Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

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9 juillet 1972 : " Avant Toni Casalonga, le berger de Pigna ne savait pas que ses flûtes pouvaient devenir des objets d'art"

Publié le 24 novembre 2018 à 6:10

 Il y a une dizaine d’années, un petit village se mourrait parce qu’il lui semblait, à notre ère citadine, qu’il n’avait guère mieux à faire. L’école de Pigna s’apprêtait à fermer ses portes. Et c’était là une bien poignante perspective pour les nonnes du coin qui désespéraient de ne jamais plus entendre les cris des enfants dans la courette de leurs récréations d’antan. A moins d’un miracle…

Ce miracle est venu, en prenant la forme inattendue d’un souvenir…Le souvenir qu’avait conservé de Pigna un jeune artiste ajaccien venu là passer ses vacances d’adolescent…

Toni Casalonga, 34 ans, marié et père de famille, ancien élève des Beaux-Arts de Paris et de l’Académie de Rome, n’avait pas oublié l’image de ce village où il rêvait de revenir. Pour s’y installer et y vivre.

Lorsqu’il revint, il perçut aussitôt la menace qui pesait sur Pigna destiné à s’éteindre. Mais il ne jugea pas la situation comme perdue. « Quand on ne dramatise pas les situations, elles sont simples… » dit ce garçon dont les traits disent l’intelligence et la volonté.

Avec ses talents de peintre, sculpteur et graveur, et le renfort de deux amis, (Alexandre Ruspini, un ébéniste ajaccien, et André Truchon, un potier parisien), il entreprit de renverser le cours du destin de Pigna.

Les trois hommes furent tout d’abord accueillis avec la curiosité bienveillante que l’on réserve aux étrangers. Le reste fut un travail de longue haleine. Comment faire admettre à des gens qui étaient par essence des agriculteurs ou des bergers qu’ils pouvaient être des artistes ? Si Pigna renait aujourd’hui de ses cendres, c’est bien parce que Toni Casalonga et ses compagnons ont su ne pas aristocratiser leur métier, ne pas élever de barrières entre eux et les autres.

Ce n’était pas la moindre des tâches. Le début de leur réussite consista à démontrer à un berger local que les flûtes qu’il fabriquait pour s’amuser, pouvaient être des œuvres d’art et qu’elles pouvaient constituer une œuvre et une production sérieuse.

Partant de constat « qu’on n’apprend rien à quelqu’un, mais qu’on le met en contact avec un marché », Toni Casalonga et ses amis ont ainsi mené tout un groupe d’habitants du village vers une fabrication artisanale concertée.

Ainsi est née « la Corsicada », coopérative dont la rentabilité est certaine et qui possède désormais huit points de vente en Corse et un neuvième à Paris.

Pigna, le village des artistes, fabrique aujourd’hui des bougies décorées aux fleurs du maquis, de petites chèvres, des sous-verres, des santons. L’un des plus étonnés fut sans doute le propriétaire Pierre Salducci dont les orangers reproduisaient jusqu’à naguère des fruits si petits qu’ils étaient pratiquement invendables.

Pour lui, on a retrouvé une ancienne recette d’un vin d’orange qui revit maintenant son heure de gloire. Le succès est au rendez-vous : cette année, on ne pourra satisfaire la demande en dépit de la production de 2000 bouteilles !

Mieux encore, on récupère la pulpe des orangers pour en faire de la confiture. Rien ne se perd. Surtout pas les efforts louables. Pigna, dont le « produit local brut » a augmenté de 50%, revit maintenant des heures souriantes et le village s’est repeuplé de 40%.

Quant à Toni Casalonga, il continue de faire surgir des trésors d’une inlassable imagination. Sa dernière initiative ? Produire avec illustrations sous forme de ravissantes gravures à l’eau-forte de merveilleuses traductions en langue corse d’œuvres poétiques anglaises, française et vietnamiennes. (André Luchesi)


23 octobre 1987 : « Le voyage extraordinaire d'un Corse aux Etats-Unis »

Publié le 22 octobre 2018 à 9:35

 Pourquoi certaines villes américaines portent-elles des noms évocateurs de la Corse tels que Paoli, Corsica ou Corsicana ? C’est en se posant cette question que Bertrand Barbot est parti au mois de septembre pour un voyage de trois semaines aux Etats-Unis. Une autre idée l’animait : trouver des marchés pour l’artisanat local.

A l’université de Columbia de New York, il épluche les archives de la Révolution américaine pendant six jours. Il apprendra que les patriotes américains écrivant la constitution avaient pour modèle celle de Pascal Paoli. Les archives font aussi état de rencontres entre Paoli et Washington, Ash ou Franklin. Même exilé en Angleterre, Paoli garda des contacts avec les révolutionnaires.

De cette époque, les Américains ont gardé un souvenir un peu particulier et une certaine tendresse pour la Corse, tout au moins en ce qui concerne les universitaires.

Corsica City, sud Dakota, une petite ville de 700 habitants du Middle West. La visite de Bertrand Barbot est une surprise ici. Les journaux locaux (le « Daily Republic » et le « Corsica Globe » consacrent des articles au jeune ébéniste. La télévision Kelo Land TV lui fait même une place dans son journal. Le scénario sera le même en Indiana, au Texas ou en Pennsylvanie. Apparemment, on aime ce genre d’initiative.

De ces liens entre révolutionnaires est resté une tradition amusante. Dans certaines familles la coutume veut que l’un des enfants s’appelle Pascal voire Pascal Paoli. Les registres d’état civil sont très parlants à ce sujet. (Isabelle Luccioni)



19 novembre 1999 : « Tilly Key, de l'ombre à la lumière »

Publié le 5 octobre 2018 à 10:40


Elle a fait un sacré bout de chemin depuis sa prestation sur la scène de Biguglia. C’était en 1992 et la petite Laetitia avait emporté le premier prix du concours de la chanson corse, parrainé par Michel Fugain. Son grand-oncle est le ténor italien Francesco Tamagno, et sa grand-mère, Marie Louise Tamania n’est pas non plus étrangère à la vocation de cette jeune fille qui n’a pas hésité à ‘monter’ à Paris pour faire carrière.


Son premier single, ‘L’Ombre et la Lumière’, une chanson spécialement écrite à son intention par Carry Kani, l’un des auteurs du groupe ‘Poetic Lover’, se taille un beau succès. Diffusé notamment sur Sun Radio et Europe 2, le titre a donné lieu à un clip que l’on peut voir sur M6 et les chaines musicales. « Ma grand-mère a toujours chanté, c’est elle qui m’a transmis ce don. J’ai beaucoup travaillé ma voix, notamment en tant que choristes. C’est une aventure que je partage avec ma sœur Virginie. »

Ses influences musicales vont d’Aretha Franklin à Stevie Wonder en passant par Lauryn Hill. (Hélène Romani)


20 septembre 1966 : «Première liaison Ajaccio-Bastia en trois heures »

Publié le 1 octobre 2018 à 10:50

 

« Le train d’affaires » comme il a été baptisé, fait Ajaccio-Bastia en trois heures. Hier, pour la première fois, le train rapide est arrivé à Ajaccio avec une précision stupéfiante. Il était à Ajaccio-Gare exactement à 9h56 et à Ajaccio-Centre à 10h, ce qui a fortement réjoui les 28 passagers qui en quelque sorte inauguraient cette première liaison rapide. En effet, parti à 7h de Bastia, l’autorail était sa première étape, Casamozza, à 7h21 précises, à Ponte-Leccia à 7h48, à Corte à 8h20 et à Ajaccio à l’heure prévue. Le rapide a mis 1h34 pour effectuer Corte-Ajaccio. C’est quand même appréciable.

Nous avons interrogé quelques-uns de ces voyageurs. M. Poli s’est exclamé : « Enfin, la Compagnie des chemins de fer est à féliciter. » M. Pietri : « Pour 18 F, Ajaccio-Bastia en 3 heures, c’est formidable. Il était bien temps ! »


Ces quelques impressions reflètent l’opinion de tous. Le rapide était une nécessité. Le personnel des C.F.C est ravi. M. Canasi, des guichets à Ajaccio, nous a dit : « Nul doute que ce petit train n’obtienne un grand succès. Aujourd’hui, il a fait le plein, comme on dit. »


Le chauffeur, André, est lui aussi très satisfait : « C’est une petite voiture qui s’adapte merveilleusement à la voie. Il n’y a aucun danger, lorsqu’elle est en pleine vitesse, elle peut faire des pointes à 70 km/heure. Je crois que les voyageurs sont satisfaits. » (Lily Figari)


23 février 1975 : « Opération 'recensement mouflons' dans la forêt d'Asco »

Publié le 25 septembre 2018 à 9:25

 A l’initiative de M. Ange Guerrini, qui préside la commune d’Asco, cette opération fut décidée en collaboration avec les responsables de la Fédération départementale de la chasse, pour sauvegarder et protéger les rares mouflons vivant encore à Asco (une quinzaine environ). Pour cela, il a disposé de la forêt d’Asco, qui tient son nom de la commune propriétaire.

La première mesure prise fut celle de traquer les braconniers qui continuaient d’anéantir cette espèce en voie d’extinction. Cela porta ses fruits. En 1973, à la demande de la Fédération de la chasse et de l’autorité préfectorale, dix petits mouflons ont été donnés à la commune de Venaco, qui elle aussi s’enorgueillit de posséder un parc fermé dans la haute vallée du Vecchio, où l’espèce est aussi très bien protégée.


« Qu’y a-t-il de plus majestueux qu’un mouflon scrutant d’un pic l’horizon ?», nous disait M. Ange Guerrini, qui nous avait convié à l’opération recensement, confiée au garde-chasse Joseph Vitti, montagnard chevronné et conseiller municipal de la commune. Le chef Schwalbach et le gendarme Claude Loiseau, de la brigade de Ponte-Leccia, MM. Jacques Bezian et Antoine Grimaldi, chef et sous-chef des secteurs de l’O.N.F et M. Antoine Vesperini, guide au parc national régional, ont également participé aux opérations.

Nous avons vu des mouflons dans la brume, mangeant le fourrage ou léchant les blocs de sel, disposés sous l’un des kiosques à proximité du refuge du Touring Club de France.



12 Février 1995 : « Première manifestation de femmes corses contre la violence »

Publié le 17 septembre 2018 à 9:20


Trois banderoles étaient visibles : « Pour la vie- contre les violences-Pour l’état de droit », plus d’un millier de personnes ont défilé dans Bastia, elles étaient 200 à Ajaccio. Elle a débuté à 14h30 au palais de justice de Bastia.

Eric, 21 ans, donne son impression : « Les femmes mettent au monde les enfants, elles les élèvent, les éduquent. Pour elles, un meurtre, c’est l’assassinat d’un enfant ou d’un frère…Un mouvement de femmes fait leur force car elles expriment leurs idées. » Pour Yves, 80 ans : « Cela correspond à mes opinions. Je suis scandalisé par la violence qui se généralise quelque soit les motifs, politiques ou autres. » « Je ne sais plus où j’en suis. C’est le cœur qui parle. Ça me fait mal cette dérive de la Corse. Les femmes ont eu le courage de se lancer dans une aventure, qui, je l’espère, ira très loin. Mon rêve est que la Corse donne l’exemple, que nous exportions notre générosité, notre hospitalité… » témoigne Antoine.  (Jocelyne Normand)



2 Juin 1970 « C'est l'intervention d'un jeune homme qui a permis d'éviter la noyade de quatre personnes à Sant'Ambroggio »

Publié le 11 juin 2018 à 6:15

Une véritable tragédie de la mer a été évitée de justesse dimanche après-midi au lieu-dit ‘Pinzuli’, près de Sant’Ambroggio. Il était 14h15 environ. M. René Maron, 42 ans, directeur du village de vacances de la C.N.R.O de Folelli, son épouse et leur jeune fille Sylviane, 12 ans, avaient décidé d’annuler la baignade familiale en raison du mauvais état de la mer. Aussi décidèrent-ils de s’installer sur les rochers. Tandis que la famille pêchait le long de la côte, une très forte vague vint frapper le rocher sur lequel se trouvait Mme Maron, laquelle fut déséquilibrée et emportée dans l’eau.

Instinctivement, M. Maron se jeta à l’eau et parvint à rattraper son épouse, mais la houle assez forte les empêcha de reprendre pied. A son tour, leur fille affolée, se précipita au milieu des vagues et M. Maron dut décupler ses efforts pour l’empêcher d’être entrainée au large. Exténué et atteint d’une syncope, M. Maron cessait de lutter. M. Filippi, de Sorbo-Ocagnano, alerté par les appels angoissés des désespérés, arriva sur les lieux. N’hésitant pas un seul instant, il tenta de porter secours aux malheureux mais se trouva lui aussi empêché.

La tragédie se jouait quand le jeune fils de M. Filippi, âgé de 16 ans, s’élançait au secours des naufragés. Avec un sang-froid extraordinaire, grâce à ses qualités exceptionnelles de nageur et de sauveteur, il parvint à ramener Mme et Mlle Maron ainsi que son père sur le rivage.

Sans perdre de temps, le jeune homme pratiquait le bouche-à-bouche et des massages cardiaques sur la personne de M. Maron.

Sitôt averti, le Dr Massimi, de Calvi, se rendait sur place où M. Maron retrouvait ses esprits. Le jeune Pierre Filippi, sans lequel l’inévitable se serait produit, mérite plus que des félicitations chaleureuses : un bel hommage. (J-B.S)


13 Aout 1973: « Boues rouges : la protestation »

Publié le 28 mai 2018 à 16:30

La Corse en colère a une nouvelle fois manifesté son mécontentement face à la poursuite des déversements des boues rouges par la Montedison. La manifestation fut empreinte d’une particulière dignité, faite de fermeté et de sagesse.


La nervosité des participants était sensible, une nervosité due à une certaine exaspération il y a maintenant 18 mois que les déversements se poursuivent.

Le préfet, M. Jean Faussemagne, l’a lui-même constaté : « J’ai constaté la volonté de pondération dont on fait preuve les membres de la délégation ainsi que tous les organisateurs de la manifestation. »

A 10h45 à Corte, le dr Edmond Simeoni renouvelait les consignes et invitait le cortège et invitait le cortège à prendre la route pour Vizzavona. Une centaine de voitures, toutes ornées de fanions et drapeaux à tête de Maure, s’ébranlaient sur la R.N 193, en direction d’Ajaccio. La marche pacifique avait commencé.

On traversa ainsi St Pierre de Venaco. Chaque fois, le cortège ralentissait, les klaxons hurlaient et on distribuait des tracts à la population qui suivait avec une évidente sympathie cette manifestation. A Vivario, les réactions étaient les mêmes. « On devrait faire sauter l’usine », déclaraient en réponse à une question deux anciens assis à la terrasse d’un café.

A Vizzavona, chacun profita de l’air frais et des ombrages pour se détendre et faire le point avant la descente sur Ajaccio.

Et ce fut vers 14 heures le départ pour Ajaccio où le cortège, long de plusieurs kilomètres, arriva vers 15h45. Comme convenu avec le service d’ordre, les voitures se rangèrent sur le parking de la route de l’Amirauté, fermée pour la circonstance à la circulation. Là, les manifestants se groupèrent en cortège avec drapeaux et pancartes sur lesquelles on pouvait lire notamment  « Corses, avec nous, jusqu’aux boues ! », ou bien « Tout le monde il est boue, Montedison garde les sous ! ». Le boulevard gagna par le boulevard Sampiero, la place de l’hôtel de ville où attendaient des Ajacciens, fort peu nombreux en vérité, et surtout des manifestants venus du sud de la Corse et particulièrement du Valinco et du Sartenais.


Au terme d’une brève allocution, au cours de laquelle il devait notamment déclarer « Les boues rouges durent depuis 18 mois et vont se poursuivre avec l’accord du gouvernement italien et la complicité du gouvernement français. »

La manifestation a ensuite gagné la préfecture. 2500 manifestants arrivaient alors devant les grilles du Palais Lantivy. Ils reçurent le renfort de Me Nicolas Alfonsi, député de la circonscription Ajaccio-Calvi. Une délégation sera reçue par le préfet. La délégation est sortie de la préfecture par une porte latérale et ses membres ne cachaient pas leur déception…Ils n’avaient pas pu obtenir de nouvelles assurances de la part du préfet Faussemagne. (J-P Gherardi-Photos Mignucci)



2 Juin 1993 : « Le second voyage d'Astérix en Corse »

Publié le 29 avril 2018 à 2:55

Vingt ans après, Astérix et Obélix font leur retour dans l’ile. Mais avec une différence de taille : ils s’expriment dans la langue du pays. Grâce à Francesca Albertini-Vanucci, maitre de conférence à l’université Pasquale Paoli et spécialiste en sciences du langage qui vient de réaliser ce qu’elle tient à appeler une adaptation. L’ouvrage sera tiré à 5.000 exemplaires, tous retenus par un distributeur local. C’est la première fois dans l’édition comme dans l’histoire de la langue corse qu’une telle initiative est couronnée de succés.

« J’ai eu cette idée en 1985. Enseignante dans une classe de 4e à Corte, j’ai conduit une expérience pédagogique avec mes élèves qui consistait à vérifier leur aptitude à passer d’une langue à l’autre et leur dextérité en dehors des schémas traditionnels d’expression. Sur la base précisément de quelques planches d’ « Astérix en Corse ».

Il y a un an, elle reprend la B.D et décide de porter le projet à son terme. Elle écrit à la maison d’édition Dargaud et reçoit le feu vert pour commencer la traduction. « Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières. J’ai pris la liberté d’utiliser toute la gamme des tournures idiomatiques. Le corse est une langue très subtile et il apporte la preuve qu’il n’y a pas de hierarchie à établir entre les différent parlers. »


A-t-elle été gênée par les clichés de la B.D ? « Non. Je crois que nous pouvons tout à fait intégrer ce qui n’est qu’une façon extérieure de voir la réalité insulaire. Ce qui est important pour une société, ce n’est pas le stéréotype, mais sa genèse. »

Elle s’est refusée à suivre à la lettre le texte original. « J’ai un code linguistique à ma dispossition. J’ai donc tenu à mobiliser toutes ses ressources sans me définir par opposition au français, mais sans faire le complexe de la langue minoritaire. » (Joseph-Guy Poletti-Jeannot Filippi)


6 Juilet 1994 : « 14 orphelins bosniaques reçus dans des familles corses »

Publié le 28 mars 2018 à 10:25

Ils ont débarqué à Bastia les yeux remplis de fatigue et d’incertitude. Pour quelques jours de vacances après des mois d’enfer. Ils sont quatorze. Blessés par la folie des hommes. La guerre leur a pris leurs parents. Ils s’appellent Drazen, Jojo, Slovak, Magdaléna et Héléna.

Jeudi, ils étaient encore à Split. Ils virent arriver une équipe de l’association ‘Corse Solidarité’ et de la FALEP qui devait avaler les mille kilomètres séparant Trieste de la ville croate. Ils leur apportent un peu de chaleur sous la forme d’un séjour en Corse.

A la tête de ce convoi, composé de trois véhicules prêtées gracieusement par Hertz : Bernard Benedetti, médecin. Lieu de ralliement : l’orphelinat ‘Mileva Tomic’ avec lequel l’ONG ‘Le Pélican’travaille en étroite collaboration.

Depuis le début du conflit qui frappe l’ex-Yougoslavie, cent orphelins y ont été recueillis. Ils vivent dans un environnement matériel proche du dénuement. Les responsables de l’établissement eurent donc la lourde tâche de choisir quatorze enfants. Après Pise, ils se sont embarqués sur un navire de la ‘Corsica Ferries’ qui s’est elle aussi associée à l’opération en offrant des billets de passage. A la tombée de la nuit, sur le port de Bastia, les familles d’accueil les attendaient. Les enfants resteront en Corse jusqu’au 20 juillet. (Joseph-Guy Poletti)


28 Juillet 1994 « Le bonheur corse des enfants bosniaques »

Les 14 enfants viennent de regagner l’orphelinat de Split. Leur regard a changé. Aujourd’hui, on peut y déceler une petite lueur du nom de ‘Corsica’. Après la traversée Bastia-Livourne, ils ont dû parcourir plus de 1000 kilomètres sur des routes de fortune. Un voyage encadré par M. Jean-Valère Geronimi, coordonnateur de l’opération , MM. Louis Filippi, Franck Pieretti, Mme Catherine Sarbil, MM. Marcel Gambini, Jean-Louis Noel, le frère Drago, le dr Benedetti ainsi que les accompagnateurs Mme Stanka et M. Igor.

Arrivés à Split, ils ont retrouvé leurs copains. Les accompagnateurs de l’association ‘Pélican’ ont procédé à une évaluation. Bilan : « une réussite extraordinaire. » Ces mots ont été prononcés en présence de la délégation corse. Une réussite qui doit beaucoup à la qualité d’accueil des familles corses qui ont su offrir à ces enfants une raison d’oublier la guerre. Les enfants écriront certainement à leurs ‘parrains’ corses pour les remercier de leur avoir rendu le temps des vacances, la chaleur d’un foyer perdu. (J-P.G-Luccioni)



22 janvier 1992 «La flamme olympique immortalisée à Vizzavona »

Publié le 20 mars 2018 à 18:05

La Corse s’apprête à accueillir la flamme olympique. Lorsqu’elle touchera le sol insulaire, on sera à j-13 du rendez-vous d’Albertville. La flamme sera accueillie à l’aéroport de Bastia-Poretta par la chorale arts-musica et une section de louveteaux. Installée dans le théâtre de la ville, six jeunes sportifs la garderont pendant que la population défilera pour admirer le symbole des jeux.

A Bastia, 1700 élèves des écoles primaires de la ville seront rassemblés pour participer à l’évènement. Lundi, le premier des 85 porteurs s’élancera de la place St Nicolas pour rejoindre Corte. Là, la citadelle s’embrasera. A Vizzavona, Jean-Claude Killy et Yves Cousquer, PDG de la Poste, poseront une plaque commémorant le franchissement par la flamme des deux départements de l’ile. Enfin, la flamme rejoindra Ajaccio (Place d’Austerlitz) et rejoindra Nice le soir-même. En Corse-du-sud comme en Haute-Corse il a fallu créer de toutes pièces la vasque devant accueillir la flamme olympique. A Bastia, ce sont les élèves des classes de première et de terminale BEP Structures métalliques du lycée professionnel Fred Scamaroni. Ce cratère de 1,50 mètre de diamètre mesure2,40 mètres. (CLS)

28 janvier 1992 « La flamme magique magique »- 29 janvier 1992  « L’embrasement de Corte à Ajaccio »

Des milliers de personnes ont acclamé le passage du flambeau olympique brandi par 71 porteurs. L’enthousiasme était partout. Depuis la place St Nicolas, où Emile Zuccarelli a libéré et accompagné Marie Arenas sur plusieurs dizaines de mètres, jusqu’à Corte où le maire, le Dr Jean Colonna acceuilli Laetitia Patroni, le dernier porteur de la journée qui a allumé la vasque qui dominait la place Paoli, noire de monde.

Il y eut tout au long de cette 45ème étape du parcours olympique. A Ponte-Leccia, une vingtaine de cavaliers des haras de Codole ont emboité le pas des porteurs jusqu’à Francardo paré d’une multitude de ballons. « Francardo 92… » pouvait-on lire sur une banderole brandie par une foule de jeunes gens. Puis ce fut la montée sur Corte. Corte, 17h55 : la flamme est à l’heure. De part et d’autre du cours Paoli, plusieurs centaines de personnes font la haie d’honneur à Laetitia Patroni et son accompagnateur Jean-Louis Françon, postier cortenais, escortés sur les derniers mètres du parcours par les trente derniers porteurs. A 18h00, la vasque dressée Place Paoli s’embrase. Dans le même temps, un feu d’artifice illumine toute la citadelle. (Charles Monti)


La flamme a ensuite rejoint Ajaccio par le col de Vizzavona, l’étape la plus élevée que la flamme aura eu à franchir au cours de ses 57 étapes à travers la France.

La flamme, relayée par de jeunes sportifs insulaires et leurs escorteurs entamèrent la descente en petite foulée de la vallée de Gravona. Et ainsi de suite, jusqu’à l’arrivée à la préfecture de région, cours Napoléon, puis la place du Casone. De mémoire d’Ajaccien, rarement cette place avait été aussi noir de monde. Là, la 151ème relayeuse insulaire de la flamme, Maria Seron, 15 ans, et son escorteur Pascal Orsi, se frayaient un chemin pour atteindre la vasque réalisée par les élèves du lycée professionnel des Salines. La jeune Maria embrasa la vasque et aussitôt un feu d’artifice crépitait au-dessus du Casone. A 20h10, la flamme s’envolait pour Nice. (Marie-Magdeleine Pugliesi-Conti, Jo Mignucci)




10 Mars 1988 "2500 épaves recensées en Balagne et enlevées"

Publié le 19 février 2018 à 11:00

On en trouve 1500 pour la seule commune de Calvi. Voilà qui donne l’ampleur de l’opération déclenchée il y a deux semaines par le Syndicat intercommunal de défense contre l’incendie et la protection de la nature.

La présidente, Mme Bibiane Consalvi, après avoir fait le point, commune par commune, a décidé de concrétiser un projet répondant au souhait de tous ceux que la présence ca et là de véhicules hors d’usage agresse tant la dégradation des sites est criarde.


Partout où des épaves sont signalées, un camion équipé d’un engin de levage se déplace pour les enlever. Dans de nombreuses communes, des propriétaires d’épaves stationnées sur le domaine public s’opposent à leur enlèvement. C’est incontestablement la décharge de Calvi qui fournira le plus de matière à l’entreprise Pasqualini.

Financées grâce au concours de l’assemblée de Corse, les opérations sont à mettre à l’actif du Syndicat intercommunal, à la tête duquel Mme Consalvi entend assumer ses responsabilités.



23 Mai 1987 "L'Ile-Rousse, première ville fleurie de Corse"

Publié le 19 février 2018 à 4:15

Trois prix nationaux, obtenus pendant trois années consécutives, témoignent d’une volonté et d’un esprit de recherche qui traduisent ce souci de l’art floral dont le député-maire, M. Pierre Pasquini, a, dès son premier mandat en 1971, fait preuve pour offrir aux habitants de la cité et à ses visiteurs un cadre de vie et une image qui soient comme un label. Avec son adjoint délégué, M. Pierre Fondacci, le maire et la population partagent une satisfaction légitime. M. Pierre Pasquini a voulu que soit confiée à Caroline Olhagaray, plus jeune conseiller municipal de Corse, le soin d’inaugurer ce cadeau. (Photo Suzzoni)


20 Avril 1973 « Le tourisme équestre : une oeuvre de rénovation rurale»

Publié le 30 janvier 2018 à 9:05

Quelques hommes, sous l’impulsion de M. Olivier Lebrun, animateur du Parc naturel, ont réalisé un premier circuit équestre. Après avoir entrainé des chevaux de montagne avec le concours des Eclaireurs de France installés à Tattone, six de ces chevaux leur furent confiés et ils purent ainsi rayonner pendant un mois sur les pistes de Vizzavona. Satisfaits de leur essai, ils tentèrent et réussirent la traversée Vizzavona-Quenza en compagnie de personnes n’étant jamais montées sur un cheval. Puis fut envisagée la constitution d’une association pour permettre d’organiser des circuits aménagés en montagne. Ainsi naquit l’Association pour le développement de la randonnée équestre. Les responsables en sont MM. Pierre Milanini et Dominique Laurenti, téléphone 13 à Quenza. Le secrétariat général est installé 7 rue Colonel-Feracci, Corte.



Des bergers, des agriculteurs et des guides connaissant bien la montagne peuvent seuls offrir ces découvertes en apprenant aux autres à aimer et à connaitre les plantes et les fleurs qui parsèment l’itinéraire.

Il y a seulement une dizaine d’années, presque toutes les familles possédaient encore des chevaux. Quelques troupeaux subsistent, mais ils restent absolument inexploités. Leurs propriétaires n’en font rien. Le patrimoine actuel se compose essentiellement de trois grands troupeaux en Balagne, dans le Niolo et dans la région de Quenza. Une deuxième association est d’ores et déjà lancée.

Une deuxième association, « Cavallu Niulincu » s’est constituée pour couvrir le centre de la Corse. Ce sont MM. Jérome Négroni et Jean-Jacques Grimaldi qui la dirigent. Son siège : Bar du Lac à Sidossi, tel 75.

14 janvier 1999 "Pleine nature pour les cerfs"

Publié le 20 janvier 2018 à 14:25


Depuis l’année dernière, une étape décisive a été franchie dans le processus de réintroduction du cerf en Corse. Des lâchers dans la nature ont été réalisés. Une première naissance en liberté à été constatée ! Mais le pari n’est pas encore gagné et la vigilance est de mise. Il faudra attendre plusieurs années pour juger de l’évolution des populations sauvages. Implantés en Corse depuis l’Antiquité, les derniers cerfs ont été victimes des chasseurs dans les années 60. Grâce à l’action du parc régional un programme de réintroduction a été décidé et en 1985 les quatre premiers individus capturés en Sardaigne sont installés dans l’enclos de Quenza. En 1991, onze bêtes sont transférées à Casabianda. En 1992, on y enregistre une première naissance : Tintin (de Pasquale et Julie).


Deux lâchers de cerfs se sont déjà déroulés à Quenza le 3 février 1998. Les animaux constituaient alors un groupe de 11 individus. Puis cinq ont été rendus à la liberté. De manière générale, lâcher de cerfs en milieu naturel se déroule conformément aux prévisions de départ. L’avenir du cerf corse parait assuré. Touchons du bois. (I Pistoresi)


 


17 mars 1972 « Un habitant de Porto-Vecchio retrouve sa fille à Grasse, 27 ans après"

Publié le 14 janvier 2018 à 4:35


Ce fut un moment de grande émotion lorsque, à Grasse, Mme Pistolesi se jeta dans les bras de son père, M. Félix-Antoine Bastiani, 56 ans, arrivé de Corse par avion, et que son gendre était allé quérir à l’aéroport de Nice-Côte d’Azur. Elle ne l’avait pas revu depuis 27 ans. Pour Marie-Catherine Pistolesti, c’était la fin d’une très longue période d’incertitude, d’ignorance et d’angoisse quant au destin de son père, parti de Phnon-Penh lorsqu’elle avait deux ans à peine. Caporal au IIème Régiment d’infanterie coloniale, il combat au Cambodge pendant la dernière guerre.

En 1943, il fait la connaissance d’une jeune fille de Phnon-Penh, Yvonne Pianet. Deux enfants, une fille et un garçon, sont nés de cette union. Il quitte le pays en 1945. Sa femme ne le suit pas. Le divorce mettra fin à une union éphémère. Marie-Catherine sera envoyée à Paris. Elle a douze ans et apprend le français chez les sœurs oblates de Saint-François de Sales à Morangis, puis Grasse. Elle rencontrera plus tard Jean-Pierre Pistolesi en 1964 qui lui donnera deux enfants. « J’ignorais tout de l’existence de mon père. On m’a toujours qu’il avait disparu. J’ai demandé à mon mari de faire des recherches. On a écrit à Campile où mon père était né. J’ai su qu’il habitait Porto-Vecchio. Il a très vite répondu à ma lettre. Et voilà. » (Rodolphe Giraud)


12 Septembre 1982 : « Trois hommes se penchent sur l'ile : Ils ont formé le « K.G.B »

Publié le 25 mai 2017 à 13:55

Ces hommes ont décidé de travailler pour le bien de la Corse, dont ils sont passionnés.

K pour Paul Kuntsmann, diplomé de l’E.S.S.E.C et de sciences économiques, G pour François Grimaldi, diplômé de Centrale à Lyon et B pour François Bartoli, diplômé de l’E.S.S.E.C.

Dynamiques, jeunes et pleins de bon sens, ils proposent d’intervenir dans les entreprises et PME, mais aussi dans l’agriculture, le tourisme et l’aménagement. « Il faut rééquilibrer l’économie corse , augmenter son autosuffisance et favoriser la création d’un secteur moderne »

5 mai 1988 : « Un bébé en plein ciel. Elle accouche entre Calvi et Bastia »

Publié le 5 février 2017 à 7:05


Une fois de plus hier, l’avion sanitaire du SAMU a prouvé sa nécessité. Appelé d’urgence à Calvi, c’est à son bord qu’une jeune femme dont le mari est militaire de carrière à Calvi a donné naissance à un garçon, un bambin de 3 kilos d’origine tahitienne. La maman et l’enfant ont été admis au service maternité de l’hôpital de Falconaja.(Corse matin)

14 juillet 1987 : « Ajaccio, bel acte de probité ».

Publié le 5 février 2017 à 6:25

Paul-François Taddei à remis aux policiers une sacoche contenant 22 500 francs qu’il venait de trouver sur la voie publique. On imagine la joie de son propriétaire, M Mohamed Klai. Ce bel acte de probité méritait d’être salué ! (Corse matin)

13 février 1977 : "Calvi. Mille arbres plantés dans la pinède"

Publié le 4 février 2017 à 8:25

Les légionnaires du 2ème REP ont donné les trois coups de l’opération ‘régénération de la pinède’. Plus de mille arbres seront mis en terre. Ils œuvrent ainsi pour la sauvegarde de cette parure à nulle autre pareille dont s’enorgueillit Calvi. (Corse matin)