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11 janvier 1980 : « La Corse en deuil »

Publié le 17 juillet 2017 à 17:35

Après la nuit sanglante, 3 morts, 6 blessés. Les premiers coups de feu à 23h rue Stephanopoli n’étaient que les conséquences des échauffourées déclenchées deux heures plus tôt, non loin de là. C’est la peur qui a engendré ces actes inqualifiables. La peur que l’hôtel Fesch ne devienne un nouvel Aleria. M. Jean Louis Fieschi, propriétaire de l’hôtel Impérial, se trouvait là et raconte : « Vers 1 heure du matin, nous avons vu arriver une quinzaine avec des brassards rouges portant la mention ‘police’ en lettres jaunes. Des policiers se sont mis à crier. Ils ont attrapé une jeune fille, l’ont plaqué à terre et appuyé le canon d’une arme sur sa nuque. Ils ont réapparu rue Maréchal-Ornano »

La voiture de Michelle Lenck passe par le boulevard Ramaroni et le le boulevard Lantivy pour rejoindre les Sanguinaires vers le domicile familial. Jean-Louis Fieschi poursuit : « Sans sommation la voiture a été mitraillée par derrière. Elle a butée contre un trottoir du boulevard Lantivy. Les hommes à brassard, leur instant de folie passé, avaient l’air hébétés, perdus. » En fait, une chasse à une mystérieuse femme blonde qui aurait accompagné le tueur de CRS de 23 h avait été déclenchée dans toutes les rues du centre.

Mlle Lenck était la fille de feu le Dr Pierre Lenck. Déjà une de ses sœurs avait disparue dans des circonstances dramatiques. Ce mercredi, les jeunes femmes revenaient de Porticcio où elles avaient tenu compagnie à une de leurs camarades, gravement handicapée.

Aux Salines se jouait un autre drame, presque à la même heure. Une voiture occupée par M. Pierre Marangoni et Franck-Noel Gautho fut mitraillée par une rafale de pistolets. M. Gautho fut blessé mais Marangoni est mort sur le coup.





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