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6 décembre 1985 : « Comment sauver les peintures pariétales de la grotte d'Olmeta di Capi Corsu ? »

Publié le 16 novembre 2018 à 5:55

 ‘A Grotta Scritta’ est un endroit que les habitants de la localité, administré par M. Masini, tentent de tenir secret. Ce témoignage du passé est le seul du genre en Corse. Des spécialistes les situent à l’époque Chalcolithique, à l’âge du bronze primitif, c’est-à-dire 2000 à 1500 ans avant J-C. A Olmeta, on a fait tout ce qu’il fallait pour éviter la détérioration, mais l’été venu il est difficile de veiller aux déplacements de tous ceux veulent voir et toucher les peintures.

M. Ange Martini a de quoi réaliser une véritable encyclopédie sur le sujet. Il nous a affirmé que les premières reproductions des peintures pariétales avaient été effectuées en 1966 par René Grosjean dans son ouvrage « La Corse avant l’histoire ». « Mais la grotte était connue depuis longtemps par la population d’Olmeta. La légende rapporte même que les olmetais considéraient l’endroit comme un lieu de culte. De plus, on sait que les alentours du site, qui se trouve sur une propriété privée appartenant à la famille Defendini-Peretti, étaient cultivés. »

Après René Grosjean, c’est un peintre italien qui en 1967, a réalisé une copie de toutes les inscriptions de la grotte, remise à M.Martini, dont les archives s’enrichiront en 1970 d’une étude du professeur allemand Gottfried Kreuzer, confirmant l’incontestable intérêt des peintures pariétales.


Plus tard, ce sera au tour des archéologues corses de se pencher sur le site. Tous constateront la détérioration lente des peintures et avanceront l’idée d’une protection. En vain. « Dans quelques années, les peintures ne seront plus visibles. Déjà certaines reproduites par Franca Ghitti, en 1967, ont disparu. »

Aujourd’hui à Olmeta, plus question de se rendre en promenade à la grotte où un touriste allemand est revenu récemment avec un morceau de la grotte riche de précieux enseignements !

La solution réside dans un accord entre les propriétaires de la parcelle et la mairie. Il s’agit, selon M. Jean-Claude Ottaviani, conservateur du musée d’Aleria, de rétrocéder trois mètres carrés de terrain. Dès lors, il n’y aurait plus contradiction entre l’aspect juridique et l’action de l’Etat, dont l’effet pourrait jouer à plein. Ce jeu de la transaction n’en vaut-il pas la chandelle ? (C.M)



Catégories : Années 80, Cap Corse, Culture et Patrimoine