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4 janvier 1982 : « Le mystère Thomas Trombetta,enlevé à Paris il y a deux ans »

Publié le 16 novembre 2018 à 10:20

 « Mon fils avait 25 ans. Originaire de Zigliara, il avait dû quitter son village pour travailler à Paris. Depuis quatre ans, il y vivait en famille et était employé à l’E.D.F, avenue de Wagram (8ème). Le 3 janvier 1980, à 20h, dans une rue sombre de Levallois-Perret, sous les yeux de témoins formels. Il était enlevé par quatre hommes à bord d’un Renault 12 break bleu marine, semblable à ceux employés par les services de police. Depuis ce jour, nous n’avons aucune nouvelle. Une fugue est impossible. Qui pourrait me fournir un renseignement permettant de comprendre ? »

Cette lettre a été expédié à travers l’ile en plusieurs centaines d’exemplaires. Ultime recours. Ultime espoir. Ultime démarche…

Cette mystérieuse disparition reste une énigme pour la police parisienne. Pour son frère, il ne peut être question d’une fugue. Thomas dormait sous son toit où régnait la plus parfaite entente. Il ne peut être question non plus d’une discorde ou de l’assouvissement du désir d’aventures. Et encore moins d’un suicide. A-t-il été assassiné ?


Aucun doute pour Nonce Trombetta. « Le 3 janvier 1980, il devait diner avec deux amis qui l’attendaient devant un restaurant. Ils l’ont vu arriver au volant de la R5 d’E.D.F qui lui était affectée. Au moment où il cherchait à se garer, la R12 bleue marine s’est immobilisée à sa hauteur. Trois hommes en sont descendus et le quatrième est resté au volant. Thomas a subi une fouille en règle, mains appuyées sur le capot. Puis il est monté à l’arrière, encadré par deux individus. L’autre a pris le volant de sa R5. Celle-ci a été retrouvée abandonnée sur le cours de Vincennes le 9 janvier au matin…Une semaine plus tard. »

Dans les 48 heures après sa disparition, pas un de ses nombreux amis ne s’est manifesté.

« Quelques jours auparavant, le 22 décembre 1979, « Corses Fora » avait été inscrit à la peinture de notre maison. Nous n’avons pas compris. Nous ne militions dans aucun mouvement nationaliste. Peut-être a-t-il payé pour quelqu’un d’autre… » (JC Lanfranchi)


Catégories : Années 80, Disparitions