Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

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8 septembre 1974 : « Le Nord 2501 s'écrase au-dessus de Petreto-Bicchisano »

Publié le 26 novembre 2018 à 8:00

 L’avion, qui appartenait à la 62ème escadre de transports basée à Reims, qui rentrait de Palerme pour Orly, avec une escale à Ajaccio, au retour d’une mission logistique technique pour le compte d’Air France, s’est écrasé vendredi vers 21h30 sur les pentes abruptes du mont San-Pietro au-dessus de Petreto-Bicchisano.

A terre, l’état-major de la gendarmerie mobilisait les brigades de la compagnie de Sartène et celle du sud d’Ajaccio, tandis que les gendarmes sillonnaient les routes de leurs circonscriptions.

C’est un renseignement en provenance de gens habitant dans la région de Petreto-Bicchisano disant avoir aperçu une boule de feu la veille au soir qui allait permettre à l’équipe de l’hélicoptère de la gendarmerie de localiser l’épave hier vers 3h12.

Des gendarmes et des militaires se rendaient sur les lieux. Il ne restait du ‘Nord 2501’ que des éléments éparpillés dans un rayon de plus de 100 mètres. L’accident s’est produit sur la face sud de la montagne au lieu-dit « Giuncha ». La cabine de pilotée s’est encastrée dans les rochers tandis que le reste de l’appareil se disloquait. Un seul corps a pu être retrouvé. Les trois autres sont toujours prisonniers de la cabine de pilotage.


La commission d’enquête a remarqué que les moteurs se sont détachés et ont été projetés sur les côtés. Un morceau de l’empennage, long d’une quinzaine de mètres, git presque intact dans les rochers. Tout le reste n’est que tôles broyées.

Selon certaines information, l’équipage cherchait le contact radio d’une balise directionnelle. Arrivant du sud, il a bifurqué à hauteur du golfe d’Ajaccio au-dessus de Capo-di-Muro…

A partir de là, c’est l’inconnu. C’est vraisemblablement à cause de la perte de contact que l’avion s’est égaré. (JP Gherardi)


25 Aout 1987 « Mort en luttant contre le feu »

Publié le 1 juillet 2018 à 4:05

C’est le libeccio qui devait tracer l’itinéraire du feu : parti à 9h30 de la décharge de Moncale, le front des flammes s’étendait très vite à la commune de Calenzana qu’il traversait de part en part pour atteindre le col de Selvi, via Montemaggiore. Les sauveteurs craignirent alors que le sinistre passe le flanc de la colline pour se diriger vers Lavatoggio et Avapessa, mais le vent tourna et les flammes encerclèrent Montemaggiore et Cassano.

Le commando « Chass » de Bastia et les hommes des centres de Balagne étaient dépêchés sur les lieux. Malgré cette grande armée combattante placée sous la direction du colonel Battesti, les flammes cernèrent plusieurs maisons.

Un homme a trouvé la mort après être allée au bout de ses forces. M. Jean-Antoine Guidoni, 50 ans, célibataire était un des plus anciens sapeurs forestiers de Zilia. Dans la tourmente de braise, il s’est épuisé à contenir la progression du feu. Une fois dans son véhicule, un pneu crevait et il dut changer sa roue en toute hâte. Arrivé près du couvent d’Alziprato, très affaibli, il a été victime d’un malaise cardiaque auquel il ne survécut pas.

Les médecins ne purent que constater son décès. Jean-André Grimaldi, maire de Calenzana, et Jacques Santelli maire de Zilia se sont rendus sur les lieux. M. Santelli connaissait très bien la victime : « Nous sommes né la même annéee à Zilia. Il était le chauffeur de notre mule mécanique et était d’un courage exceptionnel. Il était disponible de jour comme de nuit pour combattre le feu. Nous perdons un homme de grande valeur et un ami. »



A 20 heures, le sinistre était maitrisé. (J-M.R)


21 et 23 Aout 1979 « Drame aux Sanguinaires »

Publié le 11 juin 2018 à 1:45

Un drame de la mer s’est produit au large des iles Sanguinaires. Moteur en panne, mât gréé, un voilier a été drossé sur des récifs. Les enquêteurs n’ont décelé sur la coque aucune trace de voie d’eau. Pourtant, vraisemblablement pris de panique, un couple de vacanciers de Meudon (Yvelines) s’est jeté à l’eau avec leur enfant âgé de 7 ans. Lui seul a atteint à la nage l’ile où se trouve le phare des Sanguinaires. Le corps de sa mère a été retrouvé mais son père était toujours porté disparu hier soir.

Effondré sur un lit de l’hôpital d’Ajaccio, le petit George Vandenbeutsh, pleure la mort en mer de ses parents. L’enfant a été recueilli par les gardiens du phare.


Treize jours auparavant, son père, M. Jean-Louis Vandenbeush, 36 ans, ingénieur commercial à Meudon, et sa mère, née Jacqueline Nedelec, 39 ans, avaient loué le voilier à la société ajaccienne « S.A.S Loisirs ». L’an dernier, à la même époque, ils avaient loué le même bateau pour la même durée.

L’avant-dernière nuit, le périple touchait à son terme. La boucle autour de l’ile allait être bouclée. L’ingénieur était à la barre, son fils et sa femme dormaient.

Le phare des Sanguinaires balayait les eaux agitées par une forte houle. C’est là, à quelques encâblures des rocs noirâtres que les plaisanciers vont se trouver face à face avec la fatalité.

Le voilier passe la bouche nord du golfe d’Ajaccio, tanguant et roulant longuement. A ce moment, l’hélice se bloque, le moteur lutte un instant contre quelque chose que l’enquête déterminera comme un film flottant. Puis l’axe de l’hélice se coince…

Faute de témoignages, on suppose que le bateau ait été drossé vers les récifs. « Papa a fait irruption dans la cabine en nous disant de sauter à l’eau. J’ai crié en disant que j’avais peur et que je voulais un gilet de sauvetage ! »

« Derrière moi, maman me conseillait de nager calmement en direction du faisceau du phare. Mon père était silencieux. Un peu plus tard, je n’ai plus rien entendu. J’ai nagé en croyant ne jamais arriver. Et puis la houle m’a pris et jeté sur les rochers d’une crique. »

Au lever du jour, le petit Georges trouve un petit sentier qui mène au phare. Les deux gardiens, Camille Lorenzo et Julien Muzelli, ont du mal à réaliser. L’alerte est donnée. Le corps de sa mère a été repéré, inanimé, entre deux eaux à proximité de l’ile…Dans la soirée, le corps de M. Vandenbeush n’avait toujours pas été repéré.


Le directeur de l’entreprise de voilier tentait de s’expliquer la tragédie : « Sans doute un moment de panique. Ni les fusées, ni les gilets de survie n’ont été utilisés. Le voilier était gréé et son barreur aurait pu naviguer sans moteur. Aucune voie d’eau n’a été relevée…C’est inexplicable. Ils la connaissaient bien pourtant, mais la mer, c’est la mer… »


Pour les enquêteurs, il faut évoquer la fatalité, mais aussi l’imprudence. Il est paradoxal que l’enfant ait pensé seul au gilets de sauvetage. (J-C Lanfranchi) (Photos Jo Mignucci)


11 Avril 1996 « Conca : quatre morts dans le crash de l' « Alouette »

Publié le 4 juin 2018 à 5:45

 Il est un peu plus de 15 heures, l’appareil de la société Hélidan, affrété par EDF, est en opération de surveillance sur le réseau électrique de la commune de Conca. Sur la bande littorale plus exactement, à Tarco. Plusieurs témoins observent son évolution à basse altitude. Une altitude normale puisqu’il suit les câbles électriques soutenus par deux énormes pylônes implantés sur chacune des crêtes de cette étroite vallée.

Soudain, alors qu’il se trouve à la verticale du camping municipal et pour une raison incompréhensible, il va percuter l’un des trois cables haute tension qui rompt sous le choc, et tombe. La chute, de près d’une centaine de mètres, ne dure que quelques secondes. Les secours ne peuvent que constater le décès des quatre hommes.

Aux commandes se trouvait Daniel Pertuisot, un pilote hautement qualifié qui avait choisi de vivre dans l’extrême-sud depuis deux ans. Avec lui, Richard Quèbre, un employé de l’entreprise Raffalli-Electricité, vivant à Muratellu. Puis deux agents EDF : Jacques Poli, un employé modèle originaire de Monaccia d’Aullène et Daniel Agostini, un cadre de l’entreprise et une personnalité qui ne comptait que des amis et jouissait d’une grande estime.

La nouvelle a jeté la consternation dans la micro-région.

Il est usuel qu’EDF procède à la surveillance des lignes par hélicoptère. Le relief de la Corse imposant pratiquement ce type de moyen de déplacement. (Louis Bernardini)



5 Octobre 1989 : « La montagne a tué »

Publié le 5 mai 2018 à 8:05

Tragique fin de vacances pour un groupe de douze randonneurs originaires de Suisse qui effectuaient un séjour de quelques jours exclusivement consacré à des courses dans la haute-montagne corse.

Point d’improvisation pour ce groupe de Zug mais une préparation physique avant les courses, toujours avec un guide de haute-montagne chevronné.

Après avoir passé la nuit au Niolu, un premier groupe de 9 personnes s’est constitué pour l’ascension de la Paglia-Orba (2525m) et l’autre, de 3 personnes pour l’ascension du Monte-Cinto (2706m) par la voie classique.

Il était cinq heures lorsque le premier groupe partait du camp de base installé à la « grotte des anges » près de Calasima pour une marche d’approche qui les a conduit vers 8h30 au pied de la Paglia-Orba. La première équipe avait à sa tête Puis Faehldrich, guide de haute-montagne connaissant les différentes voies menant au sommet. Il choisit la « voie Finch », du nom de celui qui en fit la première ascension le 15 avril 1909 avec quelques compagnons. Cette voie est qualifiée d’historique par Pierre-Jean Pietri, le meilleur spécialiste de la région, nécessite de la part des alpinistes l’utilisation astucieuse des faiblesses d’une paroi particulièrement rude. Il la qualifie également de très belle voie, malheureusement balisée comme un GR par diverses marques orange et détritus.

La première cordée franchit le premier obstacle alors que plus bas quatre autres alpinistes attendent leur tour. Certains sont déjà encordés, d’autres pas.

Pour franchir une cheminée, le guide et d’autres alpinistes commencent l’équipement de la voie et font monter le matériel avec des cordes. Un sac s’accroche malencontreusement à des pierres qui dévalent. Erik Treichler, 45 ans, confiseur à Zug, est heurté à la face par un bloc de pierre. Non encore encordé et sans casque de protection, il bascule dans un ravin, rebondit de rocher en rocher avant de terminer sa chute une centaine de mètres plus bas où il sera tué sur le coup.

Près de lui, son compagnon Rolph Hegglin, 54 ans, déjà encordé, bascule simultanément sur 10 mètres avant d’être retenu par un de ses camarades qui le tiendra suspendu dans le vide avant de l’assurer. Gravement blessé au visage, il perdra connaissance jusqu’à l’intervention des secours. Il est sorti de sa fâcheuse posture.


Vers 11 heures, les gendarmes de la brigade de Calacuccia, sous les ordres du chef Cochet, lancent les opérations à l’aide de l’hélicoptère de la gendarmerie de Corte.

Comble du malheur, dans le second groupe parti en direction du Cinto se trouvait l’épouse de l’alpiniste décédé. Ce sont les gendarmes qui lui ont appris la terrible nouvelle. (Antoine Feracci)


17 Mai 1963: « Un yacht abandonné découvert au large de Galeria »

Publié le 18 avril 2018 à 9:05

Un yacht vide de ses occupants a été découvert hier en fin de matinée, à 200 mètres environ de l’entrée du golfe de Galeria. Le « Sylva » a été remorqué jusqu’au port.

C’est le boulanger de Galeria, M. Jean Ceccaldi, qui allant à Calvi s’approvisionner en farine, a aperçu le premier le voilier dérivant sur la mer. Grâce à ses jumelles, il vit distinctement deux hommes et une femme au milieu des flots déchainés. La femme roulait sous les vagues et ne semblait plus donner de signe de vie.

L’alerte fut aussitôt donnée mais aucune trace des naufragés n’a été découverte jusqu’à présent. D’après les papiers de bord, quatre personnes se trouvaient sur l’embarcation, deux Français et deux Allemands. Le voilier avait été repéré le 11 mai à Cannes. Le yacht avait quitté le golfe de l’Argentella où par suite du mauvais temps, il avait cherché refuge et s’était ensuite abrité dans celui de Galeria. Son amarre ayant cassé, il dériva. On ignore encore pourquoi ses occupant se sont jetés à la mer. Les disparus ont été identifiés. Il s’agit de M. Bruno Vielard, son épouse née Odile de Marcellier de Gaujaz de Boysson, 24 ans, originaire de Saumur ; Jean-Louis Vielard, 26 ans, née à Mulhouse, étudiant à Morvillars, cousin de Bruno Vielard. Geoge Carl Koch, demeurant à Cologne, et André Viale, ami de la famille Vielard. Le yacht appartient à M. Philippe Vielard, ingénieur à Sud-Aviation, demeurant à Grasse, et cousin des deux disparus. Il s’est rendu sur les lieux. C’est M. Faustin Bartoli, patron pêcheur à Calvi, qui a aperçu le corps de Jean-Louis Vielard, flottant à la surface de la mer. Un second frère du disparu est attendu aujourd’hui. On disait hier à Calvi que les Vielard seraient les proches parents d’une haute personnalité gouvernementale.

Hier soir, on apprenait qu’un avion de la base militaire d’Aspretto avait repéré trois corps immergés au lieu-dit « Pointe de Palazzo », situé entre le golfe de Girolata et le golfe de Galeria, soit à plus de 16 kilomètres au sud de l’endroit, où le boulanger avait aperçu le yacht abandonné. Ils ont sans doute dérivé à cause du vent. Le même appareil signalait un quatrième corps.



2 Novembre 1982 : « Bastia : le fils du propriétaire du bar "Le Rallye" mortellement blessé d'un coup de revolver »

Publié le 4 avril 2018 à 11:30

Le maniement et le port d’arme, pratiqués d’une manière inconsidérée, ont fait une nouvelle victime, dimanche vers 23h, au bar ‘Le Rallye’, tout en haut du boulevard De Gaulle. Le fils du propriétaire, M. Ange Delfini, né le 13 juillet 1961 à Bastia, où il était domicilié rue Fort Lacroix, jouait aux cartes en compagnie de quelques-uns de ses amis, a été atteint d’une balle en plein cœur. Peu avant le drame, l’un des protagonistes de la partie avait sorti une arme pour la montrer à ses partenaires de jeu. C’est en la maniant, exhibée et tenue par l’un des quatre joueurs, que le coup de feu est parti. Le barman s’affairait au service et le père était absent.


On imagine la stupeur succédant à la détonation. Et l’affolement qui s’empara de l’auteur du coup de feu que les policiers identifièrent rapidement à la lumière des dépositions recueillies auprès des clients du bar et des deux autres joueurs. Cédant à un geste de panique, Patrick Mei, 22 ans, s’est constitué prisonnier.

Ange Delfini a succombé dès son admission au centre hospitalier. Patrick Mei a été entendu par le juge d’instruction N’Guyen et placé sous mandat de dépôt.


25 juillet 1994 : « Orages meurtriers au col de Vizzavona »

Publié le 2 avril 2018 à 6:10

Un orage, localisé sur l’épine dorsale de l’ile, sur les contreforts du Monte d’Oro, est à l’origine de la phénoménale crue de la Gravona, qui va se jeter au fond du golfe d’Ajaccio, et du Cruzzini, plus au nord, affluent du Liamone dont l’estuaire se trouve au fond du golfe de Sagone.

Trois lames successives ont bouleversé la quiétude des lieux où d’innombrables baigneurs se trouvaient.

Il est environ 16 heures ce dimanche et la canicule sévit encore pour inciter nombre de promeneurs à gouter aux joies de la baignade tout au long de la Gravona. En amont, du côté du Monte d’Oro, le grondement d’un orage qui tonne et des nuages couleur d’encre qui détonnent dans cette débauche de chaleur et de ciel bleu. Soudain, c’est le choc ! Une lame, gigantesque colonne d’eau de près de 3 mètres, déferle sur le lit du fleuve. On ne sait pas où elle s’est formée. Sans doute près du pont de la Gravona, en amont de Bocognano, dans cet amoncellement de blocs de granit où il y a un an, l’avion de surveillance du Codis s’est crashé.

Les pompiers ont été alertés dès 16h20. Deux enfants emportés par une vague ont pu être récupérés sains et saufs. Malheureusement, un peu plus bas, du côté du pont d’Ucciani, une petite famille aura moins de chance. La mère, une jeune femme d’une trentaine d’années, sera emportée par le flot furieux avec son petit garçon de cinq ans. Le corps du petit garçon sera retrouvé sur la rive. Le corps de la mère (Mme Nathalie Soldevila, 29 ans) allait être retrouvé à 20h42 par les pompiers, à 200 m de l’endroit où son fils Nicolas, 5 ans, fut retrouvé.

Au total, une soixantaine de personnes au total ont été évacuées le long de la Gravona, mais aussi du Liamone et du Cruzzini, également subitement grossies par cet orage d’une violence exceptionnelle.

Une auberge, située sur la Gravona a dû être évacuée d’urgence de ses occupants, ainsi que plusieurs campings le long du Cruzzini.

Trois hélicoptères emportant des plongeurs, des sauveteurs et un médecin, ainsi qu’un bombardier d’eau et deux avions de reconnaissance ont survolé la région des rivières, alertant la population du danger des crues à l’aide de puissants haut-parleurs ou réussissant à se poser près des berges pour évacuer des baigneurs. 150 à 180 hommes sont intervenus (sapeurs-pompiers, gendarmes, CRS, médecins, infirmiers…sous la diligence du colonel de Kuyper, commandant le Codis, du commandant Gaudon, chef du corps des sapeurs-pompiers d’Ajaccio et du capitaine Maroselli ainsi qu’une équipe du Samu 2A conduite par le Dr Paul Combette.

Au camping « Les eaux vives », le propriètaire, M. Paul Paolini, n’a jamais connu pareil phénomène sinon celui survenu il y a dix ans au mois de mai où la rivière était montée d’un mètre.

Selon les sauveteurs, l’eau serait montée jusqu’à trois mètres par endroits sur la Liamone. Ainsi a-t-on vu à Lopigna une vague de trois mètres se diriger vers la vallée, une deuxième lame ayant été aperçue à Guagno et une autre à Murzo. Certains vacanciers n’ont dû leur salut qu’à leur fuite. « Nous étions en train de nager dans la Gravona quand nous avons vu arriver sur nous une vague gigantesque. Nous avons eu 10 secondes pour quitter les lieux et monter sur la route, abandonnant toutes nos affaires ! » ont raconté plusieurs touristes.

Un propriétaire de chenil a été contraint d’évacuer ses 27 chiens en quelques minutes avant qu’un tourbillon n’emporte ses installations. (Mario Mattei)



18 juillet 1994 : « Ajaccio. Crash sur la plage : 3 morts,4 blessés »

Publié le 30 mars 2018 à 9:55

Pour la troisième fois en quatre ans, un appareil de la Sécurité civile s’est écrasé en mission. Hier, c’est un Beechcraft 90, effectuant des reconnaissances sur les feux de forêt depuis le début de la saison, qui s’est abattu sur la plage du Capitello au milieu des baigneurs. Le bilan est tragique : trois morts et quatre blessés. L’équipage n’a pas survécu. Une jeune Ajaccienne, Mlle Marie-Louise Tagnatti, allongée sur le sable, a été fauchée et tuée par l’appareil. Une famille de vacanciers allemands (les parents et un bébé de trois ans) a été brûlés par l’incendie consécutif au crash. Originaires de Bottrop, M. Peter Kirsch (38 ans) et son épouse Heike (36 ans) ont été transférés sur Marseille. Leur fils Matz (3 ans) a été recueilli par une famille après être sorti de l’hôpital.

M. Daniel Galante était blessé aux jambes. L’appareil a explosé, tuant le pilote, Igor Daic (27 ans) et le lieutenant des pompiers Expedith Faustin (37 ans).

Vision d’horreur hier après-midi derrière la tour du Capitello. Autour de la carlingue désarticulée et noircie, les services de secours se pressent. Des plongeurs sondent les eaux de l’étang. Pompiers, infirmiers et gendarmes évacuent les blessés, tentent de retrouver les témoins pour savoir s’il ne reste personne d’autre. Les témoins se sont regroupés, choqués.

Il était 14h50. L’avion s’est soudain dirigé vers la plage. «Il volait beaucoup trop bas. Je me suis poussé mais la jeune femme à côté n’a pas eu le temps de bouger » nous dit un jeune homme. La plupart des témoins expliquent que l’avion avait l’air déséquilibré, qu’il s’est penché et que son aile a raclé la plage, fauchant la malheureuse baigneuse qui s’y trouvait. Il a ensuite pris feu. Les CRS-MNS qui surveillent la plage ont très vite appelé les secours.

Le Préfert Jean-Paul Frouin a indiqué que l’appareil « a volé le matin même pendant une heure et quart sans le moindre problème. Il venait de redécoller pour une mission de surveillance. »

Un autre témoin raconte : « J’étais sur le sable quand j’ai entendu le bruit du moteur. J’ai pensé : ‘il vole trop bas’. Je me suis retourné vers le couple à côté de moi. La dame est là (il désigne la tranchée creusée par l’aile de l’avion dans laquelle repose encore son corps). L’homme soufrait, je l’ai réconforté en attendant les secours. Je l’ai tiré parce que l’avion brulait. Il m’a demandé d’aller voir la dame. Je n’ai pas osé lui dire qu’elle était morte. Après les pompiers sont arrivés. C’est affreux… »

Un peu plus loin, un groupe de trois personnes évoquent le drame. « Ça a fait un grand bruit et puis ca s’est mis à bruler tout de suite. Il y a eu comme une explosion et ça s’est mis à bruler tout de suite. On a vu un couple avec un enfant se jeter dans l’étang pour échapper aux flammes. L’homme et la femme étaient très brulés. »

L’enquête conclue que le moteur gauche de l’avion n’a plus répondu. Le pilote a alors tenté de revenir vers la piste de Campo dell’Oro mais son appareil, incontrôlable, a perdu de l’altitude avant de s’écraser sur l’étroite bande de sable entre la mer et l’étang sous la tour.

Le Beechcraft 90 avait été entièrement révisé en avril dernier. Il avait depuis effectué plus de 150 heures de vol sans le moindre incident. Fatalité…

Une question se posait hier : la fréquentation de cette plage relativement proche de la piste d’envol est-elle autorisée ? Il semble qu’aucune interdiction particulière ne soit en vigueur. Ce type d’accident est en fait extrêmement rare. (Isabelle Luccioni-Photos Jo Mignucci)



15 juin 1982 "Dans la forêt de Bonifato: un couple de chercheurs néerlandais happés par un 'mur d'eau'"

Publié le 14 mars 2018 à 5:55

Une randonnée à travers la forêt de Bonifato à Calenzana a connu un dénouement tragique pour un couple de jeunes chercheurs de l’université de Liège, en stage à la station Stareso à Calvi. Emportés par le torrent, ils ont été arrachés à la vie. « J’ai vu comme un mur d’eau déferler… » rapportera l’un des dix-huit chercheurs du groupe. Tous étaient partis en direction du refuge de la Spasimata lorsque surpris par la violence de l’orage, ils décidèrent de gagner en hâte la maison forestière. Une fois parvenu là-bas, leurs camarades constataient l’absence de Karin Van Kapen, 24 ans, biologiste née à Hilversum (Pays-Bas), et celle de son compagnon, Jan Mondeel, 24 ans, également biologiste.

Les rescapés ont alerté les secours et sont revenus sur leurs pas, fouillant le chemin avant de renoncer à la tombée de la nuit. A 19 heures, la brigade de Calenzana alertée, le capitaine Geiter, commandant de la compagnie de Calvi, ordonnait que soit ratissé le GR 20. A minuit, les gendarmes ont suspendu leurs recherches.

Avant le lever du jour, un plan de secours a été mis en place auquel participaient MM. Casta et Gabrielli, responsables de l’Office national des forêts à Calenzana.

A 10h30, au fond de l’eau, coincé sous un rocher, le corps sans vie de Karin Van Kapen sera localisé. Il a été transporté à Calenzana dans une chapelle ardente. Le doyen Gambotti, curé de la paroisse, et la population venaient partager l’émotion de la communauté belge. Sur le terrain, les recherches pour retrouvé Jan Mondeel se poursuivaient.

« Le malheur a voulu que le mur d’eau les happe et les projette littéralement » nous dira le Dr Daniel Bay, directeur à l’université de Liege. A 19h30, le capitaine Geiter annonçait pour le lendemain la fouille du torrent et du lit qui retient, quelque part, prisonnier dans un cercueil de pierre, le corps du jeune chercheur. (JB Suzzoni)


16/06 « Le capitaine Geiter nous faisait hier une synthèse de la situation : La recherche du corps de M. Jan Mondeel, disparu le 13 juin dans le torrent de la Figarella, s’est poursuivie depuis 7h du matin. Les équipes de plongée ont fouillé tous les trous d’eau en partant du refuge de la Spasimata jusqu’à l’auberge de Bonifato. Selon les sauveteurs, il reste une hypothèse, c’est la terre. La vallée de l’Adrocellu, affluent de la Figarella, a été passée au peigne fin mais n’a révélée aucune présence. (Pierre Colombani)

18/06 « Le corps de Jan Mondeel retrouvé dans une cavité de la Figarella »

A 11h25, M. Jacques Voss, assistant de M. Bay, le directeur de la Stareso, a exploré une cavité à environ 300 m du lieu de la première découverte. Il a localisé par deux mètres de fond le corps du jeune Mondeel, retenu prisonnier dans la position fœtale.

A Saint-Ignace, devant la chapelle ardente dressée, M. Philippe Marini, maire de Calenzana, ira s’incliner sur la dépouille du jeune chercheur. Les corps seront ensuite transférés depuis Solenzara par avion militaire. Unis dans la mort, Jan et Karin sur la tombe desquels pleurent des famille meurtries, des amis éprouvés, retrouveront le sol natal pour l’ultime sommeil. Que la mort apparait injuste pour qui connut ce couple radieux…(J-B.S)


 

15 Mai 1978 : "Ciamanacce : un groupe d'inconnu égorge les 1000 chèvres de M. Dominique Capretti et incendie sa bergerie"

Publié le 2 mars 2018 à 14:10

Un millier de chèvres égorgées en une nuit ! Par des bêtes sauvages ? Non, par des hommes ! Mais peut-on les qualifier ainsi ?

Souvenez-vous : à la mi-avril, M. Dominique Capretti, ancien transporteur et membre de « Strada Corsa » reconverti dans l’élevage à grande échelle, était venu raconter ses déboires en notre agence d’Ajaccio : « On ne m’accorde pas un prêt à moyen terme de 300.000 F, alors que l’importance de mes installations m’autorisait à emprunter beaucoup plus. Si je n’ai rien obtenu avant le 15 mai, je chargerai mes 1040 chèvres et mes 550 cochons à bord de semi-remorques de mes amis et j’irai les lâcher en plein centre d’Ajaccio, devant les grilles de la préfecture. Ce sera certainement le meilleur moyen d’attirer l’attention publique sur une anomalie. »

Réponse du Crédit Agricole : « Nous n’avons pas votre dossier. »

Ainsi, à la veille de la date annoncée, des inconnus ont privé le troupeau de M. Capretti d’un défilé à Ajaccio. Au lieu-dit Cavagnola, près de Ciamanacce, des ombres se glissent dans le maquis en direction de la bergerie. L’endroit est désertique…Sous un immense hangar d’une cinquantaine de mètres, est entassé un millier de chèvres. Les inconnus n’ont aucun mal à pénétrer à l’intérieur. Leur tuerie commence, dans le vacarme des bêlements, dans l’odeur fade du sang qui se répand à flots !

Leur forfait accompli, les inconnus ont entassé les chèvres, dont certaines étaient agonisantes, puis les ont recouvertes de planches et de paille. Ils ont ensuite arrosé le tout d’essence. Quelques instants plus tard, la bergerie n’était plus qu’un immense brasier.

Notons que peu avant minuit, les gendarmes motorisés sont passés sur la route voisine de la bergerie sans rien remarquer d’anormal.

Cet attentat a mobilisé les enquêteurs qui estiment qu’il pourrait y avoir un rapport avec la personnalité du propriétaire visé. Il faut rappeler que M. Dominique Capretti avait été inculpé, au mois de septembre 1975, après l’attentat du Boieng d’Air France sur l’aéroport de Campo dell’Oro. Mais d’autres hypothèses peuvent être retenues…

 

5 Juin 1982 "Dramatique explosion dans un immeuble de Montesoro"

Publié le 26 février 2018 à 11:35

Un nourrisson mort carbonisé. Sa mère et sa sœur brûlées à plus de 80% et cinq blessés plus ou moins atteints. Tel est la tragique bilan de la terrible explosion suivie d’un violent incendie qui s’est produite hier vers 10h20 dans l’appartement qu’occupent depuis plusieurs mois M.Joseph Pierucci, 26 ans, employé des P.T.T et sa famille au bâtiment B21 des Logis de Montesoro. Dix familles résident dans ce bâtiment. Les secours et les premières personnes venues sur le lieu de l’accident, visages graves et émus, se perdaient en conjoncture sur son origine. L’hypothèse d’une fuite de gaz était la plus admise.


On sait que M. Joseph Pierucci quitta son appartement en début de matinée pour se rendre à son travail, laissant son épouse Marie-Josée, 22 ans, vaquer à ses occupations. Elles ne manquent pas : la famille Pierucci comptait en effet deux enfants : Aurélie, trois ans, et Jonathan, six mois.

Le lieutenant-colonel Versini était à ce moment-là à son bureau. « J’ai pensé à une bombe et puis j’ai compris en voyant la fumée par la fenêtre. »

Les voisins eurent la présence d’esprit de fermer la conduite de gaz alimentant l’immeuble. Les sauveteurs ont dû circonscrire l’incendie et évacuer sur l’hôpital civil la petite Aurélie et sur la polyclinique de Furiani sa malheureuse mère (elles furent ensuite transférées sur Marseille), et procéder au sauvetage de toutes les personnes bloquées dans leurs appartements par l’incendie.

Moins d’un quart d’heure après les faits, les secours découvrirent au pied de son landau le malheureux Johnathan, mort carbonisé. Son corps fut transporté par des hommes en larmes.


M. Bruno Mastorchio, chef de la subdivision EDF-GDF de Bastia, a précisé durant l’enquête qu’aucun appel relatif à une fuite de gaz n’a eu lieu avant cette dramatique explosion. Ses services ont recensé tous les appels depuis le 1er janvier pour les odeurs de gaz décelées dans le secteur de Montesoro. Il y eut en tout et pour tout quatre appels mais les agents EDF-GDF n’ont rien relevé d’anormal aussi bien au bâtiment B18 qu’au B31 ou au B34. « En 80 ou 81, les visites ont confirmé la solidité et le bon état du réseau. » Il nous a ensuite précisé que le gaz de ville, plus lourd que l’air, descend en cas de fuite.

Seul le gaz est à l’origine de la catastrophe. Les investigations ont également démontré que le réseau EDF-GDF est en excellent état. La colonne montante desservant l’immeuble ne présente aucune anomalie. Les experts se sont penchés avec une attention toute particulière sur le chauffe-eau et sur la cuisinière de l’appartement des Pierucci. Une fuite de gaz ne peut provenir que de l’un de ces deux appareils.

L’explosion vient de faire une deuxième victime. Il s’agit de la petite Aurélie Pierucci, 3 ans, qui avait été atrocement brûlée lors du drame.


Toute la journée d’hier des rumeurs alarmistes ont circulé à Bastia où chacun appréhendait que ne fut vraie la triste nouvelle. Notre rédaction s’incline et présente ses plus vives condoléances.



8 Mai 1987 "Tour de Corse : Jean-Michel Argenti tué dans une sortie de route"

Publié le 8 février 2018 à 15:35

L’équipage n°91 composé de Jean Marchini et Jean-Michel Argenti, originaires l’un de Vescovato et l’autre de Bastia, a quitté la route lors de l’ultime épreuve chronométrée de la première étape qui conduisait l’ensemble des concurrents d’Ajaccio à Bastia.

L’accident s’est produit à un kilomètre cinq cents du village de Vignale. Le pilote venait de négocier une série de virages serrés lorsque sa 205 GTI a soudainement quitté la route. Alors qu’il basculait dans un ravin de plus de cinquante mètres, le copilote, Jean-Michel Argenti, était éjecté et tué sur le coup. Jean Marchini était lui prisonnier dans une voiture écrasée.

Les sapeurs pompiers de Bastia se sont rendus sur les lieux avec un véhicule de désincarcération.

L’émotion était grande hier soir après ce nouveau coup du destin qui est venu frapper le Tour de Corse pour la troisième année consécutive. Comme souvent en pareil cas, un tel drame ouvre la porte à la polémique : Au moment de l’accident, les deux pilotes avaient-ils leur ceinture et leurs casques ? Pas de doute à ce sujet, le rapport de gendarmerie est formel, comme nous l’a révélé le dr Combette, responsable de l’équipe médicale du Tour. Jean-Michel Argenti a perdu le sien lors de la chute.



17 mars 1972 « Ajaccio, 6h30. Un déséquilibré tue à coups de pistolet sa femme et sa fille ainée pendant leur sommeil»

Publié le 14 janvier 2018 à 4:15


Hier, 6h30 au 15 du boulevard Benielli, tout semble dormir. Tout à coup, des hurlements s’élèvent sur le palier du premier étage : « Vite, vite, prévenez la police, j’ai tué mes enfants… » Une locataire les alerte. Au moment où ceux-ci arrivent, Dominique Matraja gît dans le hall d’entrée, prostrée. A côté de lui, l’arme du crime. Dans l’une des chambres, ils découvrent la femme du meurtrier, Pierette, née Mariani, 38ans, vendeuse dans un grand magasin. Dans la seconde chambre, Joséphine, 11 ans, est morte d’une balle en plein cœur. Geignant à ses côtés, Marie-Antoinette, 6 ans, a reçu une balle dans la cage thoracique. Hier soir, tout danger semblait écarté pour elle.


On se perd en conjectures sur les mobiles qui ont pu animer le meurtrier. Il semble que son geste ne soit expliqué que par la folie. Depuis 12 ans, le couple Matraja était cité comme un exemple d’union heureuse et sans nuages. Mercredi soir encore, des voisins les voyaient rentrer souriants, main dans la main. Tout le monde s’accorde également à dire que les fillettes recevaient la meilleure éducation.

Employé municipal, il était chargé du service des parcmètres et donnait entière satisfaction à ses chefs. Avant d’exercer cet emploi, il était musicien amateur à la fois au sein de l’orchestre d’un cinéma de la ville et avec l’harmonie municipale.

Cependant, il apparait que depuis une quinzaine de jours, il avait consulté trois médecins qui tous trois lui faisaient suivre des traitements pour « déséquilibre mental ». Hier matin d’ailleurs, il devait subir la première d’une série de piqures. Hier, un ami l’avait trouvé assis seul sur un banc de la place De Gaulle, semblant réfléchir, la tête dans les mains. A certains, il confiait être inquiet car on lui en voulait, on le suivait, on voulait tuer ses enfants…Il a été incarcéré à la maison d’arrêt.




17 Septembre 1985 : "Corte : la fête s'achève en tragédie"

Publié le 10 janvier 2018 à 7:00


Il était 23h10. La chanteuse Maryse Nicolai commençait son tour de chant lorsqu’un grand bruit de chute était perçu sur le côté droit de la scène, dans le bâtiment Padoue. Les spectateurs ont découvert, gisant par terre, un gardien de la paix. Les organisateurs ont réussi à canaliser le public, affolé par l’accident. Assistant au spectacle, le Dr Zuccarelli, ancien conseiller général de Corte, s’affairait auprès du blessé qui perdait beaucoup de sang. Le malheureux policier, M. Jean-Félix Maestracci, venait de faire une chute de plusieurs mètres et gisait sur le palier du rez-de-chaussée. Il avait pénétré la salle non éclairée du premier étage pour s’inquiéter de la présence d’enfants et dû penser que ces derniers se cachaient dans la cage d’escalier qui avait été obstrué par les services municipaux. Le gardien de la paix pénétrait alors sur ce palier dangereux. Un faux plafond se dérobant sous ses pas, il tombait lourdement de plusieurs mètres. Très lourdement atteint à la tête, il devait décéder vers deux heures du matin.


L’émotion était grande à Corte. Né à Patrimonio, originaire du Niolu, M. Maestracci était un policier particulièrement apprécié par ses collègues et par la population. Il est nommé commissaire à Bastia le 1er octobre 1976. Deux mois plus tard, il obtient sa mutation sur Corte en qualité de sous-brigadier. Ce soir tragique, il effectuait sa dernière heure de travail puisqu’il venait d’être nommé à la police de l’air et des frontières de Bastia. La médaille d’honneur de la police, la médaille de vermeil, pour courage et dévouement, ont été décernées au policier défunt qui a été élevé au grade de brigadier. (Etienne Jacquemin)


10 mai 1986: "Bonifacio : la visite naufragée"

Publié le 23 décembre 2017 à 0:50

Dans l’ancien repaire de pirates fondé au IXème siècle par Boniface, la mer a taillé dans le calcaire d’immense falaises, attraction touristique pour des milliers de visiteurs. C’est à bord de la vedette se rendant aux grottes marines que s’est joué le drame.

La vedette « Saint Vincent » a éperonné un rocher au moment où elle ressortait de la grotte appelée Stragonata, à un endroit nommé « le Bain de Vénus… » L’eau s’est engouffrée dans la brèche et l’embarcation s’est abimée en quelques instants. Certains passagers ont été projetés par-dessus bord dans une eau à treize degrés. Tout s’est joué en trente secondes à peine.

Voici l’identité des huit victimes : Robert Drezet (Doubs), Henri Chuévot (Doubs), Gaston Courtet et son épouse (Ardèche), Mme Pierette Astier, Mme Marie Béton, M. Paul Amiot.

Le « Saint Vincent » mesurait neuf mètres, pouvait transporter vingt passagers et avait subi l’examen des services de sécurité en février dernier. Tout avait été déclaré conforme.

Vers 16h30, les corps des huit victimes ont été déposés à la morgue de Porto-Vecchio et Bonifacio et les blessés se sont répartis dans les hôpitaux des deux communes. Les Drs Bartoli, Beretti et Saladini ont géré les soins aux victimes.

Toute la nuit, Camille et Antoine Zuria ont été entendus. Camille, le jeune pilote du bateau, encore en état de choc, ne comprend pas comment il se retrouve là, dans des conditions aussi dramatiques. Son frère Antoine, propriétaire du bateau (et absent le soir du drame), non plus. Après avoir été entendu vingt quatre heures sur les normes de sécurité de son embarcation (normes respectées puisque tout le matériel de sauvetage était en place), Antoine Zuria a été relâché par la brigade hier. Son frère reste en garde à vue. Il sera déféré ce matin au parquet d’Ajaccio.

Une reconstitution a permis d’établir que le « Saint Vincent » a heurté le rocher alors qu’il entrait dans la grotte. Sous le choc, la coque subit de faibles dégats. A ce moment précis, plusieurs vedettes de promenade des grottes sont sur les lieux. Le pilote constate les dégats. L’avarie semble bénigne, il décide de rentrer au port. Le « Saint Vincent » ressort mais il va « boire » par l’avant après avoir parcouru à peine cent mètres. Une première vague s’engouffre et le trou s’agrandit. C’est la panique à bord. En moins d’une minute, le bateau va par le fond. Le pilote, bloqué dans sa cabine, sort par une ouverture latérale et va aider à repêcher les naufragés. Des bouées sont jetées, mais hélas, la mort a frappé huit fois.

Le procureur de la République reproche à Camille Zuria de ne pas avoir attendu les secours dans la grotte plutôt que d’essayer de regagner le port. De l’avis des hommes de la mer que nous avons rencontré, un bateau comme le « Saint Vincent » pouvait entrer seul, l’avarie étant très au-dessus de la ligne de flottaison. Mais ce vendredi 9 mai, la malchance était au rendez-vous. (Marius Muraccioli-Louis Bernardini)


 


3 Mai 1986 : « Drame sur le rallye »

Publié le 20 décembre 2017 à 5:35

Le Tour de Corse automobile a connu hier un terrible drame. Un an jour pour jour après l’accident qui coûta la vie à Attilio Bettega, deux coureurs de premier plan ont trouvé la mort. Le Tour avait bien débuté ; la deuxième épreuve comprenait le secteur du Bozio qui met durement à l’épreuve les coureurs les plus confirmés. Quatre-vingt pilotes ralliaient Corte en début d’après-midi. 14h53 : Henri Toivonen et Sergio Creto s’élancent sur ce chemin départemental au volant de leur puissante Lancia Delta S4 de quatre cents chevaux. Ils étaient les leaders de l’épreuve.

A 14h58, on apprenait qu’un accident s’était produit quatre kilomètres après le col d’Ominando à sept kilomètres du départ. La Lancia a fait une sortie de route. Les moyens de secours, dirigés par le colonel Battesti, furent dépêchés sur place. Il n’y avait hélas plus rien à faire pour Henri Toivonen et Sergio Creto.

Un policier cortenais, qui suivait l’étape à la jumelle, raconte : « J’ai vu la voiture amorcer normalement le virage mais elle n’est pas ressortie. Quelques secondes plus tard, j’ai entendu une explosion sourde et vu une colonne de fumée noire s’élever. »

La voiture a heurté un parapet puis percuté un arbre avant de s’écraser cinq mètres plus bas. Selon les experts et les représentants de la firme, il y eut un début d’incendie avant l’embrasement. C’est probablement le Turbo KKK et le puissant compresseur qui ont provoqué l’explosion. Les sauveteurs ne purent que retirer les corps carbonisés des deux pilotes.

Henri Toivonen serait parvenu à s’extraire de son harnais de sécurité puisque son corps gisait à quelques mètres du véhicule, tandis que Creto est resté au milieu de la voiture calcinée. Après sa chute le véhicule s’est immobilisé sur le toit.

Les dépouilles mortelles ont été ramenées au centre hospitalier de Corte où le Dr Benigno Bartoletti, médecin de l’équipe italienne, a procédé à l’identification des deux malheureux coureurs.

L’épouse du coureur finlandais et sa famille, ainsi que la fiancée de Sergio Creto, sont arrivés hier à Corte. Les deux corps seront transportés cet après-midi en Italie.

Les dernières épreuves spéciales ont été interrompues et un regroupement à eu lieu sur Calvi. C’est de là qu’est partie, ce matin à six heures, la troisième et dernière étape Calvi-Ajaccio. (Etienne Jacquemin)


 


16 février 1979 « Laurent Robert a succombé à ses blessures, hier à Bastia »

Publié le 15 décembre 2017 à 0:50

Le jeune homme de 25 ans est décédé hier à la polyclinique de Furiani où il avait été admis dimanche après avoir dévissé sur un nevé et fait une chute de plus de 25 mètres au pied du lac de Melo.

C’est dimanche vers 15 heures que les frères Laurent et Marcel Robert avaient entrepris l’ascencion d’un nevé qui surplombe le lac de Melo lorsque le plus âgé a dévissé.Son frère a aussitôt donné l’alerte auprès de la gendarmerie de Corte qui a dépêché sur les lieux des militaires de la brigade ainsi qu’un médecin du 2e R.E et l’ambulance Raggiotto.

La gravité des blessures laissait peu d’espoir aux médecins et chirurgiens de sauver le jeune homme qui restait jusqu’à hier matin dans un coma profond. Rien n’a été négligé pour sauver Laurent Robert : tous ont lutté pour arracher à la mort ce jeune étudiant en médecine, amoureux de la montagne.La nouvelle de sa mort a causé une vive émotion à Corte où il était promis à un bel avenir.




12 Avril 1981 : "Sur le chantier de Marina Viva à Porticcio, un géomètre expert tombe dans une tranchée et meurt enseveli"

Publié le 5 novembre 2017 à 5:10

L’accident a eu lieu vers 13h45 sur le chantier où de très importants travaux d’agrandissement sont en cours. M. Eric Peiffer, 23 ans, expert géomètre à l’entreprise Pompeani, demeurant rue Colonel Colonna d’Ornano, s’affairait près d’une tranchée de 5 mètres de profondeur lorsque pour une raison indéterminée, il tomba dans la tranchée, provoquant l’effondrement du talus de terre qui la bordait et d’où celle-ci venait d’être retirée.
Le malheureux fut, en l’espace de quelques instants, enseveli par la masse de terre. Les ouvriers firent l’impossible pour le dégager mais lorsqu’ils y parvinrent, le malheureux ne respirait plus. Il avait péri asphyxié malgré la promptitude des secours.

9 Mai 1965 : "Les recherches pour retrouver le petit Serge Vincenti dans le Golo se sont poursuivies sans succès"

Publié le 27 octobre 2017 à 4:10

Depuis vendredi et la disparition du petit Serge a Ponte Leccia, le village n’a plus Golo des yeux. Dans un grand et triste silence, la population, qui partage le drame d’une famille soumise à la plus cruelle des épreuves, cherche désespérément dans les eaux du fleuve la tâche d’un petit vêtement bleu…Dès hier soir, après une journée étouffante de chaleur et d’angoisse, personne à Ponte-Leccia n’osait plus nourrir l’espoir fou de retrouver Serge vivant. Le Golo l’avait emporté.

Ce que l’on sait des circonstances de ce drame ne permet aucun doute. Il était près de 17h30 vendredi. Au fond de leur jardin en bordure du fleuve, M.Mario Benvenuti et M. Toussaint Vincenti, le grand-père et père de Serge étaient occupés à réparer une pompe à eau. Près d’eux, l’enfant s’amusait à jeter des pierres dans l’eau. Il disparu quelques instants plus tard. Ce fut le début d’une longue heure d’angoisse. A 18h30, les gendarmes de Ponte Leccia, sous la conduite de l’adjudant Scheffer, arrivèrent sur les lieux. Se mêlant aux sauveteurs, les civils apportaient leurs concours spontané, battant le maquis et scrutant le fleuve. Mais la nuit tomba trop vite. Cependant, MM. Antoine Chelli, Noel Simonpieri et César Bastiani, trois jeunes habitants de Ponte Leccia, n’avaient pas attendu pour plonger dans l’eau, imités par un homme-grenouille venu de Bastia.

Deux jeunes gens qui se trouvaient sur le parapet du pont au moment de l’accident se souvinrent avoir remarqué dans le courant du fleuve quelque chose d’insolite. Des projecteurs furent installés. En vain.

Au lever du jour, bien, mené par le maitre-chien Barrière, le chien policier « Bodo sept » de Sartène, à qui l’on avait fait flairé une chaussure de Serge, participait aux recherches. Un plongeur de la gendarmerie de Calvi, M. Lagrange, descendit et remonta le cours du fleuve en plusieurs endroits. Mais ses tentatives furent négatives.

A 14 heures, le capitaine Bouvet, commandant le groupement de Bastia, prenait la conduite des recherches, assisté de l’adjudant Cascalès, adjoint au commandant de la compagnie de Corte.

Un hélicoptère survola le lit du Golo, tandis que deux groupes partaient en sens inverse : l’un remontant depuis Casamozza, l’autre descendant de Ponte Novo le cours du fleuve. Là encore les recherches furent vaines.

Dans la cour de la maison, Pauline, 6 ans, et Francis, 9 ans, assistaient sans comprendre le drame qui fait pleurer les parents. (François Peretti)


19 Mai 1965 : « Le corps du petit Serge Vincenti a été retrouvé dans le lit du Golo à 8km au nord de Ponte Leccia »

Il aura fallu onze jours pour retrouver un bébé de 32 mois emporté le vendredi 7 mai par les eaux du Golo. Onze jours d’une attente épuisante pour les parents. Peut-être les moyens importants mis en œuvre hier pour continuer les recherches sont-ils à l’origine du dénouement de ce drame affreux.

Chaque trou d’eau a été inspecté mètre après mètre.

Le gendarme Martelli, de la brigade de Corte, qui parcourait le fleuve de l’eau jusqu’à mi-corps, aperçut une minuscule tache blanche qui se produisait par intermittence dans un petit tourbillon. Il s’agissait d’une main que le ballotement des eaux dégageait par moment du dessous d’une souche immergée à 1,50 mètre de profondeur et qui retenait le corps du bambin. Un homme grenouille de la B.A.N plongea pour dégager le corps et le ramener sur la berge. Mais il fut ordonné de l’immerger en attendant l’arrivée du médecin légiste, car l’exposition à l’air d’un noyé peut fausser l’autopsie par une décomposition brutale du cadavre.

Le Dr Moracchini, médecin légiste, a conclu à une mort par noyade. L’enfant était vêtu du petit pantalon bleu et de la chemisette blanche qu’il portait le soir de sa disparition. Ses obsèques auront lieu à Ponte-Leccia.


20 Mai 1965 : « La population de Ponte Leccia a fait d’émouvantes obsèques au petit Serge Vincenti »

Seize adolescents, porteurs de gerbes de fleurs blanches ont ouvert la marche. Le service mortuaire allait se dérouler dans le cadre de la vieille chapelle des Polidori de Sartène, devenue aujourd’hui une église paroissiale. La messe fut célébrée par l’abbé Giuliani, curé de Morosaglia.