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5 décembre 1992 : « La Corse meurt dans le Bozziu »

Publié le 29 décembre 2018 à 0:55

Le dernier numéro de Economie Corse dresse un terrible constat : la région de Ponte Leccia qui englobe la haute Balagne et une partie de la Castagniccia est atteint d’un incroyable seuil de « déshumanisation » avec 6 habitants au km/2. Un résidant sur trois a plus de soixante ans et 70% de la population est inactive. Ce qui pouvait encore convenir à une civilisation agro-pastorale n’est plus de mise dans une société dont les quotas sont à la hausse dès lors qu’il s’agit de décider d’équipements publics ou d’investissements.

Trois autres régions sont également citées par la revue. Celles de Calvi, Corte et Bravone qui, d’est en ouest, coupent la Corse en deux. Ce que les rédacteurs appellent une « véritable diagonale du repli économique et de l’exode. »

Il faut encore y ajouter le Sartenais dont le dernier souffle tient à la fonction administrative de la Corse du Sud.

La densité moyenne du territoire insulaire est de 29 habitants au km2 ; ce pourcentage place notre région à la dernière place des iles de la Méditerranée.

Le grand Bastia emploi respectivement 30%, 20% et 9% des populations du Cap Corse, du Campoloru et de la Casinca. 8% des emplois que la ville offre sont occupés par des gens qui n’y résident pas.

Bastia, Ajaccio, l’Extrême-sud et le Valinco sont les plus peuplées et captent toute la jeunesse de l’ile. Sept insulaires de moins de 25 ans sur dix y résident. Ces quatre zones ont « piqué » leurs habitants aux zones rurales.

L’ile n’a plus de campagne sans pour autant s’être pourvue de vraies villes. Perdante sur toute la ligne : on peut difficilement faire pire. Toutes bonnes volontés confondues ! (Joseph-Guy Poletti-Photos Pasqualini)


 


Catégories : Années 80, Société, Economie