, en ce dimanche 23 avril 1978, passionna autant Jean -Marie Lucchetti que les autres supporters calenzanais. Celui qui a toujours comparu devant le tribunal pour des faits relevant principalement de l’espièglerie et de l’enfantillage, a été suffisamment maladroit pour venir armé sur un stade. Lorsqu’il vit les avants de Murato menacer le gardien de but de Calenzana, son sang ne fit qu’un tour. »

Insistant sur le côté psychique de l’inculpé, le bâtonnier sollicita pour son client « la plus grande compréhension. » Jugement : trois mois de prison et maintien en détention. (Marc Pantalacci)


7 Aout 1984 : « La statue de Jérôme Bonaparte jetée au bas de son socle par des vandales »

Publié le 6 novembre 2018 à 6:45

 Ce matin, des habitants venaient constater qu’un acte de vandalisme et de malveillance avait jeté en bas de son piédestal l’une des statues du monument. La chute a fait un bruit assez fort pour faire sursauter les riverains de la place du Diamant. Il était environ 4 heures du matin. Jérôme souffre d’un enfoncement de la boîte crânienne.


Les statues ne sont pas fixées, elles sont simplement posées sur leur socle. Elles adhèrent grâce à leur poids de l’ordre de 250 à 300 kilos. En ville, les vieux Ajacciens ressentent ce geste comme une offense personnelle et essayent de préjuger d’où pourrait provenir le mauvais coup…(M.A)



27 Juillet 1996 : "La triste fin d'un baleineau"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:15

Ce rorqual de 12 mètres  a été éperonné par le Danielle Casanova.


3 Septembre 1984 : "Un vol en hélicoptère à 92 ans"

Publié le 29 octobre 2018 à 4:45

Mme Padovani, 92 ans, a voulu voir sa Balagne du ciel. Résidente à Santa Reparata, elle était accompagnée de sa fille Hélène et par le pilote Alain Verdier.

« C’est merveilleux » a-t-elle conclu. Le secret de sa forme : « Avoir beaucoup d’amis, ne faire de mal à personne et vivre avec les jeunes » (Photo Guizol)


13 juin 1971 : « Sartène : poursuivi par un taureau à 85 ans »

Publié le 20 octobre 2018 à 0:25

 M. René Brondel et sa charmante épouse forment un couple qui démontre que l’on a l’âge de ses artères. M. Brondel, ingénieur, à 85 ans. Au volant de sa voiture, il a parcouru notre ile. Il a pris plus de mille diapositives qui illustreront les conférences qu’il donne pour faire aimer notre pays.

Descendu à l’hôtel des Roches, il a visité les monuments mégalithiques et les églises de la région.

A Santa Lucia di Tallano, c’est le dynamique M. Bernardini, le maire, qui a tenu à leur servir de cicerone. Mme Géromine Taffanelli, 95 ans, la doyenne, a posé pour les photos avec la classe d’un modèle professionnelle.

Une seule ombre au tableau : sur la commune de Zoza, un taureau furieux a chargé M. Brondel qui a dû retrouver ses jambes de 20 ans.

En Palestine, il avait été pourchassé par des femmes voilées qu’il avait photographiées. Le photographe a trouvé l’épisode du taureau moins dangereux que l’autre.


30 décembre 1977 : « Ajaccio : une fontaine qui mousse

Publié le 16 octobre 2018 à 10:40

 Elle n’arrête pas de faire des bulles, cette fontaine de la place de Gaulle, dans laquelle d’aimables plaisantins pour les uns, de tristes vandales pour d’autres, ont jeté l’autre soir suffisamment de détersifs pour faire couler dans le parking municipal souterrain une marée de mousse. Il a fallu faire appel aux pompiers pour dégager cette marée blanche.


Le maire, M. Ornano, livre son point de vue : « L’incident a entrainé des dommages tant au parking qu’aux voiture qui y étaient garées. Je tiens à m’élever contre ces actes de vandalismes qui, faisant fi des efforts consentis par les Ajacciens pour l’amélioration de leur cadre de vie, sont le reflet d’une inconscience sans bornes de la part de leurs auteurs. Il est déplorable que des individus irresponsables que des individus prennent un malin plaisir à détruire ce qui a été fait la veille. Il est temps que chacun prenne conscience que la qualité de la vie collective suppose un minimum de civisme et de respect du bien commun. »


21 novembre 1990 : « Course à la vache à Ajaccio »

Publié le 3 octobre 2018 à 13:15

 Hier, les pompiers et policiers d’Ajaccio se sont transformés en cow-boys. Tout ça parce qu’une vache de la région d’Alata avait décidé d’aller saluer la statue de l’Empereur.


Une vache déambulant sur le cours, ça fait désordre ! Ajaccio a vécu deux heures totalement surréalistes. Il fallait voir la mine ébahie des habitués des terrasses de bar. Nombre d’entre eux ont juré qu’ils ne toucheraient plus à un verre de pastis ! L’animal a fait une halte sur la place Abbatucci devant les étals des fleuristes. Elle a ensuite remonté le cours Grandval au pas de course, talonnée par des automobilistes impatients.

Scène de course à la coquarde en bas des jardins du Casone. Il ne manquait plus que Guy Lux et une piscine pour que la fête soit complète ! L’animal a décidé que la ville était un endroit peu intéressant, peuplé de gens agressifs…et elle a fait demi-tour, direction les sept ponts et la campagne. Arrivée à hauteur du Casarecciu, elle a été maitrisée par les pompiers qui lui ont enlevé toute velléité en la ligotant à un arbre. Elle a ensuite été restituée à son propriétaire…qui craignait fort que cette équipée ne lui ait tourné le lait. (I. Luccioni)


29 Octobre 1967 : « Les bergers en procession à Catteri afin que vienne la pluie »

Publié le 1 octobre 2018 à 7:15

 Après Sant’Antonino, Avapessa, c’est à Catteri que l’on devait avoir recours à une très ancienne tradition remontant au siècle dernier.

Les éleveurs de Balagne se sont tournés vers le ciel pour obtenir une grâce…Ainsi ils ont imploré hier soir le saint crucifix des Miracles que la ferveur populaire honore en Balagen. Le crucifix fut porté en procession pour que la pluie tombe enfin sur une région brulée par le soleil. Dès 18 heures, alors que la nuit tombait sur le village, une animation inaccoutumée régnait sur la place de l’église tandis que le carillon des cloches se répercutait en échos. La petite chapelle qui abrite l’énorme statue du saint Crucifix avait ouvert toutes grandes ses portes et les petites lumières des cierges, allumés par de pieuses mains, scintillaient comme des dizaines et des dizaines d’étoiles.

Bientôt la procession se formait à la sortie de l’église et se dirigeait vers la chapelle où une foule nombreuse attendait.

Tous les bergers du village, à l’air grave et pensif pénétraient à l’intérieur de la chapelle et à bras prenaient le lourd Crucifix des Miracles. Seuls les octogénaires se rappellent l’avoir vu porter en procession en pareille circonstance une seule fois avant 1900. Le doyen du village sonnait la « ciccone » et la statue du Christ était portée de la chapelle à l’église. Le ciel s’était couvert de lourds nuages sombres, alors que l’on ne cessait de jeter vers lui des regards implorants, espérant enfin le miracle…

Dans l’église, on remarquait la présence du maire M. Salvadori, de M. Chauchard, premier adjoint. Le R.P Gabriel Callet, supérieur du couvent de Marcasso prononçait un sermon d’une haute élévation de pensée, au cours duquel il retraçait les devoir du chrétien envers dieu. La grande procession s’est ensuite organisée à travers les ruelles du village. Après un long parcours, la statue réintégrait la chapelle. (J-B Suzzoni)

 

5 Mars 1961 : « Lucien est venu au monde hier dans une voiture, route de Pisciatello »

Publié le 28 septembre 2018 à 9:40

 Les propriétaires du « Bar du Coin » à Pisciatello n’en crurent pas leurs oreilles, hier matin, en entendant un homme, affolé, en proie à une violente émotion, leur raconter une curieuse histoire.

N’écoutant que leur bon cœur, ils bondirent à la suite de leur client qui les entraina vers une Aronde en stationnement sur le bas-côté de la route menant à Ajaccio. En se penchant par la portière, ils virent et comprirent la raison de l’affolement de leur interlocuteur.

A l’intérieur du véhicule, une femme de mettre au monde un superbe bébé qui poussait ses premiers vagissements. Les parents et l’enfant furent transportés dans l’établissement où un lit fut rapidement aménagé.

Les voisines apportèrent à Mme Simone Buresi (habitante de Coti-Chiavari) et à son bébé les premiers soins tandis que les hommes réconfortaient de leur mieux M. Buresi, heureux mais bouleversé.


Mme Gendron, sage-femme à la clinique Ripert, alertée, sautait à 9h30 dans sa Dauphine et arrivait au « Bar du Coin ». Elle acheva ce que les braves voisines avaient commencé. Puis, Mme Buresi fut conduite à la clinique avec son enfant. Lucien a été changé et pesé. 3 kilos, bon poids.

Nous formons des vœux pour la prospérité de Lucien et complimentons son papa et sa maman tout en félicitant tous ceux qui ont aidé à sa venue au monde, ce 4 mars 1961, à 9h30 sur la route de Pisciatello. (François Peretti-Photo Wickelson)


22 Novembre 1983 : « 5000 litres d'essence dans les égouts cortenais »

Publié le 19 septembre 2018 à 0:55

 Après plusieurs heures d’effort et une nuit de surveillance, la forte odeur d’essence qui avait incommodée pendant 24 heures les habitants du cours Paoli, à la suite de l’infiltration de 5.000 litres d’essence dans les égouts, s’est dissipée hier dans la matinée.

Les pompiers avaient mis en place toute une série de mesures de sécurité pour éviter tous risques d’explosion. Des opérations de dégazage par l’introduction de grandes quantités d’eau ont été effectuées. Autre risque encouru : la pollution du Tavignano, qui reçoit le contenu des égouts sans aucun traitement. Fort heureusement les pluies des derniers jours étaient importantes et l’évacuation a été rapide. (E.J)



22 Fevrier 1995 : « Sinistre farce à Bastia »

Publié le 17 septembre 2018 à 10:10


 Si on voulait dédramatiser, on dirait que cela fait penser à « Coups de feu sur Broadway », le dernier film de Woody Allen. Si on voulait abonder dans le pessimisme ambiant, on dirait que cela ressemble à une mauvaise série américaine.

Les enquêteurs de la sureté urbaine de Bastia ont été impressionnés et choqués à la fois. L’affaire concerne des jeunes de 17 ans. Mercredi dernier, un groupe de cinq jeunes se rendent au fort Lacroix, au-dessus du palais de justice. On leur a dit qu’ils allaient assister à une séance de spiritisme. Dès leur arrivée, ils se retrouvent entourés par sept individus en treillis, cagoulés et armés qui les forcent à descendre dans un souterrain. Les agresseurs reprochent à ces jeunes d’être venus ici pour se droguer. Ils menacent de tuer l’un d’entre eux pour avoir des informations. Une rafale de fusils d’assaut s’ensuit. Les hommes cagoulés ramènent un corps, le portant à bout de bras, gémissant…


Les faux agresseurs ôtent leurs cagoules en précisant qu’il s’agissait d’un jeu. On imagine la peur des victimes. Il y avait sept agresseurs et trois complices.

Interpellés, les auteurs ont reconnu qu’ils y étaient allés « un peu fort ». Le procureur Aussner leur a rappelé certaines valeurs et la loi. (Jocelyne Normand)



12 Avril 1988 : « Le marcassin Titus bientôt vedette de télévision ! »

Publié le 16 août 2018 à 14:30


 Drôle de destin que celui de Titus ! Après avoir échappé à la mort, le voilà promis à la célébrité. Il y a deux mois, des chasseurs ont tué sa mère dans la région du pont d’Azzana. Kathia, une amie des animaux, l’a recueilli et élevé au biberon. Emu par cette histoire, le Dr Richard a incité le père de Kathia, M. Orsoni, à en faire part à 30 Million d’Amis. Et c’est ainsi qu’hier, Titus a dit au revoir à ses amis de Corse d’où il s’est envolé pour des aventures parisiennes. (Photo Mignucci

20 Juillet 1998 « Corte : une histoire de poubelles »

Publié le 25 juillet 2018 à 14:30

 La statue du général Paoli aura connu bien des aventures. Elle a vu flotter des drapeaux venus d’horizons différents, elle a même subi l’action de mauvais plaisantins qui l’avait barbouillée. Mais hier matin, on l’a découverte au milieu de détritus et de containers-poubelles placés là vraisemblablement par quelques-uns de nos concitoyens qui voulaient faire passer un message à la commune à propos des ordures ménagères.

Quelques touristes ont saisi le spectacle sur leurs pellicules et n’emporteront pas le meilleur souvenir de notre ville. Si par cette action, on a insisté sur la nécessité d’instaurer un service de ramassage des ordures, on a aussi suscité un rejet. Certains considèrent l’acte comme une injure que l’on a faite à la statue d’un des plus célèbres héros de l’histoire de la Corse. (E.J)


23 Janvier 1975 « Le parc Peraldi : 20 hectares aux portes de la ville où mouflons et sangliers vivront en liberté »

Publié le 20 juin 2018 à 7:55

 « En aliénant une partie du domaine au profit de l’Association des amis du parc Peraldi, contre une somme symbolique de 1F, je souhaite que cette association réalise aux portes d’Ajaccio un véritable parc naturel, réserve de faune et de flore corse, ouverte à tous les Ajacciens qui y trouveront le repos et le calme que souhaitent les citadins, et qui soit aussi un centre de promotion d’art et d’artisanat corses. » Le conte de Poix-Peraldi, propriétaire, a donc cédé la partie méridionale de son domaine pour en faire un parc.

Ce sera, aux portes d’Ajaccio, une réserve de mouflons en liberté, de sangliers, peut-être d’ours tels que ceux qui existaient autrefois dans l’ile. Ce sera aussi un but de promenade pour les Ajacciens qui disposeront d’un grand parc public comme le fut autrefois le parc Berthault.

L’ouverture est prévue pour la fin de cette année. L’entrée sera libre pour les amis du parc. L’association des amis du parc Peraldi est en cours de constitution, et sera présidée par M. Toussaint Rombaldi, président du syndicat d’initiative d’Ajaccio.


Une vieille bergerie sera transformée en auberge pour les visiteurs qui pourront aussi découvrir les créations du centre d’art et d’artisanat que le conte de Poix et les amis du parc Peraldi comptent bien installer dans cette chênaie.

« On parle trop souvent des handicaps de la Corse et jamais de ses richesses » explique le conte de Poix. (M.M)



20 Janvier 1975 « Trahis par l'odeur du pastis »

Publié le 20 juin 2018 à 7:30

 C’est une belle prise que viennent de réussir les gardiens de la paix du corps urbain d’Ajaccio en mettant la main au collet des auteurs du vol de 888 bouteilles de pastis commis dans la nuit de mercredi à jeudi, au préjudice de la société Ricard. Quatre jeunes gens bien connus des services de polices, aidé d’un cinquième, croyaient bien avoir mis au point une méthode aussi efficace que malhonnête pour subsister. Dans leurs pérégrinations nocturnes, ils jetèrent leur dévolu sur l’entrepôt des établissements Ricard. La cargaison volée représentait une valeur de 30.000 F.

Appréhendés au cours d’un contrôle routier, ils ont finalement été confondus et méditent sans doute sur le talent et l’opiniâtreté des enquêteurs.

A bord d’une fourgonnette volée et chargée, ils circulèrent sur la route d’Alata. L’équipe est composée de René B., 19 ans, Vincent A., 19 ans, Charles L., 19 ans, Antoine Y., 20 ans, tous quatre fichés au commissariat central, et de Jules M., 25 ans, délinquant primaire. Au lieu-dit «Stiliccione », à 5 km de la sortie d’Ajaccio, le véhicule s’immobilise devant une vieille bâtisse dont les parents d’A. ont la jouissance. Le coin est isolé et la volumineuse marchandise est transportée dans les combles. Au cours du transbordement, un carton échappe des mains d’un des voleurs et plusieurs bouteilles de pastis se brisent. Les débris seront mis dans le coffre de la voiture de Manunta.

Loin de se cacher après le cambriolage, ces derniers vont continuer de sillonner les rues d’Ajaccio. Intrigués, les sous-brigadiers Sanmartini et Massini, sous les ordres du brigadier Andreani, interceptent leur véhicule en centre-ville. Invité à ouvrir le coffre, M., qui est au volant, ne se fait pas prier. La forte d’odeur d’anis vient chatouiller l’odorat des policiers. Les explications des occupants sont on ne peut plus évasives. C’est plus qu’il n’en faut pour qu’ils soient prier de gagner le commissariat.

Les suspects nient farouchement, mais les preuves sont accablantes. Au terme d’un interrogatoire, ils finissent pas « se mettre au table ».

Les policiers ont restitué à la société Ricard 66 cartons content 792 bouteilles de pastis. Interrogés sur ce qu’ils comptaient faire du produit de leur vol, ils ont répondu que c’était pour leur consommation personnelle…Dans cette éventualité peu sérieuse, ils auraient certainement légué aux enfants de leurs enfant de quoi lever leur verre…Les policiers sont convaincus qu’ils avaient l’intention de revendre la marchandise à des cafetiers peu regardants sur son origine. (J-C.L)


14 juin 1970 « Porto-Vecchio : un homard de plus de 10 kg ! »

Publié le 12 juin 2018 à 8:10

10.200 kilos ! Tel est le poids affiché sur la balance par le monstrueux homard, présenté sur la place de l’église par son pêcheur, M. Vincent Chiocca. Des pinces à faire frémir ! (Photo Lanfranchi)


5 Aout 1979 : « Les avions-taxis, une autre façon de se déplacer »

Publié le 7 juin 2018 à 9:10

 Après la récente inauguration de l’aéroport de Figari-Sud-Corse, il nous a paru utile de présenter quelque peu méconnu de l’aérodrome : l’aviation générale et ses avions-taxis qui rendent de grands services.

Ces petits avions, biplans ou multiplans baptisés « Beechcraft Baron » ou « Piper Navajo » contribuent à donner le véritable reflet d’un aéroport qui se veut intégralement fonctionnel.

« Air Service Méditerrannée » est dirigé par M. Jean-Paul Barnier. Motivé par le désir de s’installer et de travailler en Corse, il s’adonne à sa passion et déploie tous les efforts afin de vulgariser ce moyen de transport. Le voilà donc, depuis Juin 1977, s’appliquant à ramifier son action avec son pilote, M. Eric Digonnet. (M. Muraccioli)


17 Avril 1978 : « A Caldaniccia, une eau chaude jaillit d'un forage artésien »

Publié le 31 mai 2018 à 10:45

C’est dans le cadre de la recherche d’alimentation en eau pour les besoins quotidiens que les services de l’équipement, installant leur parc de voirie sur le vaste périmètre de Caldaniccia, ont fait appel à une société spécialisée dans le captage par forage.

Plusieurs projets de captage par la même procédé, utilisant une technique entièrement nouvelle et donnant des résultats d’une extrême précision sont en cours d’études dans quelques communes de Corse-du-Sud. L’opération de forage entreprise sur le terrain par le chef de chantier, M. Pierre Jamen a donné des résultats spectaculaires.

Procédant à des recherches géophysiques qui permettaient des points très favorables d’implantation de forages, en repérant les failles et axes de fractures, la société spécialisée s’est attaquée sur un point fixe de la roche granitique, à l’aide d’une sondeuse de conception révolutionnaire et unique au monde : Air-Lift.


Un premier filet d’eau, à 4.50 m apparaissait, suivi d’une arrivée d’eau de 17.50m. Cette opération s’est poursuivie à l’aide du compresseur propulsant 18 000 litres d’air par minute à 10kg de pression pour atteindre une profondeur de 47 m.

Au cours de cette opération de forage, à mesure que la sondeuse progressait en profondeur, l’eau jaillissait à plus de 20 m de hauteur sous la forme d’un geyser provoquant, au contact de la température extérieure, un immense nuage de vapeur.

Il s’agit d’une importante source d’eau chaude évaluée à 42 degrés. Il ressort que cette eau ne peut être utilisée par les services de l’équipement pour l’alimentation. La nature de cette eau sulfureuse ne fait pas de doute du fait de la proche présence de l’ancienne station thermale de Caldaniccia à l’état de total abandon. (C. Salvia)