Hier en Corse


Corse Matin : 40 ans d'archives

Articles

1er Juin 1990 : « Le coup fumant de Macotab »

Publié le 8 novembre 2018 à 3:15

 Hier, lors de la journée mondiale contre le tabac, la société Macotab a présenté sa nouvelle production : les cigarettes ‘Corsica’. Ces blondes légères (9mg de goudron et 0,7 de nicotine) sont présentées dans un emballage frappé de la tête de maure. 2 millions de cigarettes sont sortis des ateliers.

« Dans l’ile, nous avons les cigarettes les moins chères d’Europe et nous sommes positionnés sur le haut de gamme » nous indique le directeur, M. Pierre Palmade. ‘Corsica’ est donc le seul projet dont le critère de réussite sera…qu’il s’envole en fumée. Si elle fait un tabac, elle sera promue ailleurs. (JM Raffaelli)


16 Juillet 1996 : "La griffe Balmain pour la CCM"

Publié le 29 octobre 2018 à 7:10

Les hôtesses de la CCM (globalement une centaine de femmes) portent désormais les nouvelles tenues signées Pierre Balmain Uniformes.

Cinq hôtesses (Dominique, Jeannette, Joelle, Cécile et Dominique) les ont présentés hier aux médias devant le vaste hangar de Campo dell’Oro. « Le choix d’un uniforme est un exercice difficile et périlleux au regard d’un certain nombre de contraintes et d’impératifs à respecter » explique Mme Catherine Riera, chargée de communication au sein de l’entreprise.

« Les références de Balmain Uniformes sont là pour attester du sérieux, du professionnalisme et de la qualité de la prestation fournie ». Les responsables de la CCM ont accordé leur choix à une association de bleu ciel, à des tons de sorbet, marine ou ivoire qui sont déclinés sur des tailleurs, des robes ou des chemisiers. Les coupes sont signées Stéphane Rolland qui a crée un uniforme simple, classique et qui garantit une élégance intemporelle propre aux compagnies aériennes. (P.C Romei)



4 Septembre 1984 : "Patrimonio, le vieux vignoble entre deux mers"

Publié le 29 octobre 2018 à 4:50

L’origine de ce vignoble dans le pays parait émerger sous une forme timide et primitive, dès les premiers siècles qui ont suivi l’apparition des Phocéens (564 av J-C). Quelques bois conservés de ce vignoble semblent attester cette provenance. Sa véritable expansion se produit au milieu du XVIIème siècle. Gênes, par l’intermédiaire de la Banque de Saint-Georges, entreprend la valorisation de l’ile. Deux gouverneurs, Giovanni-Maria Spinola et Paolo-Gregorio Raggio, furent envoyés en Corse pour en accomplir la mission. Les deux gouverneurs investissent dans la région du golfe de Saint Florent. Les habitants furent alors dans l’obligation de planter de la vigne partout, même dans le désert des Agriates, où des avantages fonciers mirobolants furent offerts aux exploitants, gratis pro Déo. Vigne, céréales, coton eurent raison du désert. Le port de Saint Florent lui-même tira ses améliorations de cette nouvelle vogue.

Les gouverneurs apportèrent des cépages appelés Genovese, Rossola bianca, Bianco gentile…Par la suite, de nouveaux cépages vinrent enrichir le vignoble. La Grèce, l’Espagne et l’Italie en apportèrent d’autres par les échanges commerciaux en Méditerranée. Le climat, le terroir, la flore environnante a métamorphosé certains de ces cépages en les acclimatant d’une façon originale.

Puis vint la catastrophe de 1864 qui anéantit le vignoble lors de l’attaque d’insectes hémiptères, voisins des pucerons : le phylloxéra. Mais grâce à un plant sauvageon porte-greffe dit « américain », voisin de la vigne vierge immunisé contre la maladie et grâce aussi à quelques mètres carrés de vignoble épargnés par l’épidémie, le bois nécessaire aux greffons a permis de développer à nouveau l’encépagement.

Depuis 1969, le Malbagiu et le Nielluciu peuvent seuls prétendre à l’appellation contrôlée « Vin de Corse Patrimonio ». Le label consacre la constance, la loyauté, la pureté de ces vins.

Autrefois étaient produits des blancs, des rosés, des rouges, dont l’œnométrie variait entre 13° et 16° ; aujourd’hui, on s’en tient à 12° ou 12.5°. En revanche on ne produit plus ces deux vins rouges particulier qu’on appelait le chiara ginu (teinte cerise) et le « rapidu ». Ce dernier vin fermenté dans le parmentu (cuve) était consommé très tôt et faisait la soudure entre deux récoltes. (Bruno Sborgi)


20 septembre 1966 : « La culture de l'amandier en Balagne »

Publié le 1 octobre 2018 à 11:35

 

La culture de l’amandier était autrefois très rémunératrice en Balagne. Elle est en partie abandonnée et pourtant elle pourrait redevenir l’une des principales ressources de notre région, à la condition d’appliquer à cet arbre un minimum de soins. L’amandier est très sensible aux gelées qui annulent parfois les récoltes. On sait que c’est l’arbre qui fleurit le premier, généralement à la fin janvier ou au début février. En Balagne, les plantations sont anciennes et elles manquent d’homogénéité. Certaines sont réduites à quelques arbres isolés ou se trouvent associées à d’autres cultures gênant l’emploi des machines et rendant taille et cueillette difficiles. Dans ces conditions, la culture ne devient plus tellement rentable ; les arbres sont souvent à l’abandon, éparpillés, vieux, et souvent on n’en récolte même pas les fruits.

L’implantation d’écoles d’agriculture en Corse, telle celle de Montesoro, à Bastia, laisse prévoir que beaucoup de nos jeunes se dirigeant vers l’agriculture pourront y acquérir les principes fondamentaux.


Parmi les variétés cultivées en Corse, on trouve « la princesse » que nous nommons « a sciacatella ». Cette variété est la plus répandue dans la région. On les déguste en hiver, en même temps que les bonnes figues, séchées par nos vieilles grands-mères.

En Balagne, la production est irrégulière et le fruit est souvent attaqué par les corneilles. Pour recueillir des fruits secs, on effectue la récolte vers le mois de septembre. Les hommes montent sur les arbres et procèdent au « gaulage », au plus grand dam du branchage et du feuillage qui tombent en même temps que les fruits. Après avoir procédé au gaulage, le travail du ramassage incombe plus particulièrement aux femmes qui partent le matin, de bonne heure, pour ramasser les fruits tombés. La femme, la plus compétente, la plus ancienne en général, appelée « commandatora », dirige les opérations sous l’œil du grand patron qui tient également à être présent. Les « chimate » se déroulent chez un propriétaire où se groupent plusieurs ouvrières. La « chimate » constitue une véritable expédition d’hommes et de femmes.

Les amandes vertes , écoulées en aout vers Calvi ou l’Ile-Rousse, sont livrés à la consommation dans les hôtels ou restaurants, où elles demeurent fort appréciées par les touristes et estivants.


Concernant la décortication, nous citerons la réalisation de M. Jean-Baptiste Antonini, d’Aregno, qui établit un calibreur fait pour quatre grosseurs d’amandes. Sortie du calibreur, chaque variété se dirige vers sa machine mise au point de façon que l’amande soit bien cassée. Puis tous les fruits passent dans la trieuse. Cette machine est encore utilisée dans la région. En Balagne, les amandes sont beaucoup utilisées pour la fabrication du « croqua ». Nous espérons que la Corse se remettra à cultiver l’amandier qui pourrait ainsi occuper la place lui revenant dans notre région. (Jean-Baptiste Suzzoni)


4 février 1974 : « Les femmes et le travail en Corse »

Publié le 22 septembre 2018 à 13:55

 

D’après les estimations de l’I.N.S.E.E, la Corse comptait en 1968 une population active de 65.000 personnes, soit 32.5% de la population totale. Sachant que la moyenne nationale s’élève à 40%, on a tendance à attribuer cet écart à un sous-emploi de la main-d’œuvre féminine. La tradition insulaire veut qu’une femme n’a pas exactement sa place sur le marché du travail. On dit facilement qu’elle a plus qu’une autre tendance à rechercher refuge dans le mariage et que, gardienne du foyer et responsable de l’éducation des enfants, cela suffit à la qualité de sa vie. On ajoute aussi que les attributions traditionnellement domestiques de la femme corse, associées à la carence des possibilités locales, sont de nature à l’empêcher d’aller au bout de ses possibilités intellectuelles ou pratiques susceptibles de déboucher sur un métier véritable. On dit encore qu’il n’est pas valorisant pour une femme corse de rechercher officiellement du travail. Nous avons voulu rechercher la part de vérité de cette profusion de « on dit ».

Le fait d’être une ile. Tous les problèmes découlent de cette évidence. De Corse, on traverse la mer pour aller faire ses études sur le continent. Du continent on traverse la mer pour revenir s’installer chez soi. On peut aussi décider de quitter la Corse et faire sa vie ailleurs. Il y a aussi le cas de ceux qui ne peuvent pas partir et qui doivent trouver sur place les solutions à leurs problèmes. Cela vaut pour les hommes et les femmes.

Vanina P., 25 ans, appartient à la catégorie de celles qui ont décidé de revenir. En juin 1973, elle rentre au pays. Munie d’une licence de lettres et d’une expérience professionnelle de deux ans à Paris en tant qu’attachée de direction, elle a subitement eu peur d’être « prise dans un engrenage et de ne plus pouvoir trouver une porte de sortie sur la Corse. J’ai le sentiment que la Corse est en pleine expansion et qu’il est temps pour la jeunesse de rentrer s’installer chez elle. Je pensais que je trouverai sans trop de peine un job à la mesure de mes capacités et de mon expérience, compte tenu des multiples entreprises que je savais prendre naissance dans l’ile. C’était très présomptueux de ma part et je me berçais d’illusions. » En effet, Vanina a mis six mois avant d’être obligée d’accepter un poste de secrétaire pour 1.200F par mois. « L’A.N.P.E m’a prévenue qu’il serait difficile de trouver un emploi correspondant à celui que j’avais exercé. Chacun me laissait entendre, en faisant une moue éloquente, qu’il n’y avait rien ici »

Marie-Thérèse Lodovici, 22 ans, a elle aussi voulu revenir en Corse : « Depuis que je suis toute petite, je veux être professeur d’anglais. J’ai passé ma licence mais pour être sûre de pouvoir rester en Corse j’ai renoncé au C.A.P.E.S sachant bien que si j’étais titulaire, l’Education nationale m’enverrait d’abord exercer pendant quatre ou cinq ans dans différents postes sur le continent. » Elle cherche des suppléances ou entrer dans un cours privé. Parlant anglais et allemand, elle vient d’accepter le poste d’hôtesse d’accueil-secrétaire dans un hôtel. « Il se peut que j’embrasse définitivement cette profession, mais a priori je vais contre ma vocation. »


Le cas de Madeleine Natali, 21 ans, se rattache à celui de ceux qui n’ont pas pu partir poursuivre des études supérieures et qui ont dû trouver de quoi gagner leur vie. « Je pensais que le bac me servirait de tremplin d’évasion. Mon rêve était de faire les Arts décoratifs. Mes parents n’étaient plus chauds pour me laisser entamer des études, aléatoires à leurs yeux. Un étudiant coûte cher, et pourquoi ne pas attaquer une licence d’espagnol ? Et très vite le refrain est devenu : une licence ou rien. Rien c’est-à-dire Ajaccio mais avec un métier. Peindre, dessiner ou faire de la céramique étaient mes seules passions, mais aucun diplôme ne sanctionnait ces aptitudes. Me voilà partie en chasse, mais je ne voulais pas accepter n’importe quoi. » Après avoir passé un concours à la chambre de commerce, elle est aujourd’hui hôtesse d’accueil. « Mais j’en ai marre d’Ajaccio et je regretterais à jamais de n’avoir pu suivre les études qui m’intéressaient. »

A Ajaccio, l’Agence nationale pour l’emploi n’a que six mois d’existence. M. Racine est le conseiller professionnel chargé d’orienter les demandeurs d’emploi vers un métier correspondant à leur formation. « J’ai l’impression qu’on fait plus facilement appel à ses relations avant de s’adresser à nous. C’est peut-être encore la tradition qui veut cela. La tradition fait aussi que toutes les demandes d’emploi féminin se situent dans le secteur tertiaire. Et puis les femmes recherchent des horaires accommodant leur donnant le temps de s’occuper de leur foyer. Pour l’instant, les femmes n’ont guère le choix. Le nombre d’offres ou demandes d’emploi non satisfaites les concernant est conséquent. »

Au 31 décembre 1973, sur 692 demandes d’emploi émanant de femmes, 321 tendaient vers des activités de bureau. 98 vers le commerce, 77 vers les services hôteliers et 43 vers des postes d’enseignement.

A la fin de l’année 72, il avait été question de créer une usine de tricot à Cauro. Ce projet n’a jamais vu le jour en dépit du nombre important de demandes d’emploi, féminin en particulier, qu’il avait suscité. « Il est temps de le dire : en Corse, sur le marché du travail, une femme est une demi-laissée pour compte. Au mois de décembre dernier, 370 femmes pour 202 hommes, tous qualifiés, n’ont pas reçu de réponse favorable à leur demande. Pourtant, il est à souligner que le pourcentage de demandes non satisfaites s’avère moins élevé que la moyenne nationale. »

Il nous a été difficile de chiffrer le nombre de femmes en activité en Corse. Le département ne possède pas encore de statistiques précises. Pour 81 chefs d’entreprises, on ne trouve que 13 femmes et 2 femmes pour 64 cadres supérieurs hommes. Une bonne nouvelle : une femme architecte vient d’être engagée à la mairie d’Ajaccio, qui par voie de concours, est susceptible d’être promue ingénieur subdivisionnaire.(Marie-Madeleine Pugliesi-Conti)


 

7 Juin 1978 : « Cargèse : Taxidermia, le rendez-vous des animaux naturalisés »

Publié le 21 août 2018 à 16:00

 

M. et Mme Jean-Michel Canon se sont installés dans la localité et ont aménagé un local accueillant. Des oiseaux aux animaux de chasse en passant les reptiles sans oublier le monde de la mer, tous les animaux sont représentés. Cargèse jouit d’un privilège jusque là méconnu dans le département, voire même dans l’ile.


28 Septembre 1993 « Ile-Rousse : le bon café depuis 1928 »

Publié le 10 août 2018 à 15:55

 Place Delaunay, le temps semble s’être immobilisé : les machines sont les mêmes depuis la création de l’entreprise en 1928, le torréfacteur de marque ‘Devigne & Janin’, abat inlassablement sa besogne, les effluves chauds rappellent les temps jadis. Les sacs en toile de jute renfermant les grains dorés en provenance d’Abyssinie, du Brésil ou d’ailleurs, nous transportent aux origines de cette plante qui excite ou apaise selon les tempéraments. Rien à voir avec les linéaires impersonnels des rayons du commerce moderne.

L’Arabica, le Robusta, le Maragogype ne sont pas de simples noms apposés au dos d’un paquet. Ils parlent à vos sens, vous pouvez les sentir, les voir, les toucher.

Ici, on torrefie, on mélange l’arome du café. Le travail est artisanal. Si René Franceschini, le fondateur de la maison, est aujourd’hui en semi-retraite, son fils Jean-Baptiste, son neveu Dumè Cardi, poursuivent la même voie.

«Mon beau-père, souligne Jean-Baptiste, a crée cette affaire autour de deux principes, la qualité et le sérieux du service. Nous nous efforçons de perpétuer cette tradition. »

En une année, c’est une trentaine de tonnes de café vert que « Le Bon Café » importe. Après torrefaction, cela donnera environ 20 tonnes de café prêt à consommer, la perte due au grillage étant de 30%.

« Notre café, toujours fraichement grillé, n’a jamais plus de 48 heures de torréfaction quand il est livré à la consommation. C’est ce que les cafés du continent ne peuvent et ne pourront jamais réaliser. » Nous le croyons volontiers. Garçon, un café ! (Patrick Vinciguerra)



17 Juin 1983 « Les agricultrices doivent se regrouper pour se faire entendre »

Publié le 17 juillet 2018 à 6:15

 Les agricultrices corses décideront elles désormais de se structurer afin de faire valoir leurs droits ? A la suite de la rencontre organisée hier à la chambre départementale d’agriculture sur le thème de « la situation des femmes dans le monde agricole », il semble que ce soit à elles de se prendre en charge avant tout.

Outre la charge de la maison, elles remplissent de multiples tâches sur l’exploitation, mais bien qu’en droit la situation des agricultrices soit égale à celle des agriculteurs, la place des femmes dans les organismes professionnels est encore très faible. Sans compter que tout le système de la Mutualité sociale agricole repose pour l’essentiel sur le chef d’exploitation.

En Corse, très peu de choses existent : il n’y a qu’une seule femme siégeant au C.D.J.A, un service de remplacement en cas de maternité ou de maladie qui est en train de se créer. (M.M -P.C-Photos : Canazzi)



23 juin 1970 « Inauguration du barrage de l'Alesani »

Publié le 14 juin 2018 à 5:30

 Mis en chantier il y a environ cinq ans, le barrage a été inauguré hier. Il retient 11 millions 300.000 mètres cubes d’eau destinés uniquement à l’irrigation 4.600 hectares. C’est un ouvrage de 65 mètres de haut, situé dans la partie la plus étroite des gorges de l’Alesani, cours d’eau impétueux désormais domestiqué.

Cette inauguration était incluse dans le programme d’une journée consacrée à différentes réalisations de la Somivac dans la plaine arinetale.

Parodiant une phrase de Napoléon, M. Jean-Pierre Bourgoin, p-d-g de la Somivac, commentant cette réalisation : « Du haut de ces 65 mètres, 59 millions vous contemplent. Soit : 30% des crédits de la Somivac depuis sa création. »

Le barrage vient à point nommé prendre la relève de la réserve basse de Peri qui ne suffit plus pour alimenter cette bande de terre faiblement vallonnée longue de 12 kilomètres, entre la mer et le pied des montagnes, de Bravone à Moriani. Grâce à lui, 2000 hectares pourront être consacrés aux agrumes et 1200 aux cultures annuelles.

M. Bourgoin, préfet de la Corse, a actionné la vanne de vidange faisant jaillir au pied de ces 520.000 mètres cubes de roches disposées les unes sur les autres, une énorme gerbe blanche, pulvérisant de l’eau cinquante mètres à la ronde. Ce fut un spectable féérique que le préfet compara aux grandes eaux de Verailles. (J-C Casanova)



20 Aout 1979 « Le liège corse dans l'aventure industrielle »

Publié le 8 juin 2018 à 11:30

 De plus en de partis politiques avancent comme cheval de bataille la nécessaire industrialisation de la Corse, dont on souhaite en secret qu’elle crée un maximum d’emplois en polluant le moins possible. Poser l’industrialisation de l’ile comme un préalable à un bon décollage économique, c’est envisager la transformation des matières premières locales. Ainsi le liège est en train de trouver un débouché inattendu dans les matériaux d’isolation.

Le liège est transformé pour les deux tiers sur l’ile avec un apport de 100% de plus-value et les produits finis sont exportés sur le continent pour 90%. Ces résultats sont dus à l’existence d’un suberaie organisée et à la présence d’industriels qui n’ont pas hésité à investir dans ce secteur. Deux entreprises corses, « Les Lièges corses » à Poretta et la S.A.R.L « Liecor » à Pisciatello emploient une trentaine de salariés au total et assurent un potentiel productif de 18.000 mètres cubes par an.

L’inventaire national forestier indique 1078 hectares de chênes-lièges en Haute-Corse et 8582 en Corse-du-Sud, en parcelles de moins de 4 hectares. Les parasites, les incendies, le bétail en liberté étaient jusqu’à ces dernières années des facteurs de régression de la suberaie, qui présente aujourd’hui des structures adaptées à la demande, mais encore perfectible. Une augmentation de la demande pourrait se traduire à court terme par la mise en valeur de suberaies encore mal aménagées et difficilement accessibles.

Dans celle de Porto-Vecchio, la plus importante de l’ile, des entrepreneurs rassemblent des équipes corses ou étrangères et achètent le liège sur pied. Ces exploitants, au nombre d’une quinzaine, ont la possibilité de préfinancer le ramassage, ou d’avoir accès à des prêts de campagne.

Malgré l’apparition de nouvelles machine ultramodernes, l’exploitation est restée semi-artisanale. Dans les années soixante, la production atteignait 60.000 quintaux, mais la mise en valeur de la plaine orientale et le développement de la concurrence portugaise font plafonner la production actuelle entre 30.000 et 50.000 quintaux par an. L’Italie achète en Corse entre 30 et 40% de sa récolte. Les deux entreprises corses ont prospéré jusqu’en 1975 avec l’aggloméré noir, un produit qui souffre de la conjoncture, atteint par la récession du bâtiment et la difficulté de sensibiliser la clientèle à un produit haut de gamme. Mais avec la persistance de la crise du pétrole, les produits d’isolation deviennent plus chers alors que le liège reste un produit naturel, plus stable et plus compétitif. Mais la production reste artisanale. En 1975, un programme d’investissement est lancé par les deux industriels. Il prévoyait la mise en place de matériel automatique pour la fabrication de bouchons. En 1978, ce programme n’a été que partiellement réalisé avec le concours des primes de développement régional.

Pour éviter l’anarchie des récoltes, un espoir s’est fait jour avec la création d’un « office du liège » à l’initiative du centre régional de la propriété forestière, qui pourrait prendre en charge les contrôles de démasclage, la confiscation des lièges provenant de coupes illicites, l’incitation au reboisement et à l’aménagement de pares-feux. (Jean-Pierre Girolami)



21 Aout 1973 : « Bastia : un nouvel atout touristique »

Publié le 29 mai 2018 à 3:55

 La capacité d’accueil de Basta vient d’être augmentée depuis l’ouverture il y a peu de l’hôtel « l’Ostella », situé sur le plateau de Montesoro. Il a été construit sur le terrain où se trouve déjà le restaurant du même nom, pour former un tout harmonieux. Cet établissement, dont les propriétaires sont M. et Mme Luccherini (les anciens restaurateurs du « Fucone » à Lupino et du "Soleil d’Or "


L’hôtel comprend trente chambres dotées du confort le plus moderne pour ne pas dire de « luxe ». Le cadre de cet hôtel ne sera pas pour déplaire à ceux qui seront appelés à y séjourner. (Photo Gravini)


31 Mars 1990 : « L'entreprise Ollandini a cent ans »

Publié le 21 mai 2018 à 5:00

1890 : un homme seul et entreprenant, Baptiste Ollandini, comprend qu’il faut faciliter l’intercommunication dans l’ile. Il la réalise depuis Propriano. 1990 : l’entreprise est devenue le groupe Ollandini. L’un des fils de Baptiste, Jean, est toujours là, sa signature est surmontée du titre « héritier-fondateur ». Mais il y a aussi son épouse, Angèle, qui pendant trente ans s’est personnellement occupée d’une des activités familiales. Tous leurs enfants, François, le gérant, Gilbert, Christiane et Jean-Marc sont entrée dans le XXIème siècle et gèrent dans la modernité les cinq secteurs dans lesquels ils se sont investis : les voyages, la location de voiture, le transport en autocar, le transport de marchandises, l’hébergement touristique.

Chacun d’eux garde sans cesse un œil rivé sur les indicateurs de la santé de l’entreprise. Les chiffres sont optimistes : le chiffre d’affaires a été multiplié par 64 en 20 ans, la valeur ajoutée a été multipliée par 45, le cash-flow par 38, le nombre de salariés est passé de 15 à 148. Un chiffre d’affaires de 200 millions de francs a été réalisé en 1983.

Jean Ollandini raconte une histoire corse peu ordinaire : « Mon grand-père était forgeron à Propriano et avait deux fils. L’un des deux lui a succédé. Le second a acheté sept ou huit « carette » et une cinquantaine de mulets pour charrier du bois, du charbon, des pommes et des cédrats depuis Bavella, l’Ospedale et l’Alta-Rocca. Nous, nous étions cinq garçons sur dix-sept enfants dont beaucoup sont morts de la grippe espagnole au début du siècle. J’étais le pus jeune, après François, Thomas, Martin et Xavier. J’avais 17 ans quand mon père est venu me chercher au collège Fesch pour travailler avec lui et mes frères. C’était en 1933. Depuis 1920, la famille s’était mise au transport de voyageurs par camion. Nous prenions également en charge la postale… »

Propriano-Aullene-Quenza et retour, puis Propriano-Levie et Zonza seront les premières lignes régulières. Les camions se transforment en autocars carrossés à Propriano, avec des banquettes en bois d’une vingtaine de places.

En 1928 est crée le premier service de car Sartène-Ajaccio-Sartène, prolongé plus tard jusqu’à Porto-Vecchio et Bonifacio (en 1940, après le rachat de l’entreprise Argentini).

A l’arrivée de Jean, en 1933, après la mort du frère ainé, l’affaire prend un tournant déterminant pour son avenir. En possession d’un parc d’autocars décapotables importants, elle met celui-ci au service du tourisme : en réceptionnant les touristes à Ajaccio et Calvi. En organisant des voyages de groupe depuis Nice par bateau. La vocation d’agent de voyages est né. « Chaque année, je faisais moi-même le tour des 300 agences continentales pour pouvoir organiser ces voyages de groupes. J’ai été à demander une licence d’Etat délivrée par le ministère des Travaux publics. Je l’ai eu en sept ans…A l’époque on m’avait répondu que cette obligation n’était pas très importante pour la Corse… »

L’entreprise roule autour de la Corse. En 1947 est crée le premier service aérien régulier au départ de Marseille et de Nice sur Calvi, puis un service touristique Nice- Calv-Ajaccio. En 1956, premier charter hebdomadaire au départ de Paris à bord d’un DC4 d’une compagnie américaine. En 1959, ouverture de l’hôtel Ollandini à Propriano et d’un village-vacances à Olmeto-plage.

Jean Ollandini aurait préféré que ses enfants soient médecins ou avocats. Il continue pourtant d’aller de l’avant, devient loueur de voitures, décide de prendre en charge les marchandises directement depuis Paris, et reste seul dans l’entreprise. Sa fille Christiane le rejoint en 1972, puis François en 1974.

« Nous avons vingt ans de retard sur les autres iles de la Méditerranée en matière de tourisme, dit en guise de conclusion le patriarche. Mais j’ai quand même confiance. Les Corses y arriveront par eux-mêmes. Qu’on leur donne les moyens de construire des hôtels de qualité et des bonnes routes. » (Marie-Magdeleine Pugliesi-Conti- Jo Mignucci)



29 Aout 1980 : « Mattei renait de ses cendres »

Publié le 16 mai 2018 à 10:50

La firme Mattei renait de ses cendres, après de longs mois d’arrêt total. Une société a été formée avec des capitaux corses, son directeur général est M. René Lota, issu d’une honorable famille bastiaise, commerçant et fils de commerçant et ancien juge du tribunal de commerce de la ville. Cette société porte le nom de SO.VI.CAP (Société des Vins du Cap). Elle exploitera la marque ‘Mattei’ et mettra sur les marchés divers produits bien connus : Cap Corse, Cédratine, liqueur de myrte, sirops et vins A.O.C. « Il ne s’agit pas de lancer une énorme machine. Il faut être réalistes » nous disait René Lota. « Il y a là une affaire locale qui, bien gérée, peut convenablement tourner. Les premiers contacts que nous avons eu sont favorables. Mais il ne faut pas se tromper de dimensions. Nous représenterons au mieux 0,3 % du marché national de notre secteur. C’est assez dire que nous aurons de modestes dimensions. C’est une petite entreprise partant avec un bon produit qu’il était aberrant de laisser tomber. »

La SO.VI.CAP compte aménager les magasins Mattei en drugstore pour en faire une vitrine de la production corse. Que deviendront les terrains de Toga où se trouvent les anciennes usines ? Ils font l’objet d’un projet de construction qui a été présenté à divers responsables de l’administration et aux élus municipaux. Ces terrains sont la propriété de la SA. Mattei qui n’a rien à voir avec la SO.VI.CAP. (J-C.C)



17 Janvier 1986 : « Lumicorsi, premier fournisseur des églises, tient du miracle économique »

Publié le 8 mai 2018 à 8:40

Joseph Verdi fabriquait des cierges de façon artisanale pour meubler sa retraite. Rentré d’Afrique où il était électricien, son fils Antoine reprend le flambeau avec l’ambition de l’élever au stade semi-industriel.

Aujourd’hui, la ciergerie assure le marché local des églises avec 60 tonnes par an. Après étude de marché convaincante, la direction du Travail lui a accordé un prêt de 80.000F au titre de la création d’entreprise. Lumicorsi suit actuellement le chemin de sa bonne étoile. Constituée en S.C.O.P, l’entreprise Verdi compte cinq emplois et un projet d’extension. « Nous tentons d’acquérir un hangar de 400 mètres carrés et de s’installer au village, à Casanova di Venaco ».

Autrefois, le clergé passait commande à Nantes ou Cahors. Désormais, plus besoin d’attendre des semaines. Un coup de fil à Lumicorse suffit. Le prix du kilo (13F) apparait très avantageux par rapport aux vendeurs du continent. Derniers clients conquis : Calvi, Porto-Vecchio, Les Salines à Ajaccio.

Les plaque de paraffine, ce dérivé du pétrole, viennent d’ailleurs. Les mèches de cotons viennent des filatures de la région de Nancy. « Toutes les machines sont hydrauliques et fabriquées en Allemagne. Leur prix de revient se monte à 500.000F. » nous explique Antoine Verdi. Une machine suffit pour la production locale. Elle est capable de débiter 500 kilos de cierges par jour.

Il faut également diversifier les produits à base de paraffine. L’entreprise mise déjà sur le lumini, petite bougie contenue dans un gobelet rouge que l’on dispose sur la tombe des défunts. En Corse, le 1er novembre seul représente 400.000 unités qui, pour l’instant, viennent du continent ou d’Italie.

L’entreprise se tourne également vers la Sardaigne ou le Midi, là où il n’existe pas de ciergeries…(Jean-Pierre Girolami)



4 Juin 1993 : « Jacques Fieschi et sa famille 's'installlent' dans la région »

Publié le 30 avril 2018 à 17:20

24 heures après la présentation officielle de ‘Succorsu’, association de défense de chefs d’entreprise en difficultés dont il assure provisoirement la présidence du bureau, Jacques Fieschi a décidé d’entamer une grève de la faim. En compagnie de sa femme Jacqueline et de ses deux enfants, l’élu territorial autonomiste (UPC) du groupe Corsica Nazione, qui est aussi le fougeux transporteur proprianais de tous les combats de la profession depuis vingt ans, est installé depuis hier matin dans le hall d’entrée de l’assemblée de Corse. Une seule détermination : faire, par cette action médiatique, la preuve de sa bonne foi à propos d’un combat économique qui l’oppose à la justice depuis des années.

« Je suis loin d’être le seul dans ce cas en Corse en particulier, où le tissu économique s’effrite complètement. Mais je veux prouver qu’il ne faut pas avoir honte de ses difficultés d’argent. Surtout lorsqu’on est honnête et qu’on travaille. En l’espèce, il n’est pas question pour moi de demander l’effacement de mes dettes, mais je m’insurge contre le harcèlement que je subis et que subissent comme moi d’autres chefs d’entreprises. Je sollicite seulement un aménagement des conditions de remboursement. »

En fait, l’entreprise de transports de Jacques Fieschi, qui est entré dans la profession de moins de 20 ans en 1969, est en règlement judiciaire depuis 1981 à la suite du premier gros marasme économique de l’ile à la fin des années 70 où, pour cet entrepreneur, la fermeture de l’usine de liège de Pisciatello et de la carrière de pierres de Zonza a constitué un manque à gagner considérable. Déjà 2,2 millions ont été remboursés à ses créanciers mais depuis trois ans, les échéances du solde -682.000 francs-sont irrégulières. « J’ai ralenti mes paiements. Ce n’est pas de la mauvaise foi mais je ne peux pas faire face à tout. Je ne citerai qu’un exemple : avec la dévaluation de la lire, j’ai perdu un an la moitié de mes marchés avec l’Italie. »

Une discordance avec le conseil juridique des ses créanciers est encore un élément venu se rajouter à ses soucis actuels. Le tribunal de commerce lui a remis la signification de la mise en liquidation de ses biens hier matin.

Le syndicat patronnal MADAC menace, dans un communiqué de soutien, que « si des solutions ne sont pas mises en place immédiatement, il sera préférable que les usagers des transports aériens à destination de la Corse réservent leurs billets à la Transat, car nous nous opposerons à tous les départs ou arrivées des vols à destination ou en provenance de la Corse tant qu’une solution n’aura pas été trouvée pour notre ami patron Jacques Fieschi. » Le MPA a également apporté son soutien.

Pour l’UPC, « ses efforts depuis 1981 n’ont pas été pris en compte par le tribunal de commerce d’Ajaccio. Un de ses créanciers de 1981, la société William Saurin-Saupiquet a mis en œuvre une procédure contentieuse pour une somme de 9000 francs encore due. M. Fieschi a proposé le paiement immédiat de cette somme avec l’aide de sa famillle et demandait au juge des référés la levée de l’interdiction bancaire décidée par le tribunal de commerce d’Ajaccio pour pouvoir continuer son activité dans l’attente de son jugement en appel prévu en juillet. Cette situation est inacceptable. Elle ne peut être tolérée. » Jacques Fieschi a été reçu par Jean Baggioni et Jean-Paul de Rocca Serra. Il communique : « Compte tenu de l’esprit de dialogue et de recherches de solutions manifestés par les présidents, nous avons décidé de suspendre notre action. Il faut mettre un terme aux abus qui frappent des dizaines d’entre nous. » (MM. P-C)



4 Juin 1993 : « L'ile Rousse : la victoire des oléiculteurs »

Publié le 30 avril 2018 à 16:10

A l’appel de la coopérative oléicole de Balagne, dont les locaux et les stocks ont été détruits le 20 mai dans un incendie criminel, une manifestation a eu lieu hier dans le centre de l’Ile-Rousse.

Plusieurs dizaines de personnes étaient au rendez-vous parmi lesquelles M. Toni Casalonga, président du conseil économique social et culturel de la Corse, M. Hyacinthe Mattei, conseiller général de l’Ile-Rousse, M. Ange Poli, président de la chambre d’agriculture, de M. Alex Alessandrini, président de l’office de développement agricole et rural de la Corse, etc…Ils ont été accueillis par M. Alain Costa, président du groupement d’oléiculteurs producteurs d’huile d’olive de la région Corse ainsi que par MM. René Colombani et Joseph Renucci respectivement président et directeur de la coopérative oléicole de Balagne.

Au carrefour de la route de Monticello, où des tracts et des rameaux d’olivers étaient distribués aux passants, les manifestants se groupaient autour de banderolles portant les inscriptions « Un c’hè Balagna senz’olivu », « Nous reconstruirons la coopérative », « Agricultura Corsa Rivulata » ou encore « Gan paiera le stock ».

M. Alain Costa a souligné «le sentiment de colère. C’est la volonté de développement économique d’une région qui est bafouée, la négation de l’intérieur et le mépris du travail. Nous sommes également en colère en réponse aux tentatives d’intimidation dont nous sommes l’objet. »

Un impressionnant déploiement de forces de l’ordre a été mis en place dans la rue Notre-Dame, siège du cabinet d’assurances de la coopérative. Quelques 80 gendarmes mobiles armés de l’escadron 12.8 de Dijon barraient la rue de part et d’autre du bureau.


A l’issue de son entretien à la mairie, Alain Costa annonçait à l’assistance que l’assureur, M. Nicolas Pianacci, avait pris la décision de « prendre en compte la totalité des frais de reconstruction de la coopérative et le montant total des stocks. » (Emmanuelle Pouquet)



9 Septembre 1965 : « A l'occasion de ses 99 ans, M. François Mattei a fait l'objet d'une touchante manifestation de la part de son personnel »

Publié le 23 avril 2018 à 13:40

Né en 1866, François Mattei vient d’entrer dans sa centième année. Cette sympathique figure bastiaise a marqué toute une époque. Elle marque encore de sa seule présence la nôtre.

Entouré de l’affection des siens, de ses amis et de la considération unanime, celui dont la réputation et le nom ont franchi les mers est arrivé à ce grand âge dans des conditions vraiment exceptionnelles. Au terme d’un siècle de vie, l’étonnant François Mattei dirige encore les usines Mattei, où il ne s’est jamais passé une journée sans qu’on ne le vit franchir le seuil.

Hier, ce 99ème anniversaire a été l’occasion d’une très touchante manifestation de sympathie. Il a reçu les vœux et les compliments de ses proches et de son personnel, qui lui voue une respectueuse considération.

C’est dans la grande cave des usines que la fête a eu lieu. Sur l’arche de verdure qui avait été confectionnée en son honneur avait été posé des écriteaux portant en dialecte corse huit vers qui en disent long sur les relations qui unissent ce vieil homme et ceux qui sont à son service depuis plusieurs générations parfois :

« In stu ghjornu, o sgio Francescu

Tuttu u vostru persunnale

Vi dicce statevi fescu

Per cent’anni tale e quale

In stu giornu di i vostri cent’anni

Vi prega con amore filiale

Longhe annate di pace senza danni. »

M. Mattei a également reçu les félicitations de M. Jacques Faggianelli, maire qu’entouraient MM. Pancho, Negroni, Marcel Georges et Adam Mamelli, adjoints. Le maire déclarait : « Ce centenaire, la ville entière de Bastia le salue. Vous avez derrière vous une vie de labeur, patient et convaincu, une vie de persévérance qui vous autorise aujourd’hui à être fier, car vous êtes le fils de vos œuvres. La voilà la vraie noblesse. La maison que vous avez faite a honoré Bastia et la Corse. Je ne voudrais pas oublier les gestes que vous avez eus à l’égard des malheureux, des malades, des humbles de cette ville, au moment où généreusement vous nous aidiez à les loger. Ce fut un geste gratuit et discret, comme bien d’autres. »

Très simplement, M. Mattei remercia le maire pour « les paroles trop élogieuses » prononcés à son égard. Il a levé en disant : « Je bois à la santé de tous et de toutes. » (Photo A. Gravini)



9 Mai 1963: « La sardine a failli boucher le vieux port »

Publié le 12 avril 2018 à 13:35

Depuis deux jours, la sardine est le sujet de toutes les conversations. On en parle, on en mange, on en respire et elle hante les rêves des pêcheurs bastiais qui ne savent plus où donner de l’arrête.

Tout cela parce qu’un banc de ces sympathiques petits poissons croisait tranquillement au large de Pineto entre la plage de l’Arinella et l’étang de Biguglia en même temps que l’ « Elisabeth », la « Catherine », l’ « Annonciade » et le « St Pierre » : quatre barques de pêche à la barre desquelles se trouvaient MM. Richard Fusella, Franceschi, Esposito et Jacques Fusella.

Les filets avaient été lancés quelques instants auparavant. Lorsqu’on les retira, cinq mille kilos de sardines frétillaient entre les mailles. Lourdement chargées, les barques regagnèrent le port où furent entreprises les délicates opérations de déchargement. Dans l’ensemble, c’est près de 5 tonnes de sardines qui furent ramenées de la sortie. . Ces poissons affluent sur le marché à des prix réellement intéressants : on les achetait à 3 F le kilo et hier à un franc.

Les poissonnières levèrent les bras au ciel : « Qu’est ce qu’on va bien faire de tout ça ? »

Les étalages approvisionnés, les frigos pleins à craquer, il restait encore quelques milliers de kilos en souffrance. Des kilos ont été distribués gratuitement dans des établissements d’intérêt public : l’hôpital civil, le Bon Pasteur, l’asile de vieillards, etc…

On devrait se réjouir de cet afflux de poissons et pourtant il existe un côté sombre dans cette histoire. La sardine est un poisson fragile, qui résiste très peu à la chaleur et ne se conserve donc pas.

Les pêcheurs n’étant pas organisés pour une vente immédiate, aucune installation frigorifique, une grosse partie de cette dernière fut rejetée dans les eaux du vieux port.

Hier matin, M. Yves Burgalat, sous-préfet de Bastia, s’est rendu sur le Vieux-Port. Il s’est rendu avec les gens de la mer et a demandé à M. Sangi, pâtron-pêcheur, si la création d’une coopérative avec possibilité de conserverie de poisson en général et de la sardine en particulier, pouvait intéresser les pêcheurs bastiais.  (A.P)



13 juillet 1994 « Pietra, la bière à la châtaigne ! »

Publié le 29 mars 2018 à 10:40

Dans la gamme des produits nustrali, une nouveauté : la bière. Et les nouveaux gagent toujours les faveurs du public. Des dégustations sont prévues jusqu’à la fin du mois dans les grandes surfaces insulaires. Il s’agit d’un test à l’échelle de la région que les promoteurs de ce projet, M. et Mme Dominique Sialelli ont souhaité afin de pouvoir tirer les enseignements et surtout recueillir les avis des futurs consommateurs.

Une bière corse, il fallait y penser. La conception s’est étalée sur deux années. Des études de faisabilité technique, tests chimiques et biologiques, tests de vieillissement, en laboratoire et en micro-brasserie ont été nécessaires. Lors de ces études, réalisées par l’Institut français des boissons de brasserie et de malterie, à Nancy, la farine de châtaigne a été introduite dans la fabrication de la bière et ce sans altérer les qualités.


Selon les concepteurs, pour que cette ‘Pietra’ soit véritablement corse, il faut qu’elle soit fabriquée en Corse. Elle est actuellement brassée sur le continent à raison de dizaines d’hectolitres. Les investissements nécessaires à l’implantation de ce pari sont très importants. Présentée en bouteilles de 75cl pour le circuit alimentaire et en 33cl pour être commercialisée dans tous les circuits. Ce sont les palais qui décideront de la suite à donner à cette belle aventure. (J.C)


24 juin 1982 «Journée de protestation du personnel de la SO.MI.VA.C »

Publié le 15 mars 2018 à 17:55

Le personnel de la SO.MI.VA.C a manifesté son mécontentement hier à la suite de l’attentat qui a partiellement détruit le siège de la société dans la nuit de vendredi. Tout le personnel sans exclusion s’est rassemblé dans le courant de la matinée à la sortie sud de la ville. Des tracts ont été distribués aux automobilistes. On pouvait y lire :

« En s’attaquant à la SO.MI.VA.C, les plastiqueurs ont voulu faire disparaitre l’emploi de 220 familles, une société qui fait travailler 6000 personnes, 10 millions de francs de travaux par an en Corse. 3000 agriculteurs subventionnés, 50 millions de m³ d’eau stockéee, etc. Il s’agit d’un ensemble de réalisations indispensables à la survie économique de l’ile remise en cause par une infime minorité d’irresponsables à un moment où les efforts doivent concourir à la réalisation des tâches immenses qui subsistent. »


L’opération a pris fin à 11h30 et a repris dans l’après-midi. Une centaine de personnes ont descendu le boulevard Paoli en silence en direction de la préfecture. Parallèlement, le personnel de la SO.MI.VA.C a comme prévu effectué des coupures d’eau. Elles ont été plus particulièrement ressenties au niveau de la plaine orientale.

Des manifestations similaires ont eu lieu à Ghisonaccia, Sartène, Porto-Vecchio et Ajaccio.